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ARNAUD BOUFIGUE CONTINUE DE PARLER / P1C3E15

P1C3E15 (Partie 1 / Chapitre 3 / Episode 15)

  N°63 / ARNAUD BOUFIGUE CONTINUE DE PARLER / P1C3E15

 
C’est l’histoire où Arnaud Boufigue continue de parler et où il annonce l’intervention de Finette de Sainte Fouillouse tandis que Mouchoir fait preuve d’initiative.
 
Jeudi 21 avril
22 heures

La Lanterne

  Bien sûr, Arnaud Boufigue n’a pas fait beaucoup de difficultés pour « se mettre à table ». Pourquoi en aurait-il fait ? Il est plutôt fier de son action, il a rempli son contrat, n’était cette opposition brutale (armée !!! vous vous rendez compte ?) des Malfort, mais il n’avait pas prévu qu’un Arthur resterait en réserve, et là, il n’a pas de consignes et il doit improviser. Or, il n’a pas été « formé » à l’improvisation poussée à ce point, et il propose d’en référer à ses supérieurs, de prendre des instructions pour…
Arthur hausse les épaules et le laisse à la garde de Mouchoir, le temps d’aller téléphoner à la « base Chocho ».

  Alors, Arnaud Boufigue a bien essayé de convaincre Mouchoir de…, mais il s’est attiré une réplique méprisante et acerbe. Écœurant.

  - Un petit travail pour vous, Mouchoir, lui annonce Arthur en a parte à son retour : il va falloir accueillir la « collègue » de notre ami, qui va venir ouvrir son bureau de recrutement. Je n’apparaîtrai nulle part et ce cher Arnaud restera ici avec nous. Il sera « rédacteur en chef » officiel, chargé bien sûr de fermer sa grande bouche sous mon contrôle absolu, et je promets de le découper en rondelles fines s’il ne joue pas le rôle que je lui ai attribué, mais il devra, et j’insiste sur le mot, nous conseiller sur ce qu’il faut dire ou taire pour ne pas attirer excessivement l’attention de ses commanditaires. Et cela jusqu’à ce que nous y voyions clair dans leur jeu.
J’ai communiqué les renseignements qu’il nous a fournis si aimablement à nos amies et à mon père. De leur côté, elles nous transmettront toute information nouvelle qu’elles recueilleront et nous en ferons la synthèse. Il ne semble pas que cela doive durer très longtemps. Les commanditaires de ce monsieur préparent quelque chose et…

  Il est interrompu par le téléphone… s’éclipse, revient en lisant à Arnaud Boufigue les notes qu’il a prises pendant la nouvelle communication de Rébéquée :
- « Deux sous-marins US coulés par Hai II. Lancement fusée opération Alu prévu demain 18 heures Thulé et Chonos. Annonce télé sera faite par Malfort demain 13 heures. Retransmettre  rapport Arnaud Boufigue sur résultats obtenus. » J’attends des explications.

- Je ne peux pas tout expliquer, vous savez, je ne suis qu’un technico-commercial. Chargé d’une mission précise et qui d’ailleurs n’a rien de secret, c’est pour cela que je vous réponds volontiers. Bien sûr, mes actions peuvent paraître sortir de la légalité. Mais de la légalité actuelle. Bientôt, lorsque nous dirigerons le monde, elles apparaîtront comme tout à fait normales. Et vous devriez en tenir compte dans votre comportement à mon égard. Votre père a été écarté pour que sa présence n’interfère pas avec le rôle qui lui est dévolu, mais il n’a subi aucun préjudice physique, il a seulement été endormi. Il avait besoin de repos d’ailleurs, ces tensions opératives ne sont plus de son âge, vous le savez, Arthur, si je peux me permettre cette familiarité…
- Vous ne pouvez pas.
- Excusez-moi… Arnaud Boufigue lui lance son sourire le plus sympathique et le plus professionnellement ouvert.

- J’attends toujours vos explications. Il y a quatre éléments dans le message de votre centre :
Deux sous-marins coulés ? Qu’en savez-vous ?
- J’en ignore tout. En revanche, je suis très étonné : d’où tenez-vous ces informations, et où sont ces amis et votre père, qui …
- Ne nous faites pas perdre de temps : c’est moi qui interroge et vous répondez. Profitez de ce que nous avons encore besoin de vous, mon vieux, collaborez, mais avec nous et surtout pas avec les Écolocroques, ou vous ne connaîtrez jamais la fin de l’histoire. Vous ne m’inspirez aucune compassion et encore moins de sympathie.  Je ne parle même pas de confiance. Vous êtes un opportuniste intéressé qui devrait bien penser que c’est nous qui vaincrons vos… patrons, quoique vous en pensiez. Et nous sommes de toutes façons du bon côté de la mitraillette. Alors, répondez à mes questions, un point c’est tout. Donc vous ignorez tout des sous-marins coulés.
- Absolument tout. Je suis « agent de surface ». C’est la qualification qui m’a été donnée et en tant que tel, je ne connais que les instructions qui me concernent. Bien sûr, je sais que notre force de conviction, qui correspond à votre force de dissuasion, repose sur deux sous-marins nucléaires à bord de l’un desquels se trouvent d’ailleurs deux de vos collègues, mais je n’en sais pas plus que vous. Je vous ai parlé du centre de formation que j’ai fréquenté en Finlande, à Andøya, près de l’une de nos bases que je n’ai jamais vue. Je sais qu’il existe une autre base près d’ici et que la base principale est au Groenland. Mais je n’y suis jamais allé. Et ces bases sont maintenant reconnues internationalement, si j’en crois la déclaration des Nations Unies. A part ce que je connais d’Andøya, qui ressemble à n’importe quelle école finlandaise isolée dans la nature, je n’en sais pas plus que vous. Je peux seulement imaginer que deux sous-marins US sont venus chatouiller l’un des nôtres et qu’ils ont été coulés, mais c’est tout.

- Soit. L’opération « fusée Alu »?
- Jamais entendu parler.

- L’annonce télé de demain 13 heures ?
- Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je pense qu’une intervention de votre père aura lieu demain. Nous n’avons plus besoin de lui pour le faire parler, vous le savez. Peut-être cela concerne-t-il les deux points précédents ?

- Votre rapport sur les résultats obtenus ?
- Cela me concerne : je dois envoyer un compte-rendu quotidien de mes actions. Cela rejoint l’ouverture de la cellule de recrutement. Ma collègue Finette de Sainte Fouillouse doit arriver demain matin à la première heure et je dois l’accueillir et la présenter au Maire qui met le local à sa disposition. Elle vient dans un fourgon chargé de matériel pédagogique, affiches, livrets de présentation, cartes d’adhérent, ordinateurs, imprimantes, etc.… Si je n’y suis pas…
  Arthur hoche la tête. Il est vrai qu’il y a là un problème : il n’est pas question de laisser filer le bonhomme, mais l’impératif majeur reste de ne pas inquiéter les Écolocroques.

- J’irai l’accueillir de sa part, intervient Mouchoir. Et Arnaud Boufigue sera retenu par son travail ici même. Il pourra téléphoner (sous notre contrôle étroit), à ses complices (Arnaud Boufigue a un geste de protestation devant le mot) : au maire d’abord, et aussi à cette Gertrude et à Varochaix, pour mettre les choses en place, il « écrira » ses articles et ses comptes-rendus qu’il transmettra comme il le voudra (toujours sous notre surveillance, bien sûr), et comme si tout se passait bien pour lui, jusqu’à ce que la situation soit assez clair pour que nous sachions quoi faire…

- Bravo, Jules, c’est LA solution, s’écrie Arthur. C’est bien vu, on fait comme ça. A quelle heure arrive cette jeune personne ?
- Elle devrait être là vers huit heures demain matin devant la mairie et m’appeler au portable, répond Arnaud Boufigue.
- Vous lui direz que vous êtes retenu et que vous lui envoyez un agent recruté sur place. Après tout, ils devraient vous connaître, Jules.
Qui rougit en baissant la tête…
- Votre erreur passée se révèle précieuse, lui souffle Jeanne qui sent bien que la moindre allusion à sa faute le blesse profondément.
- Vous nous êtes indispensable maintenant. Assumez, Jules, nous avons besoin de vous. Il faudra savoir jouer au traître avec assurance.
Jules redresse la tête :
- Vous ne craignez pas qu’avec ma patte folle…
- C’est de votre tête que nous avons besoin. Votre patte suivra, j’en suis sûre, lui dit Jeanne en lui tapant sur l’épaule.

Et Jules rougit cette fois de plaisir en grimaçant un peu : c’est vrai que ce fichu Dragon a de la poigne !
Et il a encore une idée :
- Pourquoi Boufigue ne téléphonerait-il pas au maire pour qu’il prévienne cette personne ? Il va sûrement la rencontrer… Comme ça, je pourrai rester travailler ici…
- Et on a besoin de vous, conclut Arthur. Continuez à trouver des solutions et je vais pouvoir prendre des vacances…
 

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