ARTHUR INFORME LE PRÉSIDENT / P1C3E18
P1C3E18 (Partie 1 / Chapitre 3 / Episode 18)
N°66 / ARTHUR INFORME LE PRÉSIDENT / P1C3E18
C’est l’histoire où Arthur Malfort informe le Président de la République des derniers évènements et de l’identité réelle du Numéro Deux. On reparle des fusées Alu. Mouye approche de la Nouvelle Thulé.
Vendredi 22 avril
10 heures
- Monsieur le Président ? Oui, c’est Arthur Malfort. Le fils d’Eusèbe.
Je suis revenu contrôler la situation sur place. Pour éviter les erreurs et les accidents, je tenais à vous faire part des explications que j’ai pu recueillir : mon père a été enlevé après avoir enregistré une émission télé dans le studio de la mairie de Saint Tignous sur Nivette.
Non, bien sûr, pas celle qui a été diffusée ! Oui, avec la complicité du maire. C’est pour le moins un personnage ambigu ! L’émission de mon père a été totalement truquée. Et cela depuis leur base centrale. Nous avons capturé discrètement leur envoyé. Oui, il devait noyauter le journal à leur profit. Et mon père se trouve dans la base d’Agotchilho avec nos amis. Comme ils ignorent qu’elle est entre nos mains, ils nous l’ont gentiment amené.
Nous savons également qui a fondé les Écolocroques : il s’agit d’un certain Oberst Kuhhirt, qui est notre prisonnier. A la fin de la guerre, lui et ses subordonnés se sont incrustés dans une base sous-marine secrète qu’ils avaient préparée à Agotchilho et à partir de laquelle ils ont dirigé un trafic international depuis la filière d’évasion de nazis à laquelle cette base était destinée au départ. Ils se sont surarmés aux dépends de l’effondrement de l’empire soviétique. Et avec l’aide d’une incroyable population de survivants… Mais j’ai peur que vous éprouviez quelque difficulté à saisir ce que je dirai si j’entre dans le détail. Et nous n’avons pas beaucoup de temps.
Bref, ces individus se sont recyclés dans l’extrémisme écolo-radical en manipulant les valeurs qu’il véhicule.
Une autre émission du type de celle qui a été diffusée devrait avoir lieu à 13 heures.
Par ailleurs, nous avons recueilli un message de leur base centrale de Thulé. Je vous le lis intégralement :
« Deux sous-marins US coulés par Hai II. Lancement fusées opération Alu prévu demain 18 heures Thulé. Annonce télé sera faite par Malfort demain 13 heures. Retransmettre CR Arnaud Boufigue sur résultats obtenus. »
Le Président, qui écoutait jusque là sans autres réactions que quelques grognements et monosyllabes réagit à cette dernière nouvelle, et il interrompt le rapport d’Arthur :
- Deux SNA de classe Los Angeles ont été coulés… Je l’avais dit à votre père. Le Président US voulait atomiser leur base principale. J’ai eu un mal de chien à le dissuader. Et maintenant cette histoire de fusée Alu… qu’est-ce que ça peut bien être ?
- Je n’en sais pas plus que vous. Leur Numéro Deux, le fameux Oberst Kuhhirt, qui serait aussi le père biologique du maire actuel, nous donnera peut-être des indications, quoiqu’il se trouve complètement plongé dans le cirage…
- Dans le cirage ?
- Oui, enfin, disons qu’il réagit assez lourdement à la drogue des Chochos…
- Des Chochos ?
- Je vous expliquerai lorsque nous en aurons le temps. C’est trop compliqué pour les quelques minutes d’une conversation téléphonique, il faut que je surveille Arnaud Boufigue et que je prépare l’édition du journal.
- Arnaud qui ?
- Leur envoyé, celui qui devait prendre le pouvoir à
- C’est entendu, mais faites vite, la situation est déjà très compliquée, difficile à comprendre d’ici, elle risque de devenir ingérable…
- Tant que nous ne connaissons pas leur véritable objectif, nous ne pouvons rien faire. Une chose encore : nous infiltrons un agent dans leur base centrale. Je ne peux en dire plus…
Et il raccroche, en espérant que la ligne directe du Président n‘est pas espionnée.
Elle ne l’est pas.
Heureusement.
Parce que c’est à peu près à ce moment là que Mouye embarque à bord du petit avion navette qui transporte un groupe de femmes goums depuis le petit aérodrome de Haugnes, proche de la base d’Andøya, à destination de Nouvelle Thulé. Bien sûr, elle a abandonné ses vêtements de ville pour la fourrure locale dès qu’elle s’est fait reconnaître à l’entrée de la base. Et son bâton d’ivoire de mammouth l’a fait écouter en priorité par tous les Goums qu’elle a croisés et qui, à leur tour, ont propagé la nouvelle, et ainsi, de bouche à oreille, avec la précision de mémoire qui est la leur, le message est vite passé : « Les Pouyagoumyôs se sont servis de nous et vont nous détruire, préparons-nous à les capturer, mais ne changeons rien à notre comportement pour l’instant. Mouye doit se rendre d’urgence à Haystack (ainsi que les Goums nomment
C’est comme cela qu’elle a pu être embarquée avec un lot de « femelles » destinées à renouveler le « cheptel » du bordel des sous-mariniers du Hai II : expériences de reproduction croisée, ont-ils dit.
Bref. Dans quatre heures, elle y sera.

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