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CONFÉRENCE DE PRESSE À L’ÉLYSÉE / P1C3E4

P1C3E4 (Partie 1 / Chapitre 3 / Episode 4)
 

N°52 / CONFÉRENCE DE PRESSE À L’ÉLYSÉE / P1C3E4


C’est l’histoire où le Président de
la République fait une conférence de presse presse et nomme Eusèbe Malfort ambassadeur plénipotentiaire auprès des Écolocroques.

 

CONFERENCE DE PRESSE




20 avril.

 

Salle de Conférences de l’Elysée, retransmission directe, toutes chaînes d’information.

  Prévenues par fax, les rédactions de toutes les télés, radios, et les envoyés spéciaux de tous les journaux de la presse écrite et de la presse internationale, sensibilisés par les éditions spéciales de la Lanterne relayées par les agences du monde entier se trouvent représentées.

 Toute la matinée, les conseillers de tout bord se sont activés frénétiquement. Les services des Affaires étrangères, du Confort, de la Défense, les Services Secrets, et Renseignements Généraux, tous se sont mis en quête d’informations, de coordination, de projets.

  Le Président a dormi trois heures cette nuit là. Et mal.

  En se rasant, le matin, il s’est bien demandé pourquoi il fait ce métier, mais cet instant de doute n’a pas duré. Après tout, il suffit de regarder son Ministre du Confort pour savoir « pourquoi » on veut être Président : c’est parce qu’avant lui il y a eu un autre Président et qu’alors, il voulait être, lui, Président à la place du Président qui était Président quand lui-même ne l’était pas…. Et après, il faut rester Président face aux ministres qui veulent devenir Président à sa place de Président. Simple, non ?

 
Et puis il a réfléchi et préparé ses interventions : questions ouvertes ? questions limitées ?
Faute de temps et malgré le risque, il s’est résolu aux questions ouvertes. Ses conseillers lui ont signalé quelques journalistes à éviter : ceux-là chercheront à le mettre en difficulté. D’autres seront plus responsables, c’est-à-dire qu’ils feront tout pour conforter ses positions… Bref, on en est venu au schéma classique du bref exposé suivi des questions.

  Il est entré dans la salle, suivi du ministre des Affaires étrangères et du Ministre du Confort, le premier pommadé et portant beau, le second renfrogné à son habitude lorsqu’il n’y a pas, a priori, de public à sa botte exclusive. 

  Installés devant les drapeaux de la France, de l’Europe et des Nations Unies plantés dans un porte-parapluies recyclé, assis derrière la grande table qui les sépare de la salle où se presse la foule bourdonnante des journalistes, ils ont laissé les caméras régler leurs éclairages, leurs mises au point…

Essais de micro :
- Quelques mots, Monsieur le Président, pour les réglages…
Dans ce cas, il a pour habitude de débiter les premiers vers d’une fable de

La Fontaine ou d’une tirade classique… Là, tout ce qui lui est venu à l’esprit c’est :

- Que j’aime à faire connaître un nombre utile aux sages, ô sublime Archimède, artiste, ingénieur…
- Merci, Monsieur le Président… C’est bon pour le son…

  Le silence se fait. Les derniers projecteurs s’allument. Des points rouges apparaissent au-dessus des caméras, générant instantanément le sourire réflexe du Ministre du Confort (sa femme parle de ses zygomélastiques).

  - Mesdames et Messieurs les journalistes, chers concitoyens, je tiens, avant tout à vous remercier d’avoir répondu à mon invitation, en ces moments de crise, disons-le d’emblée, où une vraie menace pèse sur notre monde et sur nos façons de vivre.
J’ai convié deux des membres du Gouvernement à participer à cette Conférence de Presse pour qu’ils apportent au besoin des précisions d’ordre technique aux questions que vous pourrez nous poser.
 
Je vais tout d’abord, si vous le permettez, récapituler brièvement les événements qui se sont déroulés à un rythme accéléré ces derniers jours, et vous informer de leurs derniers développements. Puis je tenterai, nous tenterons, de répondre à vos questions. 

  Voici huit jours, le 12 exactement, deux journalistes se sont lancés à la recherche de deux disparus, deux jeunes gens dont il semblerait qu’ils aient  en fin de compte fait une fugue… Rien que de banal, d’autant que ces jeunes gens étaient majeurs. Rien qui, en tout cas, justifie de rassembler en cette salle la fine fleur de la presse nationale et mondiale, et de mobiliser les principaux responsables de l’Etat !

 
Seulement voilà. Ces journalistes, au travers de cette disparition, enquêtaient sur un groupuscule écologiste alors si mystérieux que, le Ministre du Confort pourra le confirmer (le Ministre du Confort confirme d’un hochement de tête en regardant le Président, le visage d’un seul coup redevenu grave, puis retrouve instantanément son sourire « caméra » en se tournant vers le public), personne n’en avait entendu parler, noyé qu’il était dans le foisonnement des groupuscules de ce type. Ce sont bien ces journalistes qui, les premiers, ont prononcé le nom des Écolocroques. Et ce sont bien ces journalistes qui ont disparu.
  Tout comme après eux ont disparu tous les membres de la rédaction du (il consulte une fiche) Petit Matois Subreptice, le journal local de la ville de Saint Tignous sur Nivette pour lequel ils travaillaient.
  Tout comme ont aussi disparu deux membres de la rédaction de
la Lanterne du Fort, le grand quotidien régional qui se trouve basé dans la même ville : une journaliste et le directeur lui-même de la Lanterne, Arthur Malfort, fils de son fondateur, Eusèbe Malfort, par ailleurs grand résistant de la dernière guerre et bien connu des milieux de la Politique et de l’Information !

  Mais ces disparitions, aussi mystérieuses fussent-elles, n’auraient pu engendrer tous ces bouleversements, si elles n’avaient révélé l’existence des Écolocroques, qui se sont alors dévoilés. 

  Et de la manière la plus brutale qui soit :
 
Une première proclamation, du 15 avril, montrait les journalistes disparus sur le pont d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins d’origine ex-soviétique, que tous les états-majors de la planète croyaient ferraillé ou englouti depuis longtemps. Cette proclamation se trouvait accompagnée de menaces précises, confirmées par deux attaques de missiles, l’une sur Moscou et l’autre sur Lourdes.

  Hier, le 19 avril donc, un autre message, dont vous avez pu lire le texte dans le journal d’Eusèbe Malfort, précisait les prétentions des Écolocroques et les solutions écologiques qu’ils proposent.

  Cette nuit même, hier soir à l’heure de Washington, un missile s’abattait près de la Maison Blanche, et confirmait ainsi les menaces directes exprimées dans la deuxième proclamation qui venait d’être publiée.

  Les armes brandies sont des armes nucléaires, même si elles n’ont jamais été activées. Le risque est avéré : elle auraient pu l’être. Et le sous-marin menaçant est en parfait état de nuire.

  Voilà, en deux mots, la situation dans laquelle nous nous trouvons.

  Mesdames et Messieurs de la Presse, nous sommes prêts à répondre à vos questions.

 Le Président balaie la salle d’un regard de tribun, sûr de sa force, la nuque légèrement renversée, la mâchoire tendue, le regard durci… Quelques mains se lèvent, il désigne une personne, un homme au centre de la salle :

- Monsieur Talon, je crois, du Picaro.
- Oui, Monsieur le Président, Hector Talon, du Picaro. Monsieur le Président, je pense que tous les citoyens du monde sont inquiets devant ces menaces, mais, à votre avis, les demandes de ce groupement ne sont-elles pas la conséquence directe de l’incapacité dont ont fait preuve les gouvernements successifs des grands Etats à gérer les ressources de la planète ?
- Monsieur Talon, c’est après avoir éteint l’incendie qu’on en recherche les causes. Pour l’heure, il s’agit de résoudre la crise. C’est là notre priorité et notre préoccupation… Oui ? Madame ?…

- Hélène Passekeu, de l’Hibernation. Monsieur le Président, quelles nouvelles avez-vous de nos confrères journalistes ?
- Eh bien Madame Passekeu, comme vous le savez sans doute, nous recevons régulièrement des nouvelles de Victor Bourriqué et de Clémentine-Esméraldine Kaligourian, qui sont à bord du sous-marin et servent en quelque sorte, et j’en suis convaincu, à leur corps défendant, de porte-parole aux Écolocroques. Vous en savez donc autant que moi puisque les informations qu’ils nous transmettent passent intégralement par l’intermédiaire des journaux pour lesquels ils travaillent, qui se sont d’ailleurs regroupés sous un seul titre.
Quant aux autres personnes disparues, nous n’en avons reçu aucune nouvelle. Les seules indications dont je dispose les situeraient près de la petite ville côtière de la Marée aux Ports, qui est justement la ville française dont les Écolocroques revendiquent le territoire dans leur dernière déclaration.

  Une foule de mains se lèvent.
  - Oui, Monsieur Lambret, je pense, de TF1 ?
- Oui, Monsieur le Président, et à propos de ces territoires… Comment
la France et les divers Etats concernés comptent-ils répondre à ces demandes ?
- C’est là une question fort délicate : d’une part, nous comprenons qu’une… organisation… aussi importante que celle à laquelle nous nous trouvons confrontés revendique un territoire, un espace de vie et de sécurité. D’autant plus que, même si elle a recours à des méthodes que nous ne pouvons que réprouver et que nous réprouvons, j’insiste sur ce point, ses objectifs, la sauvegarde de l’écologie mondiale, la reconnaissance des opprimés, et toutes ces choses dont se réclament les Écolocroques, ces objectifs, donc, rejoignent d’une certaine manière les idéaux qui sont les nôtres, qui sont ceux de tous les hommes conscients et dignes de ce nom…
D’autre part, nous vivons dans un état de droit et aussi bien pour nous Français, que pour les autres pays concernés, il n’est pas possible de déroger aux règles qui régissent la propriété et à plus forte raison la souveraineté nationale. Je suis personnellement garant de par la Constitution, de l’intégrité nationale, et sous peine de haute trahison, je ne peux d’un simple trait de plume, abandonner ne serait-ce qu’une parcelle de notre territoire. Cela demanderait, cela demandera, le respect de procédures longues et complexes, pour lesquelles la nation devra être consultée. Je… (le journaliste a levé la main). Oui, Monsieur Lambret, vous souhaitez intervenir de nouveau ?

- Pardon, Monsieur le Président, pour la liberté que je prends de vous interrompre…
- Mais je vous en prie…
- Vous ne semblez donc pas exclure la possibilité de céder à cette exigence des Écolocroques ?
- Céder… Le terme est abusif, souscrire à cette demande ne paraît pas exclu. Il y aurait là un geste d’apaisement, un moyen de détendre la situation. Les Écolocroques constituent un groupe qui dispose de moyens puissants qui s’est constitué de manière totalement opaque et imprévue pour nous, mais qui semble bien correspondre à une sorte de nécessité historique, qui semble bien être issu de la cristallisation d’inquiétudes profondes et qui de ce fait présente une certaine légitimité que nous nous devons de respecter. Je répète, Monsieur Lambret, que nous n’aurons pas l’impression de céder à une pression, mais d’avancer un élément positif de négociation en concédant aux Écolocroques la jouissance du territoire qu’ils réclament… Après consultation des autres pays directement concernés, et Monsieur le ministre des Affaires Etrangères ne pourra que le confirmer (le ministre confirme d’un mouvement solennel de la tête qui laisse en place les boucles soigneusement ordonnées de sa coiffure teintée « Noir Aile de Corbeau » de l’Oréal) (il possède un gros paquet d’actions de l’Oréal), il semblerait que ce soit l’attitude générale de nos partenaires… Oui, Monsieur… ?

- John Deelock de la chaîne Fox News (avec un accent américain  bien écrasé). Mon collègue William B. Mac Faithfull du Washington Post, a été blessé par le missile qui a été envoyé sur la Maison Blanche, et qui a par ailleurs tué l’un de nos vaillants soldats. Notre gouvernement s’est jusqu’ici montré incapable de répondre aux questions que cet attentat a soulevées dans mon pays. Ces questions vous concernent autant que nous. Pouvez-vous y répondre ?

- Mais, cher Monsieur, d’une part je ne connais pas ces questions, et d’autre part, je ne peux répondre pour votre Président, avec qui j’ai eu l’occasion de converser très très récemment et avec qui nous sommes en complète harmonie… Je…
Le journaliste debout dans son costume jaune à grands carreaux noirs l’interrompt sans plus de façons :
- Ces questions que toute la Presse américaine se pose et qui ont été énoncées publiquement sur notre chaîne sont :
« - Est-il vrai que les Etats-Unis se trouveraient exposés à une menace nucléaire brandie par des écolo-terroristes qui disposeraient de deux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins d’origine soviétique ?
« - Est-il vrai que l’explosion qui a secoué la Maison Blanche, tué un marine et blessé notre confrère provient de l’un de ces engins heureusement non chargé ?
« - Est-il vrai que les écolo-terroristes exigent le démantèlement immédiat des bases américaines du Groenland et du Nord de l’Europe ?
Nous avons demandé des réponses claires à ces trois questions.
Et bien sûr :
« - Qui nous menace ?
« - Qui sont les Écolocroques ?
Le personnage se rassied.

- Cher Monsieur, les réponses à vos questions sont publiques depuis le début, et je dois dire que si vous aviez pris la peine de lire les publications de vos collègues français reprises par les agences du monde entier, vous vous seriez évité la peine de les poser… (rires étouffés dans la salle, John Deelock rougit et grommelle puis se tait) Question suivante ?

 - Marcel Champignon, Le Ponte, grand quotidien du soir…
- Nous connaissons tous Monsieur Champignon…
- Merci Monsieur le Président… Je voulais demander quelle place tenait le fait que les Écolocroques possèdent un armement nucléaire dans les prises de décision des grands Etats, d’une part, et d’autre part, pouvez-vous nous préciser si l’origine de cet armement a été éclaircie ?
- Oui. Bon. Eh bien sachez, Monsieur Champignon que si la possession de cet armement apporte évidemment une grande crédibilité aux Écolocroques, en ce qu’elle traduit une importante maîtrise scientifique et militaire, elle ne constitue pas le seul critère de nos positions à leur égard. Les grandes nations du monde ne se laissent pas aussi aisément impressionner. Nous-mêmes, pour ne parler que de la France, mais également les Etats-Unis ou la Russie, disposons largement des moyens nécessaires pour prévenir de telles attaques et bien sûr pour y répondre…

Vous m’avez également demandé si nous connaissions l’origine de leurs armes… Eh bien il est manifeste que cet armement très important, je le répète, en puissance et en quantité, provient de l’ex-URSS et qu’il a été « récupéré » au moment de la débâcle de cet Empire, avant que l’actuelle Russie ne se reconstitue et reprenne le contrôle de ses arsenaux qui, il faut bien le dire, partaient à la dérive. C’est ainsi que plusieurs sous-marins, déclarés perdus ont certainement pu être détournés avec leurs équipages, que des ogives nucléaires en grand nombre ont été « démilitarisées », en fait perdues, « égarées » et sans aucun doute, ont donné lieu à un trafic important. Nous voulons croire, étant donné l’orientation idéologique des Écolocroques, que certains personnages que nous ne connaissons que par l’anonyme désignation des Numéros Un, Deux ou Trois, ont pu, par idéal évidemment, récupérer si je puis dire ces armes et se donner les objectifs qu’ils révèlent maintenant…
Autre question, Madame… ?

 - Geneviève Tapouis, de Radio  France Aquitaine… Monsieur le Président, une question simple : pourquoi Saint Tignous sur Nivette, pourquoi les deux journaux installés dans cette petite ville ont-ils été choisis par les Écolocroques comme organes de liaison ?
- Eh bien chère Madame (elle est bien mignonne se dit le Président qui ne connaissait pas Geneviève Tapouis), c’est là une question pour laquelle nous n’avons pas de réponses, mais qui nous interpelle intensément au niveau de la diplomatie internationale que nous vivons au jour le jour avec beaucoup d’attention, ainsi que pourra vous le confirmer Monsieur Le Ministre ici présent (le ministre désigné confirme d’un mouvement solennel de la tête qui laisse en place les boucles soigneusement ordonnées de sa coiffure teintée « Noir Aile de Corbeau » de l’Oréal) (il possède toujours un gros paquet d’actions de l’Oréal) (l’autre ministre boude). Nous avons envisagé une convergence idéologique entre les Écolocroques et le Petit Matois Subreptice de Victor Bourriqué, qui ne cachait pas une certaine sensibilité écologiste, ainsi que nous l’a confirmé le maire de Saint Tignous sur Nivette. Mais cette sensibilité n’était pas celle de la
Lanterne du Fort d’Arthur Malfort, et Victor Bourriqué lui-même semblait être assez critique vis-à-vis des mouvances écolo-bios diverses qui se croisaient dans sa zone de chalandise. Nous avons également pensé à une proximité géographique entre ces journaux et le site de la Marée aux Ports… Mais aucune réponse concrète ne pourrait vous être donnée, et Eusèbe Malfort lui-même, qui n’a pas pu venir parmi nous aujourd’hui mais avec qui je me suis entretenu très récemment, s’interroge activement sur cette problématique. Pour l’heure, c’est un mystère d’autant plus opaque que ceux de vos confrères qui ont été victimes d’enlèvement ou de disparition appartiennent à ces deux journaux et que les Écolocroques refusent tout autre contact.
- Et, Monsieur le Président, si je puis me permettre une autre question…
- Mais je vous en prie, chère Madame… (il faudra songer à faire inscrire cette petite sur les listes du service de presse agréé)
- Que comptez-vous faire ?

  Un silence… Le Président baisse la tête, comme s’il se plongeait dans des réflexions profondes… Le Ministre du Confort le regarde un sourire carnassier découvrant ses dents (hésite encore, que je te bouffe)…
  - Eh bien, notre action va se dérouler sur plusieurs plans :
Tout d’abord, le problème soulevé est d’ordre écologique, c’est-à-dire global. Notre réponse devra donc être globale. C’est pourquoi nous, les principaux chefs d’Etat membres permanents du Conseil de Sécurité de Nations Unies, avons décidé de convoquer ce Conseil pour fournir une réponse cohérente et coordonnée, aux… défis… qui nous sont lancés. Le Conseil se réunira dès demain et Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères ici présent (le ministre confirme d’un mouvement solennel de la tête) (la bourse risquant une baisse rapide, il vient, d’un rapide a parte au portable, de vendre ses actions de l’Oréal), partira tout à l’heure pour New York.

Ensuite, pour faire face aux premières urgences et dans l’attente d’une confirmation des Nations Unies, j’ai demandé à Eusèbe Malfort d’accepter la charge d’ambassadeur plénipotentiaire auprès des Écolocroques. Il représentera la France, et, si comme je le souhaite, les Nations Unies confirment mon intention, il représentera les Nations Unies.

Voyez-vous, mes chers amis, et ce sera ma conclusion, nous nous trouvons dans une situation totalement inédite où un groupement, sans doute honorable quant au fond, se trouve en mesure de dialoguer à égalité de puissance militaire avec le reste du monde.
Il faut donc que nous trouvions des solutions inédites à ce problème… Oui, Monsieur… ?

 - Gédéon Soury, de la Tribune de Liège… Monsieur le Président, il y a un aspect des… demandes… des Écolocroques qui n’a pas été abordé : il s’agit des exigences à caractère eugénique, n’ayons pas peur des mots, qui figurent dans leur proclamation, même si nous n’en avons pas encore le détail. Pensez-vous qu’elles soient acceptables ? Ne rappellent-elles pas de sinistres souvenirs ?
- Monsieur Soury, ce point est sans doute capital. Toutefois, comme vous l’avez dit, nous manquons d’informations précises à ce sujet. Nous ne manquerons pas d’en débattre le moment venu.
Le temps nous est cependant très compté, et j’espère que vous pourrez le comprendre. Je vous demande donc de regagner vos rédactions et de pardonner notre départ. Je vous remercie pour votre présence.

  Le Président se lève, suivi des ministres…

  La salle s’emplit de brouhaha, chaque journaliste retrouvant son cadreur et sa caméra pour émettre ses premiers commentaires…

  Le Président retourne à son bureau.

Il appelle Eusèbe Malfort…

Eusèbe Malfort est sorti…
 

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