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FINETTE DE SAINTE FOUILLOUSE / P2C1E3

P2C1E3 (Partie 2 / Chapitre 1 / Episode 3)

  N°82 / FINETTE DE SAINTE FOUILLOUSE / P2C1E3

 
C’est l’histoire où l’on retrouve Finette de Sainte Fouillouse, et où l’on fait la connaissance de sa maman, Flora. On rencontre aussi deux notaires parisiens et quelques personnages inquiétants, tout en parlant d’escargots, de Super Troc et d’héritage.

 
Lundi 2 mai
14 heures trente
Pau

  Contente d’elle, Finette. Contente. Il faut dire qu’elle en jette dans son ensemble anthracite, avec le gros chignon massif de ses blonds cheveux. Ajoutez à cela un regard pervenche d’un bleu profond, un gros rubis en coeur au creux du décolleté et un autre au doigt, et des talons de plein de centimètres sous des jambes de reine et vous aurez une idée de la Bêêête.

  Fière d’elle. Se plaît bien en se regardant dans la glace de sa chambre de l’Hôtel Central à Pau. Elle aime tout particulièrement ces rubis somptueux qu’Aloïs Guétotrou-Kifumsec (qu’elle continue d’appeler « Monsieur ») lui a fait parvenir « pour la féliciter de cette brillante promotion », en ajoutant, de manière quelque peu sibylline qu’ils seraient « le cœur de sa fonction publique ». Il y a de bons côtés dans la réussite, se dit Finette. Ah oui, les lunettes noires pour éviter de se commettre aux yeux du commun. S’abstraire. Ne croise pas mes regards qui veut. Non mais.

  Surtout que ce n’était pas évident de retrouver une « position », après le désastre.

  Finette de Sainte Fouillouse. Représentante et Fondée de Pouvoir des Écolocroques en leur première Boutique-Ambassade de Saint Tignous sur Nivette ! Et cela juste au moment où on leur casse la baraque. Destin tragique. Mais pas folle, dès qu’elle a entendu l’émission télévisée qui devait marquer de manière évidente la fin des haricots pour l’organisation, elle est remontée dans sa fourgonnette blanche et adieu Berthe, elle a très finement filé Finette.

A tort, peut-être : les gens étaient tellement abasourdis qu’ils ont à peine réagi, et en tout cas, pas violemment.

La preuve : Arnaud Boufigue s’est recasé sur place sans la moindre anicroche. Ils sont restés en relation, à distance comme tous les Anciens de l’Ecole, et elle a pu suivre sa carrière, depuis le coup de pied au cul d’Arthur Malfort qui l’a éjecté de son journal sans autre forme de procès, jusqu’à son embauche quasi immédiate par Intermarché, Leclerc et la FCD regroupés pour l’occasion[1], jusqu’à aboutir à la création de Super Troc dont il dirige maintenant la principale unité expérimentale. A Saint Tignous sur Nivette, bien sûr. Grâce à l’appui du Maire, Félicien Belcoucou, qui a pris une couleur « écolo » dans l’affaire, acquise au contact, tant de Gertrude[2], du Mouvement (écologiste) du 18 août (pourquoi le 18 août ? Voir le Super Concours…), que de Finette, et parce qu’il a réussi à « éclaircir » le « mystère du radon du Monument aux Morts », ainsi qu’il l’a lui-même déclaré dans un article largement diffusé auprès de la presse régionale. Et que personne n’a contredit… « On » avait autre chose à faire ! Et le Maire n’était-il pas, comme beaucoup, victime de sa bonne foi généreuse ?

  Bref, tout est pour le mieux pour Arnaud Boufigue. Y compris le logement.

  Finette, elle, a filé chez maman, à Pétoly, dans un petit village des Ardennes belges cerné par une forêt très noire. Le village s’est trouvé rapidement englouti sous la neige dès que le temps a viré vilain. Elle a donc pu y rester quelques mois bien tranquille, avec seulement par-ci, par-là un petit coup de fil de Boufigue qui lui a proposé de participer à son aventure commerciale.

 
Mais Finette n’est pas vraiment une commerciale : elle y croyait aux Écolocroques. Bon, elle se doutait bien que ce n’était pas une annexe du Pensionnat des Oiseaux, mais elle avait été choquée en assistant à l’émission finale. Pas celle des explosions, avec Malfort en vedette, non, l’autre, celle du lendemain, celle qui avait réglé leur compte aux Numéros dont elle révélait l’existence, avec Malfort, Victor et Clémentine en vedette. Parce que bien sûr, comme tous les agents de surface, Finette ignorait l’existence des Numéros.

  Finette s’est trouvée très heureuse d’être ainsi bloquée par la neige jusqu’à la fin juillet dans sa retraite des Ardennes, avec Flora, sa vieille maman qui y tient auberge (deux chambres au papier à fleurs), table d’hôtes (huit couverts, douze en saison, en comptant la table de la cuisine), pour les touristes d’été (l’hiver il n’y a que des gens d’ici, d’ailleurs les routes sont difficilement praticables et même les Américains sont passés à côté en allant à Bastogne avec leurs tanks pendant la dernière guerre). Elle fait aussi bistro sur cette fameuse table de la cuisine, pour les autochtones, les vieux. 

 
C’est reposant pour Finette, après ces dures années de formation, le lourd travail de création des boutiques bios qu’elle a supervisées un peu partout dans le monde, et le démarrage avorté de l’aventure qui aurait dû la propulser au premier plan. Mais, bon…

  Finette aiderait bien Flora, mais pour servir les deux canons de rouge de la journée en répétant les histoires du village (où l’on ignore tout de sa « situation », ici elle est « la fille de Flora qui fait, ou a fait, des études »), et en commentant les infos de la veille (que Finette suit attentivement à la télé comme tout le monde), sa présence n’est pas vitale pour le fonctionnement du commerce.

 
Alors Finette s’occupe comme elle l’a toujours fait lorsqu’elle se trouve ici : elle court les bois. Elle aime beaucoup les odeurs des sapins et leurs sous-bois tellement obscurs que rien n’y pousse, à part quelques champignons et quelques plantes étranges dépourvues de chlorophylle. Elle en a même su le nom. Faudrait qu’elle retrouve la flore que son père lui avait offerte avant de fiche le camp avec une touriste américaine. Ou qu’elle demande à sa mère. Monotrope sucepin… Ça lui revient…

Et elle pense… Réfléchit en marchant, en recherchant dans les futaies plus dégagées les bois que les cerfs abandonnent à la mue, normalement en mai, mais avec ce temps… 

  En fait, elle est surtout surprise par sa propre réaction : elle y a cru.

Bon. C’est cela qui la surprend…

 
Elle y a cru parce qu’elle croyait qu’il est bon de croire. Mais cessant d’y croire, elle a cessé de croire que croire est bon. Et donc, elle a tout simplement cessé de croire. Et du coup, elle s’est mise à croire que ne pas croire est bien préférable à croire. 

  Un progrès en somme. 

 
Parce qu’elle croit à son progrès à elle. En perdant une croyance, elle croit donc avoir progressé. Et puisque ne pas croire est bon, croit-elle, mais en étant certaine de le savoir, ce qui lui évite d’avoir à remettre cette certitude sur le métier, elle a tiré un trait sur tout ce à quoi elle pensait croire ou avoir cru. Après inventaire. 

  Et elle s’est au bout du compte trouvée confrontée au vaste problème de savoir si elle sait ou si elle croit, ou si elle sait ce qu’elle croit ou si elle croit seulement savoir.

Alors qu’avant, elle savait croire, ou du moins qu’elle l’avait pensé, puisqu’elle ne veut plus croire. Et puis croire que l’on ne croit plus, c’est toujours croire. Tout comme croire que l’on sait. Elle manque de références qui auraient établi ce qu’elle sait, ce qu’elle sait savoir, et non plus ce qu’elle croit savoir, de manière indiscutable et définitive.
 
Elle se trouve dans l’incapacité de déterminer si ce qu’elle sait est cru ou su. Croire, savoir… Et donc, elle patauge dans une forêt de points d’interrogation philosophico-métaphysiques qui la plongent dans une sorte d’angoisse cireuse pas désagréable au fond, lorsqu’elle se promène dans la neige profonde des chemins ou lorsqu’elle s’enfonce dans les bois obscurs. 

  À y bien regarder, ces pâles pensées, toutes inclinées du même côté, qui poussent, parcimonieuses, sur l’humus ombreux de son esprit tourmenté, lui rappellent les tiges fragiles et inclinées des monotropes…

Le sol des sapinières, protégé par les frondaisons épaisses des arbres, n’est couvert que des aiguilles brunies dont le tapis épais étouffe les pas, comme une torpeur de l’esprit. La neige, prise aux branches, ne descend pas jusqu’à terre, suspendue au silence. Mais elle accentue l’enfermement du sous-bois qui forme ainsi un no man’s land où la rêverie peut tourner en boucle. Et bien souvent Finette reste longtemps assise, adossée à un tronc écailleux, ses grands yeux pervenche grand ouverts, dans le silence, la pénombre et l’odeur de résine froide. 

 
Et puis elle reprend sa promenade et elle rentre chez elle, détendue, reposée…

  La neige a fini par fondre et Flora s’est remise aux escargots. C’est sa spécialité, les escargots. Certains touristes viennent de très loin pour manger les escargots de Flora, à l’ombre du grand tilleul devant l’auberge. 

 
Ah ! Les escargots de Flora !

  S’ils sont vraiment inimitables, c’est pour des tas de raisons.

D’abord, Flora les ramasse elle-même dans « ses coins », bien cachés au fond des bois. Elle adore cette chasse où elle part à l’aube, armée d’un bâton et d’une grande besace. Et puis elle les fait dégorger « à la planche », et c’est son deuxième secret : une épaisse planche de sapin conservée l’hiver au fond du ruisseau voisin, séchée au printemps, où le grand-père de Finette a gravé au couteau deux traits séparés d’un mètre. Cette planche garde une odeur particulière de résine et d’eau fraîche qu’elle communique aux escargots comme un assaisonnement subtil. L’astuce consiste, après qu’ils aient passé quelques heures dans une infusion refroidie d’herbes mystérieuses où ils se « nettoient le boyau », à les faire « courir » sur la planche de sapin, d’un trait à l’autre, pour, dès que leur tête dépasse le second trait, les décapiter d’un coup de couteau vif et précis, juste derrière les cornes. Les escargots agonisants sont ensuite jetés dans une poêle où grésille un beurre baratté dans la ferme voisine, aromatisé d’ail, de champignons séchés et d’herbes secrètes que Flora conserve jalousement dans des bocaux fermés. On la dit un peu sorcière, bien sûr. C’est sans doute pour ça que son mari et son Américaine ont fini au fond d’un ravin, cramés dans
la Packard jaune de sa rivale. Bref. Pour en finir avec les escargots, ils sont servis dans le beurre où ils ont cuit, avec des épines d’acacia pour les extraire de leur coquille, et accompagnés de tranches du pain-gâteau que Flora cuit dans son four, spécialement à cette intention. Elle vous verse avec ça de grandes chopes d’une bière trappiste douce-amère, épaisse comme un potage, très fumée et à la mousse compacte. 

  Sorcière… Flora tient ça de famille et personne au village n’oserait rappeler les lointaines histoires dans lesquelles telle ou telle de ses aïeules se sont distinguées. Surtout pas les vieilles. Elle a transmis quelques recettes à sa fille, lorsqu’elle est partie étudier : « Prends garde à toi, ma belle, et ne perds jamais la conscience de tes actes, ne laisse personne te les faire oublier ! ». Patronne de bistrot, elle en a vu, des dindes ivrognées par des matous, troussées à la va-vite et oubliées dans un coin avec leur courte honte. Quand ce n’était pas avec un polichinelle dans le tiroir… Et ce n’était qu’avec de l’alcool ! Elle a donc préparé une grande quantité de ce qu’elle appelait du « Pain de Couleuvre », en fait, de petites dragées qu’elle fabrique à partir d’hellébore noir, et qui vous mettent à l’abri de toute inconscience. Et elle a bien clairement expliqué à Finette qu’une pastille vaut pour la semaine, et qu’elle aurait intérêt à en garder toujours par devers elle… Ensuite, elle fera ce qu’elle voudra, mais au moins, elle n’oubliera rien, et libre à elle de céder aux tentations en pleine connaissance de cause…

  Ce jour-là, Finette est partie chasser l’escargot à la place de sa mère. Elle aime ça aussi, Finette. La chasse et la cuisine. Elle a même conçu une variante « Finette » des escargots « Flora » : les escargots, sortis de leur coquille après la cuisson, sont enroulés dans un morceau d’une très, très fine tranche de jambon fumé du pays et replacés dans la coquille. C’est génial pour le goût et catastrophique en terme de main d’œuvre. Les escargots « Finette » ne sont donc préparés que par Finette elle-même quand elle est là, c’est-à-dire presque jamais, parce que sa mère n’a pas la patience. 

 
Et ce jour-là, Finette voulait préparer sa recette.
- C’est comme tu veux, a dit Flora, y’a pas de clients, on les mangera nous-mêmes. Et le reste on le mettra en conserve.

  Mais à son retour, à dix heures, la besace lourde de coquilles baveuses pesant sur son épaule, « y’avait des clients ».

 
Grosse voiture noire immatriculée à Paris, et deux hommes en costume cravate, visages graves, assis sous le tilleul devant une tasse de café.

  Qui se lèvent à son approche. 

  - Maître Gaston Brunières, notaire à Paris, et mon associé et ami, Marc Tombou. Vous êtes bien Madame Finette de Sainte Fouillouse ?

Flora ressort de sa cuisine…

Finette dépose délicatement son sac à ses pieds et sa mère s’en empare :
- Laisse, je m’en occupe… Si ces Messieurs veulent dîner ici ce midi, je les préparerai… à ma manière…
Et elle emporte le sac vers ses fourneaux.

- Oui, je suis Finette de Sainte Fouillouse, mais…
- Pardonnez-moi d’insister, mais, pourriez-vous me montrer une pièce d’identité ?
- Ecoutez cher Monsieur, vous êtes bien gentil, mais je suis ici chez moi, je ne vous connais pas et c’est vous qui me demandez mes papiers…
- En effet, pardonnez-moi, c’est tellement important…
Le notaire sort son propre passeport et le tend à Finette pour confirmer son identité. Elle y jette un coup d’œil, hausse les épaules et rentre brièvement dans la salle de séjour-cuisine-salle de restaurant prendre ses papiers dans son sac qu’elle a laissé sur une étagère.
- Voilà, Monsieur l’important notaire parisien…
Elle lui tend le document en lui rendant le sien, le tout avec le sourire ravageur qu’elle est capable d’exhiber au quart de tour. C’est vrai que depuis qu’elle est ici, au régime jeans, doudoune et bottes fourrées, elle a un peu délaissé ses allures de professionnelle de la séduction,

la Finette…

  - Chère Madame, permettez-moi de vous présenter nos condoléances…
- Vos condoléances ?
Flora a seulement pris le temps de plonger la récolte de sa fille dans la marmite d’infusion qu’elle a préparée hier pour qu’elle ait le temps de refroidir, et elle est ressortie sur le pas de sa porte en se frottant les mains sur son tablier bleu.
- Nos condoléances pour la mort de votre cousin, Déodat de Sainte Fouillouse…
- Qui ça ? demande Flora qui n’en a jamais entendu parler puisque son mari est mort sans lui en avoir rien dit. Il faut avouer qu’il ne s’était jamais beaucoup intéressé au roman familial. Bien trop occupé à courir la gueuse touristique, le salopard.
- Déodat de Sainte Fouillouse, reprend le notaire à l’intention de Finette. (Son long profil jaunâtre dont il équilibre le nez en fer de hache par un renversement marqué de la nuque, ignore délibérément Flora : il n’a pas affaire à elle) (S’il baisse un peu la tête, il tombe en avant, se dit Flora) (S’il tombe en avant sur ma table il me la fend en deux, poursuit-elle in petto) (Elle en rit toute seule, ce qui achève de la discréditer dans l’esprit très formaliste de Maître Gaston Brunières, qui déteste les escargots). A défaut d’héritiers directs, il vous a désignée comme étant sa légataire universelle.
- Parce qu’il me connaissait ?
- Sans aucun doute, puisqu’il a enregistré son testament officiel en mon étude peu de temps avant sa mort. Monsieur Aloïs Guétotrou-Kifumsec, qui m’a dit vous connaître, en a été témoin, avec Maître Tombou, mon associé.

Maître  Tombou, aussi grand que maigre, visage émacié et regard d’aigle derrière un pif impressionnant, mais, plutôt nasique, ou tubercule, disons patatoïde, salue à son tour. 

  Finette se souvient en effet d’un certain Aloïs Guétotrou-Kifumsec, qu’elle a rencontré à Andøya, pendant ses études. Quinquagénaire très digne, aux tempes argentées et rosette à la boutonnière, il se parfumait discrètement à la lavande avec une pointe de patchouli, dans un style très 1925. C’était un important délégué de l’Imporium. Elle s’en souvenait comme d’un « client » difficile, lors des quelques redoutables exercices de « communication corporelle » qu’il lui avait fait subir.

 
- Monsieur de Sainte Fouillouse m’a confié peu avant sa tragique disparition qu’il pensait que vous, sa cousine, seriez sans aucun doute capable de reprendre l’ensemble de ses affaires et de prolonger ses actions dans tous les domaines. Y compris dans les plus… confidentiels… Vous avez bénéficié à Andøya d’une excellente formation générale, commerciale et même… spéciale, vous avez fait vos preuves, et si des circonstances… imprévues et imprévisibles n’avaient pas ainsi brisé le développement de l’entreprise de votre employeur, que nous connaissions bien, vous auriez sans aucun doute été appelée à jouer un grand rôle au sein de son organisation et nous aurions certainement été amenés à collaborer…

  - Attendez, reprend Finette qui décidément n’y comprend rien. Qui était ce Monsieur et de quelles « affaires » me parlez-vous ?

- Monsieur de Sainte Fouillouse a créé la chaîne internationale des boutiques Tapas’Embal’. Il remplissait aussi d’autres fonctions au sein d’organismes internationaux, que nous représentons également, et dont nous vous parlerons ultérieurement. Mais vous devez savoir que cette succession restera sans frais et ne pourra comporter pour vous que des avantages puisque ses revenus seront infinis et que vous ne serez soumise à aucune obligation autre que de réussir… Ce dont Monsieur de Sainte Fouillouse était persuadé… En fait, et outre une confortable fortune, très sagement et très largement défiscalisée, il vous laisse surtout sa succession à la tête de ses affaires.

- Et de quoi est-il mort ce cousin généreux et inconnu ? demande Flora méfiante.
- Il n’a pas eu de chance, il quittait Tanger sur son yacht quand La Bombe de Gibraltar a explosé. C’était lui qui se trouvait là et que vous avez dû voir, comme le monde entier, sur la vidéo de l’explosion.
- Effectivement, ce n’est pas de chance…
- Heureusement que ses dispositions étaient prises, la dispersion de telles affaires est toujours catastrophique. C’est vous dire à quel point vous êtes attendue… Monsieur de Sainte Fouillouse nous a confié le soin de vous en informer dans le détail et d’organiser sa succession. Nous vous proposons donc de nous accompagner, d’abord à Paris, puis à Madrid et partout où sont situées ses usines, ses boutiques et toutes leurs ramifications… Et bien sûr de prendre contact avec ses relations d’affaire, dont Monsieur Aloïs Guétotrou-Kifumsec est le représentant direct, mais qui, vous le comprendrez pour y être quelque peu initiée, ne veulent pas apparaître…

  Le lendemain, Finette quittait les Ardennes. 

  Malgré les mises en garde de Flora :
- Attention, ma fille, on ne réussit pas en faisant le malheur des autres et ces oiseaux-là ne m’inspirent pas confiance… N’oublie jamais ton Pain de Couleuvre…
- Pour savoir comment on réussit, maman, il faut au moins essayer !
- C’est ce que pensait ton père et tu lui ressembles beaucoup par moments. Mais n’oublie pas ce que disait Philippe Auguste : « Il n’y aura jamais de construction noble si l’architecte est ignoble »…

Elle est comme ça Flora, inquiète pour sa fille et férue de citations originales et vertueuses qu’elle découvre au hasard de lectures disparates à fleur de magasines. 

 
Et Finette, attendrie, lui a fait une bise sur le front, entre ses boucles grises.

  L’année suivante, elle avait repris en main toute l’organisation des boutiques, s’inspirant de l’initiative expérimentale de Begoña-Conception et de Gerañum-Assomption à Saint Tignous sur Nivette, qui est très vite apparue comme la plus efficace dans cette période difficile. Elle a reçu l’appui d’Arnaud Boufigue qui lui-même était en pleine création et développement du concept des Super Trocs.
 
Elle avait aussi découvert la fonction que Tapas’Embal’ remplissait auprès de l’Imporium d’Aloïs Guétotrou-Kifumsec. Du moins, ce qu’ « on » lui en avait montré. Et ce qu’elle en avait deviné.
Elle avait également fait la connaissance de Monseigneur Gerhardt Zeeman, « contact » ecclésiastique de feu Déodat, qu’elle regrettait décidément de ne pas avoir connu de son vivant…

  Et aujourd’hui, Finette va prendre officiellement ses fonctions au sein de Tapas’Embal’, en inaugurant l’établissement de Saint Tignous sur Nivette, et cela en présence du Maire, du Conseiller en matière d’économie électorale, dont elle a découvert qu’il est aussi un lointain cousin, et du chanoine Onésiphore Biroton, curé de Saint Tignous sur Nivette, puisque Tapas’Embal’ occupe l’ancien presbytère, et entretient des relations privilégiées avec les instances religieuses.

 
Aloïs Guétotrou-Kifumsec, de l’Imporium, lui a annoncé qu’il viendra lui aussi avec Gaston Brunières et Marc Tombou, les notaires parisiens, et une « personnalité » qu’elle ne connaît pas encore.
  Après l’inauguration, ils partiront tous ensemble pour un lieu qu’il n’a pas précisé, « où elle aura connaissance de l’ensemble de leur projet de développement »…

Elle connaîtra mieux l’Imporium (dont, au fond, elle ne sait pas grand-chose) et elle saura enfin quels sont les objectifs qu’il poursuit.

On lui enverra une voiture…
 
Finette en est toute excitée.

 
Mais en attendant, il y a l’inauguration. 

  Ce sera sa première manifestation officielle dans sa nouvelle fonction, ce qui ne l’angoisse pas outre mesure, mais lui apparaît surtout comme une sorte de revanche après son départ prudemment précipité d’il y a deux ans.

 
A trois heures, on lui annoncera que son chauffeur est arrivé.

  A quatre heures, elle entrera à Tapas’Embal’…
 


[1] FCD, Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution, regroupe les entreprises du commerce de gros et de détail, avec une activité spécialisée alimentaire ou non-alimentaire.

Les enseignes adhérentes à la FCD sont : 8 A HUIT ; 1000 FRAIS ; ALDIMARCHE ; ATAC ; AUCHAN ; BOULANGER ; CARREFOUR ; CASINO ; CASITALIA ; C’ASIA ; CHAMPION ; COCCIMARKET ; COCCINELLE ; COMOD ; COOP ; CONFORAMA ; CORA ; CORSAIRE ; DARTY ; DECATHLON ; DIAGONAL ; ECO SERVICE ; ECOFRAIS ; ECOMAX ; ED ; FRANPRIX ; G20 ; GEANT ; GO SPORT ; INNO ;

LA VIE CLAIRE ; LE MUTANT ; LEADER PRICE ; LEROY MERLIN ; LIDL ; MARCHE PLUS ; MAXICOOP ; MAXIMARCHE ; MAXIMO ; METRO ; MIGROS ; MONOPRIX ; NICOLAS ; NORMA ; PC CITY ; PENNY ; PETIT CASINO ; PETIT CASINO 24 ; PICARD ; POINT COOP ; PROMOCASH ; PROVENCIA ; PROXI ; PROXI SERVICE ; PROXIMARCHE ; RECORD ; ROND POINT ; SCORE ; SHERPA ; SHOPI ; SITIS ; SPAR ; SUPERMARCHES MATCH ; TOY’R’ US ; VIVAL ; VOTRE MARCHE.

Pour un volume d’affaires de 162,6 milliards d’€.
Source : FCD, mars 2006

[2] Gertrude continue de louer à Arnaud un immense appartement dans sa grande maison proche de la MJC. Arnaud qu’in petto elle continue d’appeler Sri Mardouk Shankara depuis qu’il l’a convertie à la sainteté des thèses développées par les Écolocroques.

LES ÉLUS CANNIBALES ? / P2C3E20

P2C3E20 (Partie 2 / Chapitre 3 / Episode 20)

 
N° 144 / LES ÉLUS CANNIBALES ? / P2C3E20

 
C’est l’histoire où Eusèbe Malfort se demande, dans un article de son journal, si les Élus doivent être considérés comme d’horribles criminels cannibales. C’est la fin de la deuxième partie du feuilletonton de Tonton Raspoutine. La troisième est prête…
 
Mardi 7 juin
17 heures

La Lanterne du Fort

  Article publié ce jour dans le journal régional «  La Lanterne du Fort » :
 

Les Élus cannibales ?

C’est tout naturel…


 


Du nouveau à Saint Tignous sur Nivette, qui depuis les « évènements » d’il y a deux ans, lorsque les Écolocroques s’y étaient installés, somnolait dans une paix retrouvée. Chacun était retourné à ses occupations paisibles, on avait tout fait pour oublier de possibles rancoeurs en une sorte d’amnistie tacite…


On aurait quand même pu remarquer un fait insolite : cette cité, donc, avait été choisie comme base de départ par les Écolocroques. Bien. Cela, c’est du passé. Mais voilà que, par l’un de ces miracles qui font que la foudre peut frapper deux fois au même endroit, cette cité donc, se trouve avoir été également choisie par les « Élus » pour être le « berceau » de la Nouvelle Réna !


Vous me direz comme il se doit : « c’est tout naturel »…

  Bien sûr, les Élus restent nimbés d’une brume de mystère, d’une aura de transcendance, d’une distance sacrée qui les rend à la fois précieux et indiscutables dans leur perfection…


Tout le monde, et surtout, tous les Initiés, les nombreux Initiés, tout le monde reconnaît le plaisir que procure leur approche, l’étrange bonheur que l’on éprouve à côtoyer leurs Mystères, à la fois si simples et si étranges que ceux qui les touchent n’en conservent qu’un souvenir heureux et vague…


Tous les Initiés savent quelle joie procure l’approche renouvelée de ces retrouvailles fusionnelles qui, deux ou trois fois par semaine, les amène à processionner autour du Putier central, joie maintenue active par la consommation assidue des Saucisses de Pyxide que procure

la Nouvelle Réna. 

  C’est tout naturel… 

  Même si c’est un peu cher…


Mais non, voyons, les réunions sont « indemnisées »…
 
Nos lecteurs locaux savent déjà, et les autres l’apprendront certainement avec plaisir, que ces fameuses Saucisses sont, ou plutôt, étaient fabriquées ici, à Saint Tignous sur Nivette, dans l’usine dite Lartigo, du nom de son fondateur (en dernière minute, nous apprenons que cette production est « délocalisée » à Bordeaux). Bref. L’usine Lartigo a été rachetée il y a peu par une certaine Finette de Sainte Fouillouse, charmante jeune femme dont les Tignousais sont pour la plupart en droit d’ignorer le nom. Mais pas l’image, puisque c’est son visage radieux qui figure avec celui de l’Élu sur les innombrables affiches et publicités où il se prépare manifestement à l’embrasser, comme il embrasserait sans doute une épouse très chère…


Et quelle Initiée ne rêverait d’être ainsi épousée par l’Élu ?

  Saint Tignous sur Nivette a donc encore été distinguée par le sort.

  Or, voici quelques jours, disparaissait l’une des personnes les plus proches de ce « berceau » de

la Nouvelle Réna que nous évoquions plus haut :


Tout le monde, à Saint Tignous a rencontré Gertrude Pilon, et connaît son caractère enjoué et pétulant. Ses parents ont été d’honorables commerçants de notre ville et ils lui ont laissé de quoi vivre facilement. Poussée par sa nature militante, elle a mené diverses activités bénévoles au sein d’associations écologistes, basées pour la plupart d’entre elles, à la MJC.


A ce titre sans doute, elle s’est trouvée « en première ligne » lorsque les Écolocroques ont ouvert leur bureau de recrutement dans notre ville, et c’est avec toute la fougue de sa sincérité qu’elle a collaboré à ce mouvement bourré de bonnes intentions… et de sous-marins atomiques. Comme beaucoup, elle s’est dit que

la Cause méritait

la Menace, et que

la Menace exclurait l’Action…


Nous savons tous comment s’est achevée l’histoire. (voir Résumé Première Partie)


 
Je ne reviendrai pas sur les manipulations et les enlèvements, dont ma famille, mes amis mes collaborateurs et moi-même avons été victimes de la part des « Numéros » qui dirigeaient en sous-main cette organisation qui visait rien moins que l’instauration d’un pouvoir totalitaire sur la planète. 

  Curieusement, mais c’est certainement un hasard, ce premier bureau des Écolocroques, à Saint Tignous sur Nivette avait été placé sous la direction d’une certaine Finette de Sainte Fouillouse, celle-la même qui a racheté les conserveries Lartigo pour y fabriquer les Saintes Saucisses de Pyxide, celle des affiches que nous évoquions…

  Bref, Gertrude a disparu. Comme, avant elle, a disparu, voici un mois, Arnaud Boufigue, créateur du système Super Troc, depuis « reconverti » en l’un de ces  « C’est tout naturel  », qui hébergent

la Nouvelle Réna un peu partout en France et dans le monde me dit-on.

  Mais il doit s’agir d’une autre sorte de disparition, puisque Arnaud Boufigue fait l’objet d’un mandat d’arrêt international après l’assassinat encore non élucidé de notre collaborateur Luis Ottouadla…
  Lundi, une information confidentielle a conduit le Commissaire Ravot, qui dirige les services de police de Saint Tignous sur Nivette, à effectuer une perquisition dans la fameuse conserverie.


Jusque là, rien que de routine, pourrait-on penser, et tous les restaurateurs et artisans bouchers, pâtissiers ou poissonniers de la ville et d’Europe subissent des contrôles de la part des services d’hygiène sans que ces contrôles soient baptisés « perquisition », et sans qu’interviennent des forces de police ! Alors, pourquoi ce déploiement de képis ?

  Avertis de l’opération par un informateur, nous avons pu y assister de l’extérieur, la perquisition proprement dite restant bien sûr confidentielle.


C’est avec surprise que nous avons observé qu’il avait fallu faire usage de la force pour pénétrer dans l’établissement, gardé comme un véritable bunker ! Et le commissaire Ravot s’est trouvé confronté à l’opposition formelle des édiles de la cité, à savoir, Monsieur le Maire, ceint de son écharpe, et le Conseiller en matière d’économie électorale, Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse (que l’on dit lointain cousin de Finette), qui ont protesté contre « ces méthodes policières honteusement brutales et indignes de notre République». (Notre photo)


Nous supposons que les édiles ont été avertis de la perquisition par la direction de l’usine, puisqu’ils s’y trouvaient. La direction de l’usine était donc elle-même au courant. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à bénéficier d’informations. Mais s’il est légitime d’avertir la presse, il l’est moins de prévenir le suspect… Les édiles ont refusé de nous recevoir pour répondre à nos questions. Il aurait sans doute été intéressant de savoir en quoi cette suspicion pouvait les concerner… Quant à Madame Edmonde de la Vorme Séchée, qui dirige l’établissement, elle reste égale à sa réputation de silence impénétrable. N’a-t-elle pas été surnommée « le Sphinx » par ses employés ? Mais chutt, ne compromettons personne… 

  Revenons à la perquisition : elle a donné lieu à des prélèvements, effectués sur les stocks de matière première et de produits finis. Aurait été également saisi du matériel informatique.

  Or, hier après-midi sont tombés les premiers résultats issus des analyses des prélèvements effectués :

Ont été trouvés dans un incinérateur quatre implants dentaires, identifiés formellement pour avoir appartenu à Gertrude Pilon, d’une part. D’autre part, des traces d’ADN humain ont été relevées dans l’un des lots de saucisses analysés…

 
À fin conservatoire, toute la production aurait dû se trouver saisie. Las, elle avait déjà été, elle aussi, « délocalisée » à Bordeaux…

  La directrice de l’établissement, madame Edmonde de la Vorme Séchée a été interrogée par le commissaire Ravot et remise en liberté après avoir fourni diverses indications qui sont restées secrètes.

  Nous tiendrons nos lecteurs au courant des développements de cette affaire.

  Le dossier complet « Écolocroques » est disponible sur le site de notre journal.
 Eusèbe Malfort.


Dernière minute

Un enlèvement à Saint Tignous sur Nivette


 


Nous apprenons l’enlèvement, ce matin à onze heures de « Jo et Ted », deux jeunes compères bien connus de Saint Tignous sur Nivette où ils font l’objet d’une estime générale. L’enlèvement s’est produit « chez Mado », le bar de la place de

la Mairie, rendez-vous des jeunes et des moins jeunes, pour une fois désert à ce moment de la journée. Jo et Ted, qui y avaient leurs habitudes, venaient d’entrer dans le bar « pour prendre un café avant d’aller au travail », nous a raconté Mado, « lorsque deux individus déguisés en gangsters américains  les ont braqués avec des espèces de pistolets en plastique jaune ». Mado, qui s’est courageusement interposée, a alors reçu une violente décharge électrique, émise par l’une de ces armes, dans laquelle le commissaire Ravot a reconnu un taser, arme incapacitante utilisée par la police américaine, qui délivre des décharges de 50 000 volts.


Lorsqu’elle a repris connaissance, tout le monde était parti !


Ni Jo, ni Ted ne se sont présentés à leur travail, à la conserverie Lartigo, et ils ne sont pas revenus à leur domicile.

  Il est évident que ni l’un ni l’autre ne dispose d’une fortune quelconque qui justifierait un enlèvement crapuleux visant une demande de rançon. Ces jeunes gens étaient d’anciens camarades de Luis Ottouadla, tragiquement assassiné il y a environ deux mois, comme nous l’avons rappelé plus haut.

 
Le commissaire Ravot lance un appel à témoins : toute personne ayant, soit assisté à la scène, soit rencontré l’un de ses protagonistes, doit le contacter au plus vite au commissariat de Saint Tignous sur Nivette.


Et voilà, conclut pour lui-même Mouchoir en mettant la dernière main au texte qu’Eusèbe lui a fait passer sur quelques feuillets arrachés à son bloc. Inutile de le faire relire… Depuis le temps… Mouchoir a un regard attendri pour les pattes de mouche qu’il vient ainsi de transcrire sur le clavier de l’ordinateur. Il a un soupir nostalgique pour le temps pas très lointain où il tapait le texte sur sa machine mécanique avant de l’envoyer par pneu à la compo où les linotypistes…

Allez, on finalise…
  Une dernière touche à presser et le journal tout entier est transmis par satellite à ses abonnés Internet, professionnels ou privés, partout dans le monde. Il arrive aussi à l’imprimerie, au sous-sol, pour les quelques dizaines de milliers d’abonnés régionaux qui devraient en recevoir l’édition papier demain à l’aube.
 

Le problème reste de savoir quand ils le recevront effectivement !
  Depuis que le temps fait des siennes et que les communications sont devenues aléatoires, on ne peut plus jurer de rien.
 

Et cependant Mouchoir est resté optimiste : le Patron s’en tirera. Arthur reviendra. Arthur sauvera le Monde !
 

Mais il est peut-être le seul à y croire encore…

 

ET C’EST LA FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

PERSONNAGES, LIEUX et TRUCS


On y trouve 7 rubriques :

Les noms soulignés renvoient à des rubriques particulières: cliquer dessus et c’est gagné.

Les Héros
les Méchants
les Autres (plus ou moins Bons, plus ou moins Méchants)
les “Autres”,
les Potions, les Drogues et tout ça
les Bleds
 les Institutions, les Choses, les Machins

Les Héros

  ü      Amaïa, fille de Clèm et de Victor, Tima en Tijules

ü      Amélie Fouad (chimiste, toxicologiste), œil droit céladon (mystique, tendre), œil gauche malachite (scientifique, dur) appelée Amélie-Qui-A-Des-Yeux-Comme-Les-Vagues-L’Hiver par les Goums de l’usine. Tata Lie en tijules. Ses promesses tiennent la route, contrairement à ce que l’on pourrait croire.

ü      Béatrace, dite Moustache : rédactrice au Matois. Mère de Tijules. Mama Béa, en tijules.

ü      Bichy : C’est le nom qu’Hélène donnera à son fils.

ü      Bichy : surnom d’Hector Picoriau. Voir à ce nom.

ü      Bramecourt Joël (Lieutenant): adjoint du commandant du Bouton.

ü      Buchmol : adjudant de gendarmerie Marinoval.

ü      Catachrèse (Lucien) : Commissaire de la police scientifique (physicien), stature d’ours, visage ingrat dissimulé sous une barbe irrégulière, petites lunettes à monture d’acier qui couvrent un regard flou et cheveux aussi rares que gris.

ü      Clémentine-Esméraldine Kaligourian, dite le Canon du Boulet ou Clèm : Courriériste aux Cœurs Fondus à
la Lanterne du Fort, journal Régional. C’est la femme de Victor Bourriqué, dit le Boulet. Tata Clèm en tijules.

ü        Cloclo Chatapus : hôtesse de l’air. Très gentille.

ü      du Bouton (Patrick) : commandant de la garde Républicaine. Ermantrude Filosselle du Bouton, née de Torte, est son épouse.

ü      Dubrieux : Flic. Brigade Financière Paris.

ü      Elasque-Jean Kronobian : ingénieur météo du Pic du Midi ; barbe de prophète grisonnant.

ü      Esche (Frêne) : Voir les « Méchants ». Très bien recyclée dans les Bons.

ü      Flora de Sainte Fouillouse née Leberne : mère de Finette. Sorcière. Apporte le « Pain de Couleuvre », qui protège la mémoire. À base d’hellébore noir. Le Pain de Couleuvre, bien sûr.

ü      Foutral : juge d’instruction.

ü      Hector Picoriau : affréteur à la Marée au Petit Port (dit Bichy (basque) = débrouillard) petit ami d’Hélène. Martyr du crabe.

ü      Hélène Miravarre : (son pseudonyme est Edgar, au début), à l’origine, vend du Pain d’Algues. Fille de Marie Miravarre.

ü      Frère Jean des Entonnoirs (de l’Ordre des Frères Mineurs, OFM), de son vrai nom Orson Berserkir öd Bärne (voir à ce nom).

ü      Jeanne, ou M’me Marty ou le Dragon (au début) : secrétaire de Timoléon Malfort qu’elle appelle Zèbe. Tatane, en tijules.

ü      Jules Tefigue, dit Whisky-soda : rédacteur au Matois. Martyr du crabe.

ü      Kératine : Procureur de la République. A fait ses études de droit avec Ravot.

ü      Le Dentec : gendarme.

ü      Lepif (Inspecteur) : OP, lieutenant de Ravot. Grand, costaud, rapide et plutôt rugueux.

ü      Luis Ottouadla : Journaliste stagiaire à La Lanterne. Martyr des Élus.

ü      Mado : patronne du bar de Saint Tignous sur Nivette. Madeleine Picaillon, ex Madelin Picaillon. 40 ans, 1,85 m, 95 kg. Verrue à poils au-dessus de la lèvre supérieure, à gauche. Grosse poitrine. Respectable. Fut Zézette pour les intimes du Bois.

ü      Malfort Arthur (dit OGM : Organisme gros Module) : directeur rédac-chef de la Lanterne. Papatur (Papa Arthur) en tijules.

ü      Malfort Eusèbe (L’) : père du précédent, fondateur de la Lanterne. Héros de la Résistance et du fort de Saint Tignous sur Nivette. L’Eusèbe Malfort : se contrepète en « …. ». C’est un secret…  Pépé Zèbe en tijules.

ü      Marcel : fils d’un ancien ami d’Eusèbe Malfort. Belge. Historiographe de la fin de l’histoire. Dessinateur.

ü      Marie Miravarre, dite la Bonne Marie, ou Marie Bon Pain, qui tient la boulangerie écologique de la mer, à La Marée au Grand Port. Tata Lène en tijules.

ü      Marnier (Docteur) : légiste de St Tignous.

ü      Martial : OPA. Un homme jeune en imperméable mastic et grosse écharpe tricotée de laine bleu marine qui lui monte sous le nez.

ü      Milou Panosier : police scientifique (biologiste et légiste). Spécialiste polyvalent de tout.

ü      Mouchoir (Jules), secrétaire de rédaction de la Lanterne.

ü      Orson Berserkir öd Bärne, dit Akslaq, pour l’état civil, fils de Bero Akslaarjuk (Petit ours noir ) et de Artio Arnainnuk (Gentille femme). Du peuple des Ardhsz. Ou des Ours.

ü      Pourticol Jean-Marc : planton du commissariat de Saint Tignous sur Nivette.

ü      Ravot (Jules) : Commissaire de police de Saint Tignous sur Nivette. Pas très grand ni trop petit, pas trop gros mais bien dodu, plutôt rond. Se révèlera poilu.

ü      Rébéquée Taritournelle : rédactrice au Matois. Dite Ouôtâne (la Guerrière) par les Goums. Tata Béquée en tijules.

ü      Tijules : fils de Béatrace et de Arthur. Ne vient pas tout de suite. Faudra attendre la deuxième partie. Parle tijules, une langue qui lui est propre et que comprennent quelques Grands privilégiés. Dont les Goums.

ü      Victor Bourriqué dit le Boulet ou Vic : Rédacteur en chef du Petit Matois Subreptice, journal local. Tonton Vic, en tijules.

ü      Vixente Arxanotirigorrybordeberry : maire de Marinoval.

ü      Vladimir : « ordonnance » de Vic et Clèm sur le Hai II.

  Les Méchants

  ü      Aloïs Guétotrou-Kifumsec : délégué de l’Imporium. Membre de « l’équipe des Investisseurs ».

ü      Begoña-Conception et Gerañum-Assomption : sœurs jumelles tenancières du Tapas’Embal’.

ü      Birke (Bouleau) : Amazone venue sur le Patriarche avec Esche et capturée. Parle à Hélène qui s’est déguisée en Patronne. Tuée par Öoumloc.

ü      Boufigue (Arnaud) : alias Sri Mardouk Shankara, agent de surface des Écolocroques, chargé de mission à Saint Tignous sur Nivette. Yeux clairs, cheveux noirs.

ü      Brunières Gaston : « notaire » parisien. Assistant ingénieur du Mentor.

ü      Daniel Forpris : Executive Director de Super Troc, adjoint de Boufigue.

ü      Déodat de Sainte Fouillouse : cousin de Finette, armateur producteur de cinéma.

ü      Edgar Maupuis : remplaçant de Daniel Forpris.

ü      Edmonde de la Vorme Séchée : directrice de Lartigo, la conserverie de saucisses de Saint Tignous sur Nivette, pour le compte de la Nouvelle Réna.

ü      Esche (Frêne) : Amazone venue sur le Patriarche désintoxiquée par le moine. Appelée Miséricorde par les autres Amazones. Elle a rejoint les « Bons » après avoir été définitivement convertie par Frère Jean.

ü      Finette de Sainte Fouillouse : chargée du bureau de recrutement de Saint Tignous sur Nivette. Cousine ignorée d’Hilarion-Jovial. Devient l’Épouse. Sa mère lui prépare du « Pain de Couleuvre ».

ü      Freakcolaa « Zwarte Freak » Naarcofiie, dit Narco : Ministre du Confort. « Guide Naturel » de la Nouvelle Réna.

ü      Humevesne et Suceprout : tueurs de Ted et Jo. Humevesne, tueur, dit Pic à Glace, dit Droit au Cœur,  Suceprout, dit

la Bricole, dit Couverture.

ü      Igor Mélangeovitch Partousian : commandant du Hai I.

ü      Igor : serveur sur le Haï II.

ü      Joseph Larigot : technicien informatique à Thulé.

ü      Karl : homme de main.

ü      Léon Bournemol : assistant technique de Maupuis.

ü      Les Élus : incarnent la NRA. Leur age : 19 ans. Fils et fille jumeaux du N°1.

ü      Markus : autre homme de main.

ü      Merry : Amazone. Tue Hilarion-Jovial.

ü      Monseigneur Gerhardt Zeeman : « contact » ecclésiastique des Écolocroques.

ü      Oberst Kuhhirt : Numéro Deux, père du Numéro Un, fondateur des Écolocroques.

ü      Paul Dupond : Responsable de l’Usine de saucisses de Bordeaux.

ü      Piotr : ordonnance du N° 1.

ü      Pouacre (Adolf) : Numéro Cinq, époux du Numéro Quatre, elle-même fille du Numéro Un. Petit et noir de poil, un long cou de vautour à la pomme d’Adam saillante, coiffé au bol largement au-dessus des oreilles, tout de noir vêtu, petit bonhomme sec et nerveux qui s’avance en tordant le cou.

ü      René Lemol : adjoint de Paul Dupond. 

ü      Tombou Marc : « notaire » parisien. Ingénieur, plutôt mécanicien, lié à l’Imporium.

ü      Tomie la Louve : Amazone (Lobo Tomie) Tuée par Birke.

ü      Vladimir : « ordonnance » de Vic et Clèm sur le Hai II.

ü      Weide (Saule) : Amazone venue sur le Patriarche avec Esche. Devient secrétaire du Prédlarép.

ü      Zdoum : Pour les membres de la NRA (Nouvelle Réna), c’est un profane, non initié.

  Les Autres, plus ou moins Bons, plus ou moins Méchants

  ü      Anton : peintre hollandais qui peint la Place Rouge à Moscou.

ü      Badisoche et Taisu (Tésuganovitch) : A l’origine, initiés de « combat » ; anciens légionnaires.

ü      Basile Croitou-Espérandieu : Commissaire Principal Bordeaux.

ü      Belcoucou Félicien : maire de Saint Tignous sur Nivette. Bajoues.

ü      Benoîte Franchon : amie de la sœur d’Hilarion-Jovial. Ménagère.

ü      Bricolat Mulot : écolo-candidat.

ü      Eléonore Fentasou : PPP (péripatéticienne professionnelle patentée) de compétition. Meurt.

ü      Gertrude Pilon : écologiste, secrétaire du Mouvement du 18 août. A cette heure, personne n’ayant pu expliquer d’où vient ce Mouvement du 18 août, et surtout, pourquoi le 18 août, j’en suis réduit à offrir un Carambar à tout lecteur qui se montrera capable d’éclaircir ce mystère. Les saucisses « Gertrude » portent le N° de lot 16598a-38. 

ü      Grobiane : responsable de communication de la mairie de Saint Tignous.

ü      Hémi : secrétaire de Varochaix. Adepte Proana.

ü      Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse : Conseiller en matière d’économie électorale. Candidat à tout ce qui rapporte (des sous, de la gloire, du pouvoir). Promoteur et propriétaire du lotissement des 6000 et de l’hôtel Marengro.

ü      Jo, Ted (devrait épouser Nicole) et Momo : jeunes de St Tignous. Clients chez Mado. Travaillent chez Lartigo.

ü      Joseph Fabisch : sculpteur, coupable de la Vierge de Lourdes (comme ça, en passant).

ü      Le Vacher Arsène : Conseiller financier d’Hilarion-Jovial. Susceptible.

ü      Lebièvre : mari d’Ordegale-Junie de Sainte Fouillouse.
 
ü      Marsyas : satyre phrygien écorché vif par Apollon pour l’avoir défié (et donc coupable d’hybris).

ü      Michoska : secrétaire de l’Ambassade de France à Moscou.

ü      Onésiphore Biroton : Chanoine, curé de Saint Tignous sur Nivette. Très Fleur bleue. 

ü      Onoruame : dieu créateur chez lesTaharumaras.
 
ü      Ordegale-Junie de Sainte Fouillouse : sœur d’Hilarion-Jovial. Invente la Méthode à Six Mille.

ü      Pélot : OPA quinquagénaire ventripotent et essoufflé affublé d’une cravate jaune canari.

ü      Rauni : Femme du dieu finnois de l’orage Ukko.

ü      Scope Isidore (Père I. Scope) : Père Blanc. Découvre la bombe de Lourdes.

ü      Sraosha : dieu justicier chez les Mèdes.

ü      Tiburce Véhicule-Petit : directeur MJC de Saint Tignous sur Nivette.

ü      Varochaix : Nari-chef du Conseil Municipal de Saint Tignous sur Nivette. Garagiste. Un mètre cinquante trois et demi. Chausse du 36.

ü      William B. Mac Faithfull : Green Bill, journaliste au Washington Post.

ü      Yann Marbeuf : « écorché » des Chonos, électricien.

  Les « Autres », encore appelés les Goums

  ü      Amaïa : (déesse mère basque). La Nouvelle Mère, qui succèdera à Ônyà. Tata Maïa, en tijules.

ü      Ardhsz : Clan des Ours, dans les Zmyhlpathes de Syldardurie. Frère Jean en est originaire.

ü      Chochos ou Cascarots : eux-mêmes se désignent sous le nom de Goums, les Humains. Habitants étranges de

la Marée au Petit Port. De chochoa (basque) = le merle, l’imbécile, le sot. C’est le nom que leur donnaient les habitants de l’extérieur, et que leur donnent les Méchants.

ü      Daouj : compagnon d’Arthur Malfort en Patagonie, assassiné par l’Élue.

ü      Gaouâ : conductrice de locotracteur.

ü      Gardes d’Agotchilho : vêtus d’un uniforme paramilitaire bleu hirondelle couvert d’une ample cape plombée et armés d’un bâton blanc perfectionné, copié du makila basque.

ü      Goums : les « Humains ». Habitants de la Marée au Petit Port. C’est le nom qu’ils se donnent. Voir Chochos. Parlent le goum.

ü      Goumyôs : Goumyôs les « Humains d’à côté ». Les Autres, les Homo sapiens, vus des Goums.

ü      Isœu: diminutif en tijules de Ptite-Sœur, en fait, c’est Rébéquée, fille d’Amaïa. 1 an plus âgée que Tijules.

ü      Itzal : « ombre » (basque) Ceux des Chochos qui ont étudié chez les Goumyôs.

ü      Mnouay : « Mère » des Chonos.

ü      Mouye : Gardienne qui va se rendre à Thulé. Itzal, alias Bertille de la Roche Affairée.

ü      Noumâou : vieille Goum de Mémoire. Assiste à l’enlèvement d’Arthur par le Crabe.

ü      Namayou : Gardienne goum.

ü      Nouye : sœur de Mouye. Reste à Agotchilho.

ü      Ônyà : la Vieille (

la Mère).

ü      Ôoumloc : Le Crabe Ôoumloc. Terrible.

ü      Ouaniahou : gardienne tuée par Tomie la Louve.

ü      Ouâniahoua : autre gardienne, qui capture Tomie la Louve.

ü      Pouyagoumyôs : Ceux qui sont derrière la porte de fer, en goum. Les Nazis.

  Les Potions, les Drogues et tout ça

  ü      Améline : alcaloïde de la peau de saucisse. Découvert par Amélie Fouad.

ü      Annihiline : poudre mise au point par Amélie qui annihile les effets des drogues Réna.

ü      Catatonine : drogue qui provoque la catatonie. A base de tétrodotoxine.

ü      Criticine : Annihiline améliorée.

ü      Décontaminant Total : ultime désintoxiquant mis au point par Amélie, Flora et Amaïa.

ü      Détoxicant : supprime les intoxications de conditionnement ; utilisé par la Nouvelle Réna.

ü      Hypnofascination : méthode de conditionnement psychologique du docteur Pouacre. Utilise un disque hypnotique lumineux. S’est inspiré de Septimus.

ü      Pain de Couleuvre : contrepoison de Flora, à base d’hellébore.

ü      Percutacrime : poison violent des Amazones.

ü      Potions goum de paix, de mémoire, d’amour, de pouvoir.

ü      Stimuline : drogue équivalente à l’annihiline, utilisée parla Nouvelle Réna pour rendre conscience à ses victimes.

Les Bleds

  ü      Agotchilho : ancien nom de la Marée au Petit Port (et de tout ce qu’il y a derrière). Le Trou des Cagots en basque. Désigne la ville secrète des Goums.

ü      Andøya : base des Écolocroques de Norvège. Près de Bodø (39000 habitants, aéroport). Avion  taxi jusqu’à Haugnes (240 km)  ville la  plus proche (1000 ha) puis entrée secrète de la base à 10 km.

ü      Archipel des Chonos : base des Écolocroques au large du Chili, 45° lat. Sud, île Guamblin.

ü      Bournefol : à côté de Marinoval.

ü      Dakhla : aéroport « Villa Cisneros », sur la
Côte d’Afrique.

ü      Harpie : base secrète des Élus : 30°N, 28°15’O, au large de Dakhla.

ü      Haystack : base centrale des Écolocroques, leur « nouvelle Thulé ».

ü      Hôtel Marengro : bâti par Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse près du lotissement des Six Mille.

ü     

La Marée aux Ports : Marée au Grand Port et Marée au Petit Port.

ü      Luola : « 

La Grotte ». Ecole spéciale des surnuméraires du clan des Ours des Zmyhlpathes, à Klown.

ü      Maison Chrestia : entrée d’Agotchilho par Marinoval.

ü      Marinoval : un bled au pied des Pyrénées. Entrée de secours au réseau Chocho, à la maison Chrestia.

ü      Omphalie : base secrète des Élus au large du Chili.

ü      Pétoly : village natal de Finette.

ü      Punta Camarinal : base des Écolocroques près de Gibraltar.

ü      Rybachiy : usine secrète russe de construction navale « récupérée » par Pouacre. Dite « base Septentrion ». Désertée après les « évènements ».

ü      Saint Tignous sur Nivette : le bled où ça se passe au départ. Surmonté d’un fort en ruine. Rue principale : la rue du Fort. Habitants : les Tignousais.

ü      Syldardurie, capitale Klown. Pays d’origine de Frère Jean.

ü      Zmyhlpathes (Massif des) : lieu de naissance du moine, en Syldardurie.

Les Institutions, les Choses, les Machins


  ü      C’est tout naturel  : chaîne de  troc, issue de Super Troc. C’est aussi le slogan de la Nouvelle Réna.

ü      Distribeau : groupe de distribution des Eaux aux mains de la Nouvelle Réna.

ü        Flèche d’Argent : Стрелка