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LES CONS


TONTON RASPOUTINE PROPOSE

  1) UN NOUVEL ÉPISODE DE SON FEUILLETONTON :

N°213 / LES CONS / P3C2E24

C’est l’histoire où les Amazones viennent « contrôler » le « travail » d’Arthur Malfort. Alors que se prépare un obscur travail de marquage des Putois Putassiers.


C’est la suite de :

N°212 / UN GÉNIE, CE MENTOR / P3C2E23

 
C’est l’histoire où Edgar Maupuis, le chef du C’est tout naturel de Saint Tignous sur Nivette, est pressé d’agir.

Note consacrée à Frère Jean, en Pages, c’est ICI

Nous découvrons le portrait ému que Tonton Marcel a fait de Frère Jean des Entonnoirs :

clocloorson


Sur Jean Raine, c’est ICI qu’il faut regarder (lien)

Et tant qu’on est dans la peinture, Philippe Jonneskindt, vous connaissez ? (lien)

 
 
Il est bon, par ailleurs, de toujours en revenir aux fondamentaux :


  Une méditation sur la pétologie comparée des sauropodes et des Martiens et leurs conséquences théologiques se trouve ici : 

 
DE LA SOUPE / P3C1E37. 

  Et un rappel de la biographie d’Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, de sa sœur Ordegale-Junie et de leur Méthode à 6000 se trouve sur le
présent lien.

 
On y trouve des liens de rappel pour ceux qui ont pris le train en marche. 

  2) LES DISTRAITS TROUVERONT ICI :

 
LE RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE

  Et ici

 
LE RÉSUMÉ DE LA DEUXIÈME PARTIE

  3) RECHERCHEZ ET RETROUVEZ LES AUTRES ÉPISODES PAR
 

LA TABLE DES MATIÈRES

  Si vous avez faim, la Gastronomie, c’est encore ICI :

 
PETIT GOÛT DE NOISETTE (1) / P2C3E15b

  4) ON TROUVE EN « PAGES »

  Le résumé de ce que nous avons à ce jour découvert sur

 
EDVIGE ET LE VIKING DE CHALOSSE,

LES HOMMES POLITIQUES, (là, il y a du nouveau : on s’intéresse aux rapports entre Barbe et Politique !)

 
LE PEUPLE GOUM.

  5) SANS OUBLIER
 

la PRÉSENTATION
de TONTON RASPOUTINE

  et sa GÉNÉALOGIE

 

  Cliquer sur les liens pour les suivre

Et la Belgique dans tout ça ?

ET

LA BELGIQUE DANS TOUT ÇA ?
 Hier, le 21 juillet, c’était leur fête nationale…


Bien sûr, vu d’ici, des Pyrénées, c’est les Esquimaux-maux depuis l’indépendance du Congo. 
 
Et pourtant… Depuis presque trente ans que je vis sur l’impalpable frontière entre Béarn et Euskadi, il m’arrive de trouver des similitudes lorsque je vois d’aucuns candidats à la députation souffler sur des braises séparatistes pour aller pêcher des voix ou se débarrasser de cantons hostiles et ainsi se donner des chances lors d’une élection… 

 
Et je ne parle pas d’un certain Prédlarép comme dirait Zazie… Ni d’une certaine réforme constitutionnelle (merci, Jack).

 
Alors je livre à vos réflexions une vidéo fabuleuse de l’humoriste wallon François Pirette alias élu-ministre Jean-Marie Pirette ! (pourquoi Jean-Marie ?) Suis pas sûr de parvenir à l’insérer, mais je livre le lien (Ctrl+clic) :

LA VIDEO est supprimée de U-Tube (pb de droits d’auteurs avec la RTB1). Dommage

  Le double langage par lequel on pleure sur les malheurs du « pays » avant de poser des bombes, vous connaissez ? Je parlais de la Corse, par exemple, comme ça…

Merci pour ces documents, Tonton Marcel…

 
TONTON RASPOUTINE

 
Et un entretien intéressant paru dans l’hebdomadaire  « France catholique » avec Luc Beyer de Ryke, auteur de “ La Belgique en sursis”, éd. François-Xavier de Guibert, 165 pp., 15e.

 
FAUT LIRE JUSQU’AU BOUT !

 
Le mal belge
 
lundi 28 janvier 2008

La Belgique pourra-t-elle se relever de la terrible crise politique qu’elle vit depuis de longs mois
?

Avis d’un célèbre journaliste flamand et francophone… 

  Votre histoire familiale est significative. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Je suis né à Gand. Cette ville a vu naître trois hommes célèbres: Charles Quint, Maeterlinck, écrivain francophone des Flandres qui reçut le Prix Nobel de littérature (il faut relire ”La maison dans la dune” -note de Tontonraspoutine-) et De Geyter qui a composé la musique de l’Internationale. Pour ma part, je suis Flamand de langue française. Je suis né dans une ville, où la « bonne société » était divisée en salons catholiques et salons libéraux ; ils se sont ensuite mélangés face à la montée du flamingantisme. J’appartiens par ma famille à la bourgeoisie libérale : mon grand-père et mon père étaient chirurgiens. Mon père est mort jeune et ma mère s’est remariée avec un avocat professeur à l’université de Bruxelles, assesseur au Conseil d’État et bâtonnier à Gand. Mon grand-père maternel était magistrat. Je suis le « mouton noir » de cette famille puisque je suis devenu journaliste !
 
Présentateur du journal télévisé de la RTBF pendant 18 ans, j’ai été au cours de cette même période conseiller provincial de Flandre orientale et pendant 14 ans conseiller municipal de Gand où la loi m’interdisait de prononcer un mot de français.
  Que sommes-nous aujourd’hui, nous francophones de Flandre ? Rien !

Vous avez fait vos études en quelle langue ?

  À l’exception d’un passage de deux années à l’Athénée, j’ai fait mes études en français uniquement. À Gand jusqu’à la fin du secondaire puis à Bruxelles dans l’enseignement supérieur. Dans ma ville natale, j’ai commencé avec les Dames de l’Instruction chrétienne, qui était encore une école francophone, puis je suis allé chez les Frères des Écoles chrétiennes où l’on étudiait également en français. Ensuite ce fut l’enseignement public, à l’école moyenne, puis je suis entré à l’Institut de Gand, qui était une école libre mais non catholique, où les cours de latin, de grec et de français étaient donnés par des professeurs français dépêchés et payés par le Quai d’Orsay. Aucun Belge ne pourrait faire aujour­d’hui le même parcours scolaire en Flandre. Autre impossibilité : au cours de ma vie politique, j’ai été élu dans toutes les régions du pays - à Gand puis à Uccle où je suis toujours conseiller municipal. J’ai été élu comme parlementaire européen dans une circonscription qui regroupait Bruxelles, la Wallonie et le petit territoire de langue allemande. Aucun Belge ne pourrait aujourd’hui être successivement élu par des citoyens appartenant aux trois groupes linguistiques du pays. Sauf, pour l’instant encore – mais pour combien de temps ? - dans le dernier arrondissement bilingue, celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

 
Comment expliquez-vous la crise politique qui a gravement affecté la Belgique dans les derniers mois de 2007

  Cette crise s’inscrit dans un long processus. Mon livre commence avec la fameuse émission de la RTBF annonçant l’indépendance de

la Flandre. En France, on a parlé de canular. Mais cette émission de fiction était plutôt un acte politique. Son animateur, Philippe Dutilleul, est connu en France grâce à l’émission «Strip-Tease»: il m’avait parlé de son projet et songeait à moi pour présenter l’émission spéciale. Il voulait faire prendre conscience de la situation critique dans laquelle

la Belgique se trouvait – et je ne pouvais lui donner tort. Mais j’étais circonspect, je craignais une «prédiction créatrice», l’annonce fictive de la séparation provoquant un choc conduisant à l’éclatement réel du pays. J’ai différé ma réponse, en pensant que cette émission ne serait pas avalisée par

la hiérarchie. Je me trompais: le présentateur en titre du journal télévisé a accepté de jouer son propre rôle dans la fiction et toute la hiérarchie a participé à l’émission. Sa diffusion a provoqué une onde de choc: 80 % des auditeurs francophones ont cru à la véracité de la nouvelle car le scénario était déjà dans toutes les têtes. Chacun savait que tous les dossiers communautaires seraient mis à plat après les élections et que, par conséquent, la formation d’un gouvernement serait ex­traordinairement difficile. L’émission n’a pas créé la crise mais elle a contribué à son emballement.

  Venons-en à ces dossiers communautaires. En France, on ne se rend pas compte de ce que peut signifier leur remise à plat.

Je commencerai par la fin. Du côté francophone, l’écrasante majorité des citoyens ne veut pas la division du pays. Les francophones, bruxellois ou wallons, veulent le statu quo et beaucoup ont la nostalgie de

la Belgique d’autrefois. Les Flamands veulent une profonde réforme de l’État. Mais la majorité des néerlandophones n’est pas séparatiste: seule une minorité -il est vrai importante- milite en ce sens. Mais l’écrasante majorité souhaite un approfondissement du confédéralisme. Or ce confédéralisme est de plus en plus un séparatisme de facto. Nombre de Flamands veulent que

la Sécurité sociale soit coupée en deux, que l’organisation judiciaire soit elle aussi scindée, certains voudraient des plaques d’immatriculation différentes pour les automobiles: la volonté de vivre séparément sous un label commun est flagrante. J’ai souvent en­tendu dire dans des milieux flamands qui ne sont pas nécessairement extrémistes: Avec

la Belgique si l’on peut, sans

la Belgique s’il le faut. Démocrate-chrétien, Premier mi­nistre pendant douze ans, père du fédéralisme, Wilfried Martens croyait que le fédéralisme était un processus qui trouverait un jour son achèvement. Il se trompait: le processus ne peut être arrêté.

  La Belgique a maintenant un gouvernement…

Guy Verhofstadt a réussi un tour de force en mettant sur pied un gouvernement transitoire: il durera jusqu’au 23 mars, date à laquelle Yves Leterme devrait lui succéder. Ce dernier, entouré d’un groupe de personnalités politiques qualifiées de « sages », est en train de préparer des réformes institutionnelles. Nul ne sait ce qui se passera lorsqu’il sera en mesure de les présenter.

  Dans l’histoire de la Belgique, quels sont les facteurs qui expliquent ce processus?

Le premier, c’est bien évidemment la révolution de 1830 et la constitution de l’État belge. À ce propos je précise que la fête nationale belge ne célèbre pas la révolution du 21 juillet 1830 mais le 21 juillet 1831, date de la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold Ier, marié à Louise-Marie, fille de votre roi Louis-Philippe. Il est important de souligner que cet État est né d’une révolution bourgeoise et qu’il va être gouverné en français du nord au sud: toute la classe intellectuelle, les médecins, les magistrats… sont francophones. Il n’y a pas alors une langue flamande unifiée mais des patois qui balkanisent cette partie de la Belgique. Le deuxième fait important, c’est la guerre de 1914-1918.
Avant d’écrire mon livre, j’ai rencontré des personnalités de toutes les obédiences et de toutes les communautés. Quand je parlais à des Flamands, y compris à de jeunes Flamands, tous évoquaient

la Grande Guerre. Pour résumer en une phrase sans doute excessive mais qui est pour les Flamands d’une criante vérité: sur le front, on commandait en français et on mourait en flamand. C’est pendant la première guerre mondiale qu’un petit cercle d’intellectuels flamands se lie à l’Allemagne wilhelminienne. Celle-ci pratique

la Flamen­politik: le gouverneur allemand Von Bissing crée la première université flamande à Gand: on y parle flamand mais on y pense en allemand. Cette université disparaîtra en 1918 mais dans l’entre-deux-guerres on assiste à une montée impressionnante du mouvement flamand. Certains de ceux qui avaient collaboré avec les Allemands pendant la guerre de 1914-1918 reprendront la politique de collaboration pendant la seconde guerre mondiale – par exemple Auguste Borms, fusillé en 1946. Après

la Libération, la répression sera dure et les blessures resteront profondes dans le mouvement flamand.

  Il y eut des collaborateurs, non des moindres, chez les francophones !

Léon Degrelle fut le chef de la division SS-Wallonie. Mais que reste-t-il du rexisme aujourd’hui? Rien.

La Collaboration flamande, quant à elle, n’était pas liée à un homme mais elle est beaucoup plus profonde et étendue que

la Collaboration francophone.

  Vous accordez une grande importance à l’éclatement de l’Université de Louvain…

Que l’on soit catholique ou non, le traumatisme créé par la division entre l’Université de Louvain-la-Neuve et l’Université de Leuven reste profond. Louvain était une des plus prestigieuses universités catholiques du monde! Souve­nons-nous du slogan de l’époque qui est aujourd’hui repris: Franse ratten rol uw matten (rats français roulez vos tapis!) On a divisé la bibliothèque en numéros pairs et impairs - les uns allant aux francophones, les autres aux néerlandophones. Péché contre l’esprit!

  La monarchie maintient malgré tout l’unité?

C’est vrai et c’est faux. Je reprends la formule célèbre d’un ancien Premier ministre socialiste, Achille Van Acker, qui était très hostile au roi Léopold pendant la Question royale: « La Belgique a besoin de monarchie comme de pain». Sans monarchie,

la Belgique cesserait d’exister dans les huit jours. En République, se poserait immédiatement la question du chef de l’État: un président wallon, flamand, bruxellois? Cela dit, la monarchie ne suffit plus à préserver l’intégrité de

la Belgique. Nous sommes dans un régime de particratie absolue. Le roi ne nommera jamais un ministre qui n’aurait pas l’aval des partis. Le roi Albert n’a pas l’influence qu’avait le roi Baudouin grâce à l’expérience qu’il avait acquise au cours de son long règne. Le roi des Belges est en mauvaise santé et sa succession n’est pas assurée car le prince Philippe a débordé de son rôle, par exemple en critiquant le Vlaams Belang, en signant un document patronal ou en prenant publiquement à partie des journalistes flamands. Pendant

la Question royale, 70 % des Flamands étaient favorables à la monarchie, alors que maintenant une importante minorité souhaite une République flamande.
Bruxellois et Wallons ne s’aiment pas beaucoup. Les Flamands considèrent que Bruxelles est la capitale de

la Flandre et ils voudraient partir en annexant la ville et en accordant des facilités aux francophones bruxellois. Le morceau est sans doute trop gros, mais l’intention est clairement exprimée. Les francophones constituent entre 85 et 90% de la population –dont 44% sont d’origine belge. La proportion des immigrés, dont beaucoup sont citoyens belges, est donc importante. Cela permet aux Flamands d’affirmer que Bruxelles est une ville multilingue dans laquelle on compte 10% de néerlandophones mais aussi des anglophones, des arabophones, etc. Pour eux, c’est une grande ville internationale en territoire flamand. Tout cela est exagéré mais il est vrai que Bruxelles est sur la ligne de front. Nous avons autour de Bruxelles les communes «à facilités». Bruxelles est totalement encerclée par des territoires flamands et les communes «à facilités» sont composées d’une très forte majorité de francophones (entre 70 et 80%). Jusqu’ici ils disposaient de «facilités linguistiques» en matière administrative, juridique et politique (voter par exemple pour des candidats francophones). Mais les Flamands les remettent en question et de toute manière exigent que les délibérations municipales soient prises en langue flamande: s’il y a un mot de français, les décisions sont annulées par

la tutelle. Frank Vandenbroucke, le ministre flamand de l’éducation, qui est socialiste, écrit que la loi ne lui permet pas encore de régir l’usage de la langue dans le domaine privé. Je connais des communes où les commerçants ne peuvent pas présenter leurs produits en français et où il est interdit de vendre un terrain à une personne ne connaissant pas le flamand. À Fouron, il a été décrété que l’usage du français constituait un «trouble à l’ordre public». Voilà où nous en sommes. Pour en revenir à Bruxelles, je remarque que la capitale est prise dans le mouvement général de communautarisation: les Bruxellois se sentent avant tout bruxellois, plus que belges. Certains d’entre eux souhaitent que leur ville devienne un district européen.

La Wallonie n’est pas aussi unie qu’on le croit. Si

la Flandre fait sécession, il y aura une République flamande et non une unification avec

la Hollande. La province wallonne du Luxembourg est attirée par le Grand Duché alors que les Liégeois sont francolâtres.

  Comment voit-on cette crise dans les institutions de l’Union européenne?

Avant d’écrire mon livre, je suis allé au Comité des régions où l’on m’a tenu des propos officiels qui ne me renseignent pas vraiment sur la politique européenne: «On encourage les régions mais dans le cadre des États» m’a-t-on dit. Mais si j’en juge d’après un entretien avec Hubert Védrine, la Commission, en encourageant financièrement les régions, a «joué avec le feu». Aujourd’hui, devant ce qui se passe en Belgique, elle est inquiète. Elle se souvient que son siège se trouve à Bruxelles. On la sent prise entre son désir de régionalisme et la crainte de voir des mouvements nationalitaires tels les Catalans et les Basques durcir leurs revendications. «L’Europe aux cent drapeaux» voulue par l’indépendantiste breton Yann Fouéré est une image poétique, mais aussi l’incertitude attachée au morcellement et à l’éclatement des Nations qui transformerait l’Europe en habit d’Arlequin.

LA MÉTHODE À 6000 / P3C2E9

P3C2E9 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 9)

 
N°198 / LA MÉTHODE À 6000 / P3C2E9

 
C’est l’histoire où les de Sainte Fouillouse survivants s’agitent bizarrement et reparlent de la Méthode à 6000. Et où Amaïa envoie Arthur au lit. 

 
Mercredi 15 juin
11 heures
Bureau N°1

  (Voir un rappel de la Méthode à 6000 dans l’article consacré à Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse : lien)

 
Tout ça nous mène à onze heures, et à l’arrivée de Ravot accompagné de Lepif. 

  Qui tombe en arrêt devant Nouye.
 
Lui non plus ne se fait pas à sa nudité, mais, plus jeune, il le manifeste autrement que son patron : regards détournés et période d’adaptation un peu plus longue. 

  Il ne tire pas la langue, mais c’est tout juste. 

 
Quand Amélie est là, avec son regard étonnant (« Comme-Les-Vagues-L’Hiver », disent les Goums), sa présence occulte la balayette[1] celle de toute autre et rend le fait sinon indifférent, du moins indistinct. 

  Mais là…
 
Nouye est toute seule dans sa situation devant le groupe vêtu, et forcément, ça se remarque qu’elle est très bien foutue pour une Goum, pas massive, pas trapue, pas mamelue, pas fessue, juste ce qu’il faut, quoi…

Juste, et bien !

  - Alors Lepif, on a fini de baver, le secoue Ravot, vous tournez limace, mon garçon, rentrez la langue…

  Lepif rougit, ce qui fait rire tout le monde, rougir plus fort l’inspecteur, et se poser des questions au météorologue qui vient de revenir de sa douche, en grand uniforme d’officier de la Kriegsmarine, la barbe taillée d’équerre, et qui n’y comprend rien. 

  Surtout lorsque, impassible, Nouye déclare froidement que s’il le souhaite, Lepif pourra participer à une prochaine cérémonie d’amour pour s’accoupler à elle, mais qu’il faudra attendre que les résultats des essais d’hybridation soient avérés, parce que jusqu’ici les résultats sont restés négatifs…

- Ou qu’il mette une capote, enchaîne fort sérieusement Rébéquée, faudrait pas qu’il devienne papa Boule…

  Ce qui, de nouveau, fait rire tout le monde, sauf Nouye, insensible à l’humour et qui, en bonne Goum, ne comprend pas que l’on puisse désirer s’accoupler dans un but purement ludique. 

 
Et sauf Lepif, dont la gène est totale. 

  Quant au météorologue, il nage dans une forêt de points d’interrogation, perdu dans un brouillard de force 10.

  Ravot relance son adjoint, pour le sortir de l’embarras dans lequel il l’a plongé (ce qui manifeste une belle hypocrisie de sa part, hypocrisie que Lepif lui reprochera entre quat’zieux à la première occasion, il se le promet), et l’inspecteur se reprend, avec un petit air gêné des plus délicieux :
- J’ai interrogé lundi après-midi la famille du Conseiller en matière d’économie électorale. Son épouse et sa sœur. Le commissaire avait préféré attendre un peu, par décence…
- L’annonce officielle a été faite par le juge lui-même, qui m’avait demandé de lui laisser ce soin, bien que cela relève de mes fonctions… Mais j’ai peu de goût pour ce genre de situations…
- On vous comprend volontiers, approuve Arthur.
- Donc, je n’y suis allé que lundi vers 18 heures, reprend Lepif…
- J’étais retenu au commissariat, précise Ravot, j’essayais de joindre le juge…
- … pour apprendre que Pélot était déjà passé et leur avait exposé ce qu’on a découvert. Mais Pélot a disparu. Aucune nouvelle. Et puis le juge à son tour est venu leur faire l’annonce officielle, donc. Pas content d’avoir été grillé par Pélot…
- Comment ont-ils réagi ? demande Arthur…
- Ont-elles… précise Lepif. Il y avait trois femmes. Une vieille mama effondrée, comme on peut naturellement s’y attendre, touchante, adorable, et puis une épouse et une sœur inquiètes. Le mari de la sœur était absent. Il paraît qu’il l’est souvent.
- Inquiètes ? demande encore Arthur…
- Inquiètes, confirme Lepif : la réputation, parce que Pélot leur avait décrit la scène de crime, parlé de la garçonnière et du cadavre nu du maire couvert de la peau de Luis… Et puis il s’est produit quelque chose d’autre… qui les a plongées dans le désespoir et la révolte : pendant que je les interrogeais sur les connaissances que le frère et mari pouvait entretenir à l’extérieur, est arrivé un courrier porté par l’une des deux tenancières du Tapas’Embal, le bar à tapas. Je ne sais pas ce que c’était, mais ça a eu l’air de les bouleverser, et elles m’ont proprement fichu à la porte. L’épouse m’a raccompagné, et j’entendais la sœur pousser des cris de rage « c’est pas possible ! C’est pas possible !! ». Et puis : « Je ne vois pas pourquoi je me gênerais si je peux gagner 6000 en plus ! », et la mama qui protestait en gémissant : « Oh, ma fille, oh, ma fille, pas toi, pas toi aussi, pas comme ton frère, pas comme ton père… ». Je n’en sais pas plus pour l’instant.
- Et pendant ce temps-là, reprend Ravot, moi, je recevais la visite d’un certain Le Vacher, qui m’a poursuivi jusque chez Mado. Un olibrius à face-à-main qui voulait porter plainte contre Hilarion-Jovial à qui il reproche de s’être fait tuer au lieu de le servir dans ses intérêts. Désespéré et furieux, le bonhomme : selon lui, le Conseiller en matière d’économie électorale aurait dû lui avouer qu’il était pédé, ainsi que l’auraient prouvé les constatations de la police. Or, Le Vacher avait engagé « des billes », comme il dit, dans l’hôtel Marengro qui appartenait à Hilarion-Jovial. Ce qui entraînait quelques risques pour sa propre réputation : pensez, un conseiller financier ! Personne ne voudrait croire qu’il ignorait le comportement pervers de son client ! Sa réputation se trouvait compromise… J’ai dû subir le délire de persécution de ce connard imbécile et paranoïaque…
Malgré tout j’en ai retenu quelque chose d’étonnant : il connaissait des détails confidentiels sur la mort des victimes. Ainsi que l’a dit Lepif, Pélot était passé par là, et il s’était montré très indiscret…
- Dans le même ordre d’idée, mes trois « clientes » ont été plus bouleversées par la visite de Begoña-Conception que par la mienne, remarque Lepif.
- Elles mangeaient des saucisses ? lui demande Arthur…
- Je n’en ai pas vu, mais je serais très surpris qu’elles fassent leurs courses elles-mêmes. Si elles restent à la maison, elles sont assez peu exposées… Elles se sont montrées indifférentes à la mort du frère ou de l’époux. Mais ce billet les a… Comment dire ? Electrisées. J’aurais bien aimé connaître son contenu…
- Vous ne croyez pas que vous vous attardez à des détails ? ronchonne Rébéquée en écrasant son accent de Québec…
- Pas forcément, la reprend Arthur… Je ne sais pas… C’est très en désordre tout ça et je ne parviens pas à m’y retrouver… Mais justement, un détail peut se révéler significatif…
- Et ce n’est pas tout, continue Lepif. Ce que j’ai raconté se passait avant-hier soir. En sortant de la réunion d’hier matin à la Lanterne, vers 11 heures, je suis retourné chez les de Sainte Fouillouse. Je n’ai trouvé que la mama, de plus en plus effondrée, et elle m’a raconté quelque chose d’incroyable : sa fille et sa bru sont revenues dans un curieux « état d’excitation » de l’hôtel où elles étaient allées « pour voir ». Je reprends ses termes. Elles lui ont vaguement parlé de « transmission de l’hôtel et du lotissement des 6000 », lui ont dit qu’elles attendaient des notaires parisiens, parlé de la volonté écrite d’Hilarion-Jovial, et le mari de la sœur (que je n’avais jamais vu jusqu’ici), un certain Lebièvre, m’a même glissé en confidence (mais il avait l’air d’être passablement surpris, pour ne pas dire démonté, mais plutôt agréablement m’a-t-il semblé) que « son épouse s’était montrée étrangement excitée, ce qui n’est pas dans ses habitudes », confirmant les déclarations de sa belle-mère dans un sens plus précis. J’ajoute avoir vu une boîte de petites saucisses sur la table de la cuisine. Toujours d’après le mari d’Ordegale-Junie, sa femme et celle d’Hilarion-Jovial seraient reparties, avec leurs gosses, que je n’ai jamais vus, vers 9 heures du matin, dans une grosse voiture noire, une Mercedes, avec un certain Gaston Brunières, notaire parisien, qui est venu les chercher.
- Gaston Brunières ? Ça me dit quelque chose, remarque Arthur.
- C’est l’un des deux « notaires » qui étaient présents à l’inauguration du bar à tapas, le soir de la mort de Luis. Nous avons démontré qu’il n’existait pas de notaire parisien de ce nom, rappelle Ravot. Et celui qui se faisait appeler comme cela avait disparu dans la nature.
- Mais alors…
- Je suis reparti vers 11 heures 30, poursuit Lepif, et j’ai rendu compte au commissaire…
- J’ai tout de suite lancé un avis de recherche pour la Mercedes, pour Brunières et pour les autres, poursuit Ravot. Et j’ai décidé d’aller voir moi-même de quoi il retournait, en accompagnant Lepif. La maison était vide. Plus de mama ni de mari. Personne. Les portes fermées mais pas verrouillées, pas de voisins, pas de témoins. Du coup, nous sommes allés voir ce qui se passait à l’hôtel Marengro. On y installait une nouvelle enseigne en forme de lyre. Et nous avons été reçus par Begoña-Conception elle-même qui s’est présentée comme étant la nouvelle directrice de l’établissement qui aurait été « repris » par la chaîne Tapas’Embal… Nous avons émis quelques doutes discrets et nous sommes faits proprement éjecter par une troupe de serveurs musclés et menaçants. Comme nous n’avions aucune raison de perquisitionner ni même d’investiguer dans l’immédiat, je leur ai dit que nous allions requérir tous les pouvoirs utiles auprès du juge d’instruction en charge des meurtres qui se sont déroulés dans les lieux…
- Ce qui n’a pas eu l’air de les déranger beaucoup, précise Lepif…
- A juste titre peut-être : je ne sais pas si le juge est de leur côté ou du nôtre… Je n’ai pas réussi à le joindre…
- Ils semblent bien sûrs d’eux, remarque Rébéquée…
- J’ai pu « traiter » à l’annihiline les agents les moins douteux du commissariat, et je leur ai très superficiellement exposé le problème auquel nous nous trouvons confrontés, en toute confidence, continue Ravot. J’en ai placé deux en faction chez Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse et sa sœur. Jusqu’ici, personne n’est revenu. Dans vingt quatre heures je lancerai un avis de recherche. Mais je dois dire que tous les rouages administratifs semblent « gommer », comme on dit d’un moteur que patauge dans une graisse trop épaisse. Il faut que nous disposions très vite de moyens massifs de désintoxication…
- J’attends des camions de produits chimiques cet après-midi, enchaîne Rébéquée. Amélie et les autres membres de l’équipe de police scientifique, qu’elle a mis au courant après les avoir « traités » par précaution, se sont installés dans l’usine de fabrication de soupe. On a reconverti d’urgence les concentrateurs sous vide pour en faire des réacteurs chimiques, et d’après Amélie, en mélangeant d’une certaine manière du méthane (dont nous disposons en abondance), de l’ammoniaque et de l’hydrogène sulfuré qu’elle va fabriquer à partir de sulfure de fer et d’acide sulfurique, et en ajoutant quelques extraits d’algues, elle synthétisera de grandes quantités d’annihiline. En poudre, elle est très soluble et se prête à la confection d’aérosols et de solutions sublimables. La solution sera pulvérisée à partir de camions citernes dans les rues de la ville, à commencer par les abords des points sensibles où

la Nouvelle Réna est implantée, c’est-à-dire le C’est tout naturel, mais aussi le Tapas’Embal, puisqu’il fait partie de la même chaîne, et le Marengro. Et puis le centre ville, où notre ami Varochaix délire tranquillement en béarnais en vendant des tas de voitures à tout le monde, pratiquement de force, au milieu des chants régionaux. On devrait pouvoir commencer samedi ou dimanche au plus tard. A moins qu’on ne trouve un autre moyen d’ici-là.
- N’oublions pas que leur « attaque », dont nous ignorons tout, est prévue pour lundi. Et qu’il faut éviter de les inquiéter prématurément, remarque Arthur… Sans parler de ce qui va se passer aux Chonos… J’aimerais qu’on y voie un peu plus clair avant de…
  - Non, Arthur, le reprend Amaïa qui vient d’entrer dans le bureau suivie des porteurs de soupe. Non. Tu voudrais y voir plus clair, c’est vrai. Mais c’est parce que tu te trouves dans un état d’épuisement complet dont tu ne mesures pas toi-même la profondeur. Il faudrait que tu dises que « tu » voudrais que « tu » y voies plus clair et pas « qu’on » voudrait y voir plus clair. Tu es ton propre point faible. Que tu le veuilles ou non, que je le veuille ou non, tu es le plus fort, ici. Ce sont des hommes comme toi, des Goumyôs, et pas des Goums comme moi que nous combattons. Tu es donc mieux placé que nous, les Goums, pour les vaincre. Et de tous les Goumyôs, c’est toi qui es le plus habile. Ton épuisement nous dessert tous. Tu vas donc te reposer.
- Mais…
- Il n’y a pas de mais, elle a raison, appuie Béatrace. Tu ne t’es pas assez reposé après ta captivité… 
- Je t’ai préparé une potion de rêves. Elle te permettra de nettoyer ton esprit, mais tu dois en admettre l’idée et ne pas lutter pour rester debout contre vents et marées. Fais-moi confiance…
- Mais nous n’avons pas le temps, mon père va rentrer et il faudra décider…
- Nous déciderons avec lui, enchaîne Rébéquée.
- Mais…

Amaïa tend un petit flacon :
- Bois un bol de soupe avec nous. Tu sais que « Les morts aiment la soupe et la faim des vivants » et tu es déjà mort une fois, Arthur, lorsque le Grand Crabe t’a arraché au mauvais rêve dans lequel nos ennemis t’avaient enchaîné. Il faut donc que tu boives notre soupe de vie. Et puis tu prendras la potion de rêves et Béatrace t’emmènera dans la paix de son cœur et de son corps pour que tu dormes et que tu voies…
- Soit, admet Arthur en bougonnant… Mais quand même…

 Le geste d’Amaïa se fait insistant…

Arthur poursuit :
- Une dernière chose : Commissaire, il faut « récupérer » la mère de Finette de Sainte Fouillouse dans son petit bled des Ardennes et la faire venir ici. Discrètement…
- Ben voyons, grommelle à son tour Ravot… Et comment je fais pour organiser un enlèvement discret en Belgique ?
- Sais pas. Démerdez-vous. Moi il paraît que je dois dormir !
 



[1] Pour répondre à certaines questions oiseuses : on occulte toujours la balayette. Tout comme le durable est toujours de lapin. C’est un fait d’expérience qui ne se discute pas.