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CARTE DE LA BASE DE GUAMBLIN

Ces  cartes faciliteront la compréhension du deuxième chapitre de la deuxième partie (et des suivants).

 
J’espère parvenir à les lier aux épisodes directement concernés.

  La troisième détaille le chemin qui relie la base de l’ONU et celle des Goums, dans l’île de Guamblin


Par commodité : un petit truc que je reprends à DEB (avec gratitude) :


Pour agrandir la carte et en rendre les détails lisibles, Ctrl et la molette de la souris.

base des Chonos

14 juillet 2008 - Aucun commentaire
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CARTE DE LA PATAGONIE

Ces  cartes faciliteront la compréhension du deuxième chapitre de la deuxième partie (et des suivants).
 
J’espère parvenir à les lier aux épisodes directement concernés.

 
La première situe la PATAGONIE, pour ceux qui n’y sont pas encore allés.

Elle indique où se trouve la base de l’ONU voisine de l’île Gamblin où se trouve la base Goum.

Par commodité : un petit truc que je reprends à DEB (avec gratitude) :


Pour agrandir la carte et en rendre les détails lisibles, Ctrl et la molette de la souris.


patagonie.JPG


14 juillet 2008 - Aucun commentaire
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RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE

RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE


  Les Écolocroques menacent le monde depuis leurs sous-marins nucléaires, le Hai I et le Hai II : ils veulent purifier la planète.
 
Ils ont enlevé Victor et Clémentine, journalistes au Petit Matois Subreptice de Saint Tignous sur Nivette.
 
Leurs amis se mettent à leur recherche, aidés par Arthur Malfort, de La Lanterne du Fort, autre canard du coin.

  Il y avait donc deux canards dans le coin.
  Serait-ce un coin-coin ?
 

Drame : le Crabe géant Ôoumloc décapite, chtac, d’un coup de pince le pauvre Jules, dit Whisky-Soda, devant sa consoeur journaliste et québécoise Rébéquée Taritournelle, elle-même violée dans la foulée par tous les Chochos mâles d’Agotchilho, alors que, circonstance aggravante, elle est purement lesbienne, au cours d’une monstrueuse et très primitive cérémonie.
  Béatrace et Arthur, venus à la rescousse, coulent par hasard un U-Boote des Écolocroques en visitant d’étranges souterrains… et découvrent à leur tour la civilisation oubliée. Là. A deux pas de chez vous.
 
Si.

Et ils capturent le Numéro 2 de l’organisation, l’ignoble Oberst Kuhhirt, nazi « recyclé ».
 

L’Eusèbe Malfort, père d’Arthur, parle dans la télévision pour l’ONU. Mais son discours est anormal.

Aurait-il trahi pour les Écolocroques ?
  Non, ils l’ont enlevé et manipulent son image.
 

Comme ils ignorent que leur base a été capturée et que ses habitants, les Goums (que les méchants appellent des Chochos), peuple antique et oublié, en fait, ce sont des Néandertaliens, se sont ralliés aux Bons, ils y refilent Eusèbe.
  Sauvé !
  Mais le complot perdure. Lancés depuis le Hai II, où sont toujours prisonniers Victor et Clémentine, des missiles tombent sur Moscou, Washington et… Lourdes ! Que se produira-t-il après qu’Amaïa,

la Mère des Goums ait lancé le crabe géant Ôoumloc aux trousses des sous-marins des Écolocroques ?
 

  Le faux Eusèbe annonce l’ouverture de boutiques par les Écolocroques, qui recrutent ouvertement.

Ils vont envoyer des fusées dans l’atmosphère pour modifier le climat et atomiser ceux qui n’obéiront pas à leurs exigences.
  Le Numéro 2, l’ex-nazi Oberst Kuhhirt, se libère et capture nos amis…
 

Mais Rébéquée lui règle son compte.
  Là-dessus, Finette ouvre sa boutique à Saint Tignous sur Nivette et le Hai II, commandé par le Numéro Un, arrive à la base de Thulé.
 

Là se trouve l’ignoble Pouacre qui envoie des fusées chargées de poudre d’aluminium dans l’atmosphère.
  Dans quel obscur dessein ?
 

Que vient faire le FROID dont il parle ?
  Mais d’où vient cette attaque monstrueuse que subit le Hai I, l’autre sous-marin nucléaire des Écolocroques ? Oh, my God ! Il est bouffé par les Crabes ! Y’a de l’Ôoumloc là-dessous !
 

Et pendant ce temps-là, à Thulé, les Numéros expliquent à Victor et à Clèm comment ils manipulent le monde et même leur image.
  Éléonore Fentasou fait un p’tit tour et s’évapore… Que s’est-il passé à Gibraltar ?
 

Eh bien oui, « Ils » ont osé ! Des bombes atomiques !
  Et Pouacre explique que c’est pour donner un coup de froid à la planète, et surtout, pour créer la famine : n’ont-ils pas secrètement accaparé les provisions du monde ? Et maintenant va survenir

la GLACIATION ! 

  Victor et Clémentine refusent la « collaboration » qui leur est proposée.
  Ça y est, ils vont y passer !
 

Le viol est imminent !
  C’est à ce moment-là qu’intervient l’envoyée d’Amaïa qui capture tous les méchants.
 

Fichus les Écolocroques.
  Tout au moins les Numéros.
  Mais… Mais la suite, c’est dans la DEUXIÈME PARTIE
 Ça commence deux ans plus tard…

LE RETOUR D’ARTHUR / P3C1E24

P3C1E24 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 24)

  N°169 /  LE RETOUR D’ARTHUR / P3C1E24

  C’est l’histoire où Lepif et Amélie repêchent le corps d’Arthur Malfort dans l’avant-port de

la Marée aux Ports et où ils le suivent dans la grande salle du Temple qu’ils découvrent avec effarement. C’est aussi le moment où il s’avère qu’Arthur est toujours vivant.

  Vendredi 10 juin
16 heures
Agotchilho, avant-port.

  Debout en haut du quai, Ravot scrute l’eau de l’avant-port avec les vieilles jumelles Zeiss que lui a données Victor avant de le quitter pour suivre Amaïa.
 Dans leur bateau de pêche, Lepif et Amélie, assis contre la proue, regardent la surface du bassin en parlant à mi-voix, sous le regard absent de leur pilote goum qui reste à la barre et fait décrire des cercles à son embarcation.
 

A distance, les autres petits bateaux de pêche, immobiles, guettent on ne sait quoi.
  La marée redescend : un espace plus sombre est nettement visible sur les portes d’écluse, marquant le niveau de la marée haute.

On regarde. On attend… 

  La surface luisante, très calme, est presque lisse, et Ravot se demande ce qu’il doit surveiller : le Crabe ? Ce monstre énorme qu’il a vu une fois dans le « temple » archaïque où il est arrivé à l’appel d’Amaïa ? C’était invraisemblable, impossible, incroyable… Et pourtant…

 
Et puis… Mais… Qu’est-ce que c’est ? Une épave ? Il règle ses jumelles… Un gros paquet remonte, flotte plus ou moins bien, là… Entre le bateau qui se trouve au plus près de la falaise et celui de Lepif et d’Amélie (leur tête, lorsque Victor leur a expliqué ce qu’il allait leur montrer, alors qu’ils se trouvaient au journal !!! leur tête, quand il les a fait descendre dans le « métro » !!! leur tête, quand ils ont rencontré Amaïa !!!) un paquet flottant, dans une sorte de sac en plastique, semble-t-il… Il crie, agite les bras… Ces imbéciles sont en train de roucouler, il les voit bien, la main dans la main à l’avant du bateau. Je te vais me leur passer un de ces savons :
- Eh Lepif !!! Oh !!! Oh, oh….!!!!

  Ils ne sont pas très loin, et le moteur du bateau tourne au ralenti, si bien que Lepif finit par entendre… Par lever les yeux, par voir le commissaire et par réagir : Ravot tend le bras, désigne, là… Oui, d’accord, un paquet… Bof, sans doute un sac poubelle qui remonte… Il fait signe au Goum qui les pilote, lui montre le paquet flottant, tandis qu’Amélie lui explique le plaisir de trouver « la » bonne molécule, ou d’extraire l’ADN de la molaire d’un cadavre… 

 
Le moteur accélère ses pout-pouts somnolents, l’embarcation manœuvre, s’approche, met en panne, un coup en arrière brise l’erre, et le bateau dérive bord à bord contre le paquet flottant. 

  Merde, on dirait un corps… 

 
Lepif saisit une gaffe accrochée au plat-bord, croche dans le paquet… Un bras… Tire… Amélie et le Goum sont venus en renfort. Il est lourd l’animal, et englué d’une sorte de mucus bulleux, comme ces feuilles de plastique d’emballage que les gamins s’amusent à faire claquer sous leurs doigts. Celui-ci est glissant, les bulles sont plus grosses, et grasses… 

  Lepif le reconnaît immédiatement lorsque le corps bascule sur le pont : c’est bien Arthur Malfort.

 
Il est inerte. Il est resté longtemps dans l’eau à ce qu’il semble, et il a dû absorber ce mélange d’air et de mucus qui l’enveloppe comme un manteau gluant (prélèvements, vite, prélèvements, dit Amélie). La bouche et le nez en sont remplis. Colmatés. Son pouls est imperceptible, et le mucus empêche tout contact direct avec sa peau. 

  Ravot, du haut du quai, téléphone au journal où il sait que Mouchoir assure une veille active et pourra relayer l’information au bureau N°1 : ils ont trouvé le corps d’Arthur et ils le ramènent.
 
A peine se sont-ils amarrés au quai du port, que des Goums en combinaisons blanches, hommes et femmes, entourés de gardiennes et de gardes, se pressent  en troupe silencieuse, comme s’ils les attendaient.

  Le corps d’Arthur Malfort est chargé sur une civière. Non, « on » refuse de le déshabiller. Il reste donc couvert de ses vêtements mouillés, englués de mucus, et la civière part, portée par quatre Goums, des femmes, en uniforme de gardiennes, pèlerine et bâton, qui descendent la rue en tournant le dos à l’usine, la rue de La Marée au Petit Port qui longe la falaise, ses maisons troglodytes. 

  Ravot arrive derrière eux, fait signe à Lepif et à Amélie…

Ils sautent à quai, suivent, incrédules… 

  Un perron de hautes marches au pied d’une façade monumentale, deux grandes portes, épaisses, noires, lourdement sculptées de figures grotesques, à la Lovecraft, portail grand ouvert. 

  On escalade les marches pour entrer dans la pénombre d’une salle hypostyle assez basse, piliers taillés en réserve dans la pierre, on s’y enfonce… Lueur au fond, autre portail grand ouvert. Bruit sourd : il se referme derrière eux… Sol de dalles d’ardoise… Il fait chaud… Amélie vient placer sa main dans celle de Lepif… Salle, non, nef immense, immenses torchères blanches, flammes vives qui ronflent derrière la silhouette de trois trônes de pierre taillés dans un seul bloc, et là… oh, nom de dieu !!! Tous les Malfort à poil encadrent Amaïa ! S’ils s’attendaient à ça ! Lepif et Amélie se regardent, effarés de se sentir « déplacés », non pas d’être ici, mais bien d’être habillés !

 
Quatre Goums, des gardiennes, sont entrées, portant une civière, suivies d’une petite troupe, au milieu de laquelle sont les trois policiers. 

  Béa, sans un mot, s’est dressée. Elle a tendu Tijules à Amaïa, et elle s’est levée…
 
Les porteuses franchissent le jubé de pierres basses et posent la civière là où voici une heure… une heure, sous l’eau, une heure… Une heure !!!

  Elle s’approche, livide, vacillante… 

 
Elle est tout près d’Arthur, de son visage inerte barbouillé de mucus… 

  Elle tente de voir, dans le flou de ses larmes… 

 
Elle tombe à genoux, et s’effondre sur lui avec un hurlement…

  C’est alors qu’il frémit…

  … et qu’il ouvre les yeux…
 

LES CADAVRES / P3C1E26

P3C1E26 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 26)

  N°171 / LES CADAVRES / P3C1E26

 
C’est l’histoire où l’on découvre les deux cadavres, du maire et du conseiller en matière d’économie électorale.

  Vendredi 10 juin
Le soir, juste après ce qui a précédé.
Saint Tignous sur Nivette

 
La sonnerie de son portable arrache le commissaire à ses réflexions :
- Ravot, j’écoute ? Oui, Martial ? Qu’est-ce qui vous prend ? J’avais demandé qu’on me fiche la paix ce soir… QUOI ???? J’arrive…

 
Le premier corps est celui d’Hilarion-Jovial, qui semble sortir de la petite cour sur l’un des côtés de laquelle est garée sa voiture. 

 
Couché face contre terre, il venait manifestement de s’engager sur le chemin discret qui passe derrière l’hôtel Marengro et conduit à l’un des quartiers du lotissement des Six Mille qui se trouve là au bout, en impasse.
 
C’est d’ailleurs l’un des habitants de cet endroit qui a découvert le cadavre et alerté la police. 

  Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse a l’air de se diriger vers la route qui passe devant l’hôtel.

  Les bras étendus devant lui, comme s’il était tombé en pleine course, il a été frappé de deux flèches, l’une au creux des reins, tirée par derrière, et l’autre dans la bouche, tirée de face, et qui ressort par la nuque, comme celle qui a tué la Vorme. 

  Il y avait donc deux archers (deux Amazones, pense aussitôt Ravot).

  - Appelez Lepif, Martial, et dites-lui de faire venir Amélie Fouad. Prévenez aussi le Procureur et le légiste, et…
- … et c’est pas tout, Patron, y’en a un autre à l’intérieur…
 
L’air consterné de Martial laisse à penser qu’effectivement, « c’est pas tout, Patron ». 

  La chambre se trouve au bout d’un petit couloir. Assez vaste, elle renferme, outre un vaste lit, deux fauteuils, un ample divan et une table basse qui constituent un coin salon. Le tout dans une atmosphère de bonbonnière tendue de satin rose sur fond de moquette bleue. Un petit nid d’amour. La salle de bains, presque aussi grande que la chambre, résume à elle seule ce qui se fait de mieux en matière d’art balnéosanitaire. Ne manque que la piscine. Mais la baignoire est au moins à six places…
 
Le maire est allongé entre la porte et le lit, tourné vers le lit. Il est nu. Sur son dos est étalée une peau, ou quelque chose qui ressemble à une peau… Tannée ? Curieux aspect… Poil noir dispersé… 

 
Couché la face contre le sol, la tête couverte de sang, il a les bras étendus devant lui et les jambes écartées. Près de lui, l’arme du crime, une batte de base-ball à l’extrémité tachée de sang sur laquelle subsistent quelques cheveux. 

  En s’approchant avec précautions pour ne pas brouiller les traces, Ravot observe que l’occiput a été arraché par un coup donné à la volée, comme le swing d’un golfeur. Quelques débris d’os et de cuir chevelu ont été projetés contre le lit… 

 
Le coup a dû être porté avec une extrême violence.

  Le maire et le Conseiller en matière d’économie électorale… C’est beaucoup le même soir… Sans parler du retour d’Arthur Malfort, qui pour sa part, devra rester discret…

 
Ravot appelle le Procureur Kératine, que Martial a déjà prévenu. Lui expose la situation (sans parler d’Arthur, évidemment : comment pourrait-on expliquer à un magistrat du Parquet que ce Monsieur, délégué officiel à l’ONU, a été enlevé par un Crabe géant, repêché mort, et qu’il a ressuscité entre les bras de son épouse qui l’attendait, à poil au milieu de la famille Malfort au grand complet et dans le même costume, en compagnie d’une tribu néandertalienne secrète cachée depuis cent mille ans dans un temple souterrain dédié audit Crabe géant ? Même si on connaît le magistrat en question depuis trente ans, cela relève de l’impossible). 

  Il lui demande de réquisitionner d’urgence Catachrèse, son équipe et un hélico pour rappliquer vite fait sur les lieux, avec le juge Foutral, s’il te plaît. J’ai deux cadavres de notables sur les bras, le maire et le Conseiller en matière d’économie électorale. Situation équivoque, le maire à poil, et le Conseiller en matière d’économie électorale, tués par flèche comme Edmonde de la Vorme Séchée… D’accord, on boucle le quartier, on ne touche à rien et on attend…

  - Martial, Pélot est au commissariat ?
- Il y est patron, je lui ai laissé les clés.
- Faites-le venir, on a besoin de monde. Qu’il ne laisse qu’un planton. Je crois que Pourticol est de service. Il fait ça très bien.
- Pourticol est à l’hôpital, Patron, il garde Humevesne et Suceprout.
- Alors faites-le remplacer à l’hôpital. Je préfère que Pourticol reste au commissariat, les autres sont assez nuls pour s’entretuer si une porte claque…

  - Commissaire, commissaire !!!
Ravot sursaute. Il s’assoupissait sur le siège de sa voiture. Martial revient en courant, la radio à la main :
- Commissaire… (tiens, il ne m’appelle pas « Patron »…) Pélot est injoignable : une grande fille blonde est passée le demander au commissariat et il est parti avec elle… Et l’hôpital a appelé : Pourticol a été assommé et les deux prisonniers se sont enfuis…

 
Ravot passe une main lasse sur son visage :
- Et merde…
 

MÉTÉO / P3C1E44

P3C1E44 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 44)

  N°189 / MÉTÉO / P3C1E44
 

C’est l’histoire où l’on fait appel à Elasque-Jean Kronobian, météorologue.


Mardi 14 juin
8 heures
Bureau N°1

 
Elasque-Jean Kronobian dodeline du chef sous le casque orange qui protège ses pauvres oreilles du bruit infernal de l’hélico.

  Il y a deux ans, Arthur Malfort l’avait appelé en lui demandant de se tenir prêt à une « entrée en résistance clandestine » (P1C3E19). 

  Et puis il y avait eu les « évènements », et, bien qu’il ait continué à collaborer à la rubrique météo de la Lanterne du Fort, il n’avait plus été question de clandestinité, puisque le problème semblait  avoir été résolu par la chute des Numéros, même si la catastrophe écologique due au refroidissement terrestre continuait de sévir.

  Et voilà que le même Arthur Malfort le rappelait, pratiquement dans les mêmes termes, lui enjoignant la même discrétion, mais cette fois-ci dans une urgence telle qu’il envoyait un hélico à sa recherche !

  A Saint Tignous sur Nivette, l’hélico « ONU » se pose sur le toit du journal et Arthur Malfort, accompagné d’une jeune femme à l’air dynamique lui tend la main :
- Je vous présente Rébéquée Taritournelle. Ici, nous travaillons tous dans le même but et sans hiérarchie particulière. Je sais pouvoir compter sur votre discrétion, quoi qu’il arrive, mais je vous demande cependant, solennellement, le secret le plus absolu sur tout ce que vous verrez, entendrez ou apprendrez, aussi étrange, invraisemblable ou anormal que cela puisse vous paraître.
 
Elasque-Jean Kronobian, encore abruti par une heure d’hélico qui lui laisse l’impression d’être passé dans un moulin à café, confirme sa confiance, sa discrétion et sa disponibilité pour toute action nécessaire. Encore faudra-t-il lui expliquer ce que l’on attend de lui et pourquoi : sa barbe de prophète grisonnant ne s’engage pas dans des machins douteux.

  Il avait bien compris ce qui s’était produit lorsque les Numéros avaient tenté de conquérir la Terre, comment ils s’y étaient pris, et ce qu’ils avaient vraiment recherché : issu d’une famille arménienne qui avait fui le génocide turc de 1915, il connaissait le poids de l’histoire et savait par expérience vers où allaient ceux qui tentaient de la confisquer à leur profit. 

  Le météorologue était déjà venu au journal, mais sa surprise est sans bornes lorsqu’il est conduit dans le « métro » et qu’ils arrivent ainsi à Agotchilho, dont Arthur et Rébéquée lui montrent les activités.

  Il découvre avec effarement le peuple secret des Goums et lorsqu’il est placé en face d’Amaïa, il a le sentiment que « la boucle de son destin s’est refermée ».

 
Même si l’expression (c’est celle qui lui vient à l’esprit) est à la fois pompeuse et stéréotypée, c’est elle qui s’impose à lui : sa famille avait fui vers l’Ouest, clandestinement, dans l’Europe en Guerre, traversant à grands risques la Turquie pour rejoindre la Grèce, l’Italie, toujours vers l’Ouest, poursuivant le soleil et les étoiles dans leur course, plus loin, plus outre. 

  Il était bien fatal que lui, Elasque-Jean, après deux générations, arrive à la station météo du Pic du Midi, au cœur d’un champ d’étoiles, par-delà les nuages… 

  Il concevait cela comme un aboutissement logique. 

 
Mais depuis que ceux qu’il appelait les Voraces avaient tenté de mettre la main sur le Monde, ses hauteurs s’étaient glacées. Et les mêmes Voraces, lui explique Arthur Malfort, renouvellent leur tentative… 

  En lui faisant quitter son île stellaire pour descendre sous la terre, Arthur Malfort referme la boucle de son destin. 

 
On lui avait dit un jour que « les peuples qui n’ont pas d’histoire sont condamnés à périr de froid ». 

  Et maintenant, on lui demande comment réchauffer la planète…
 
A l’évidence, il faut rendre du sens à l’histoire. 

  Il faut raviver sa Mémoire… 

  Or, « les Goums vivent sous la terre, a dit Amaïa en lui présentant son peuple, et ils y cultivent la Mémoire »…

  Il est donc arrivé à destination.

  Ils se sont assis, tous les quatre autour de la grande table du Bureau N°1.
 
 
Il a suffi de deux heures pour exposer la situation et montrer un peu les lieux au météorologue : l’usine de production de soupe, le métro, la ville souterraine, et tous les lieux alimentés en énergie, la centrale électrique, et les cuisines aux feux éternels. 

  Mais, pour faire vite, ils ne l’ont pas conduit au « temple » et à ses grandes torchères…
 
Amaïa reprend :
- Jadis, la libération accidentelle d’une grande quantité du gaz sous-marin que nous employons, comme tu l’as vu, a accéléré, sinon provoqué, un réchauffement. Ce gaz est présent sur beaucoup de régions littorales. Il peut générer, nous a-t-on dit, un effet de serre important. Nous sommes en mesure de provoquer de nouveau cette libération rapide en certains lieux… Nous voudrions savoir quelles conséquences cela pourrait entraîner…

  Le météorologue hésite devant cette femme aussi impressionnante par sa stature que par sa nudité :
- Vous êtes certaine de ce que vous avancez ? Il s’agit de clathrates ?
- Il s’agit de clathrates. Il y a… environ huit mille ans, mais je pourrais le dater à dix ans près si vous le voulez, il faudra seulement que j’interroge celle qui se souvient plus précisément de ce chapitre de notre Mémoire, certaines de nos dernières tribus, déjà clandestines, ont voulu mettre en exploitation un tel gisement, sur la côte de Norvège. Ils  n’étaient pas assez nombreux pour maîtriser un tel chantier. Ils ont fait preuve d’imprudence et ont provoqué la brusque libération de tout le gisement, et un gigantesque glissement de terrain sous-marin s’en est suivi, qui a ravagé toutes les côtes occidentales de l’Europe, l’Islande et le Groenland, et qui les a détruits, eux, avec beaucoup d’autres hommes…
- Le glissement de terrain de Storegga… murmure Kronobian incrédule.
- C’est cela.

 
Le météorologue réfléchit un moment, en hochant la tête…
  - Et vous pourriez renouveler cet… exploit ?
- Nous le pouvons, d’une manière plus ou moins régulée…
- Il est toujours dangereux de tenter de manipuler l’atmosphère… Vous proposez rien moins que déclencher ce que l’un de mes correspondants, James P. Kennett, de l’Université de Santa-Barbara, en Californie, a appelé « l’hydrate gun », capable selon lui et en substance, de flinguer l’atmosphère… Il faudrait que je puisse calculer… Mais je n’ai pas mes ordinateurs…
- Nous pouvons nous y connecter à distance, intervient Arthur.
- Vous pouvez…
- Mais oui, soit d’ici, soit du journal. Vos stations doivent être interconnectées, il suffira de pénétrer votre réseau, vous devez en connaître les codes d’accès…

 
Kronobian hoche la tête :
  - C’est faisable…
  - Alors, au boulot !
 

BONNES NOUVELLES / P3C2E7

P3C2E7 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 7)

  N°196 / BONNES NOUVELLES / P3C2E7
 
C’est l’histoire où le météorologue donne de bonnes nouvelles, où Arthur raconte une histoire à Tijules, et où tout cela s’avère crevant.
 

Mercredi 15 juin
9 heures
Bureau N°1

  Le météorologue ronfle sur son divan comme cyclone aux Caraïbes.
 
Chaque expiration chuintante soulève des touffes de la barbe qu’il a laissée par-dessus la couverture sous laquelle il s’est endormi[1], épuisé par vingt heures de recherches et de calculs effectués sur le terminal d’ordinateur qu’Arthur à mis à sa disposition dans un coin du Bureau N°1 et par lequel il a piraté ceux de sa station météo.

  Une seule distraction : lorsque Nouye a annoncé, hier soir, vers 20 heures, que le Mélanippé était arrivé à Dakhla, après un voyage direct qui a déjoué toutes leurs prévisions. Ainsi, il « faisait » bien la Côte d’Afrique…

  Avant de s’endormir, vers 3 heures du matin, il a prévenu Arthur…

  (Arthur venait, lui, de s’endormir entre les bras de Béatrace après avoir raconté à Tijules l’histoire de Daouj, le chasseur de guanacos, une histoire pleine de bruit et de fureur, où Daouj le Grand sort vainqueur de combats épiques contre le Démon des Neiges et ses méchantes Amazones : tu sais, elles tirent des rafales de flèches empoisonnées avec leurs arcs mitrailleuses et elles chassent les Goums en compagnie de grands chiens silencieux et de grands oiseaux blancs au bec crochu qui volent dans un silence de ventouse.
- Et il a gagné Daouj ? a demandé Tijules dans un tijules assez clair pour que Papatur le comprenne…
- Non, mon Tijules… Non… Pas encore…

Et puis il a dû raconter une autre histoire à Béatrace, pour lui prouver que longtemps, longtemps, longtemps après que les baisers sont revenus, leurs sourires courent encore sur les nues… Alors, ils ont souri en chœur. En cœur. Chanté aussi.
 

Et ça, c’est crevant.)

  … il (le météorologue, faut suivre) a prévenu Arthur que c’était tout bon, qu’il (Arthur, je ne le répèterai plus) pouvait expédier quelques milliers de tonnes de méthane dans l’atmosphère sans trop risquer de faire péter la planète, et même que ça pouvait arranger la situation climatique en donnant un coup de chaud : le méthane se dégradera assez vite en CO², beaucoup moins actif en matière d’effet de serre. Comme on circule moins en auto qu’avant, la production humaine a diminué et ça compensera. On a même une chance de réamorcer les courants marins, le Gulf Stream, qui sait ?
 
Là-dessus, il s’est endormi.

  Arthur, lui, ne s’est pas rendormi.

Il a d’abord fouillé dans les documents qu’il a ramenés des Chonos quand il y est allé pour la première fois, ces « Notes » que les Numéros s’adressaient et qu’il a saisies… Pour vérifier des trucs… Il en garde une sous la main, parce qu’il en a justement repéré un, de « Truc » ! Et puis il est entré en communication avec Mnouay, la « Mère » de Guamblin.
 

A quatre heures, il lui parle, à côté de Nouye, via le satellite. 

  A cinq heures, le plan est établi.
 
On confirmera lorsque les dispositions définitives seront prises, mais les Goums doivent se préparer… 

  Selon le Plan. Il a ensuite appelé la base de l’ONU, à Puerto Cisnès…
 
Et puis il est retourné se coucher. Béatrace lui a raconté l’histoire de la fourrure à fleurs et de pan dans la flûte, et il s’est rendormi. 

  Crevé. 

  Positivement crevé.


[1] Le météorologue a ainsi, pour ce qui le concerne, tranché le terrible dilemme haddokien.

L’AVERTISSEMENT / P3C2E8

P3C2E8 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 8)

 
N°197 / L’AVERTISSEMENT / P3C2E8

 
C’est l’histoire où l’on retrouve la trace du Mélanippé, du côté de Dakhla, sur la Côte d’Afrique, et où Arthur est mystérieusement prévenu d’une attaque de la base des Chonos. Par l’Épouse ? Par Finette ? Au passage, Rébéquée toilette le météorologue.

 
Mercredi 15 juin
9 heures
Bureau N°1

  A neuf heures, Rébéquée revient de Pau, où elle a conduit Eusèbe et Jeanne, et elle trouve un peu fort qu’il y en a des qui dorment en volupté pendant que d’autres travaillent. 

  Bien sûr, cela ne s’adresse pas à Nouye, qui, elle, veille, et lui montre sur l’écran que le Mélanippé est reparti en direction de Nouakchott.
 
Il a laissé une centaine de palettes à Dakhla, certainement sur le quai ou dans un hangar. 

  Mais dix palettes ont été embarquées sur un navire inconnu qui fait route Nord-Nord-Ouest, peut-être vers New York ?

 
Elasque-Jean Kronobian râle d’avoir été réveillé aussi brutalement et tire sur sa barbe pour manifester un réveil grognon. S’en détachent quelques poils gris et frisottés comme poils de cul qu’il disperse à tout va en gestes mécontents. 

  Il a l’œil bouffi et l’haleine chargée.

 
Nouye, qui compatit à son humeur maussade pour en connaître les raisons, les expose à Rébéquée qui s’excuse platement et le guide d’une main ferme vers la salle de bains la plus proche. 

  Il est vrai que l’érémitisme professionnel auquel sont livrés les guetteurs de ciel peut favoriser un certain relâchement dans l’hygiène personnelle.

  
 Elle lui explique le maniement de la douche et de la brosse à dents, lui montre un sèche-cheveux, qui peut faire office de sèche-barbe, et un plein placard de vêtements divers (de ceux que les Numéros ont accumulés dans ce qui fut leur antre) et elle le laisse se démerder. 

  Puis elle revient au problème antérieur qu’elle continue d’explorer avec Nouye :
- Le connaissement ne parlait pas de réexpédition vers l’Amérique. Mais il est vrai que j’ai eu beaucoup de difficultés à entrer en relation avec les autorités portuaires de Dakhla. A croire qu’elles sont complètement intoxiquées, elles aussi… Les palettes de soupe concentrée qu’on leur a livrées sont destinées au Maroc dans le cadre de l’Aide Internationale à l’Afrique. Elles ne devraient pas en sortir…
- Un trafic ? propose Nouye…
- Un trafic de soupe concentrée vers les Etats-Unis ? Pour dix palettes ? Non, il faut suivre attentivement ce bateau inconnu. Il est possible qu’il nous conduise en Harpie… Amaïa pourrait peut-être lui envoyer quelques crabes espions ?

 
Arthur, que ce remue-ménage a éveillé, revient, à peine vêtu d’un ample peignoir bleu à fleurs et de paupières tombantes :
- Il faudrait aussi prévenir l’ONU, après tout, c’est une cargaison d’aide humanitaire… Donc gratuite, d’où la possibilité de trafic… Mais certainement pas vers les Etats-Unis qui ne manquent pas d’approvisionnements à ce point…
- Et tu es sûr que l’ONU n’est pas… intoxiquée, elle aussi ? demande Rébéquée…
- Tu as raison. On ne peut plus se fier à personne. Il faut attendre le retour d’Eusèbe et de Jeanne. Et Ravot ? Il a du nouveau ?
- Je ne sais pas, mais son espace de liberté va aussi en se rétrécissant : de plus en plus de cadres et d’exécutants sont contaminés, aussi bien dans la police que dans le secteur judiciaire. Sans parler des administrations. On n’a pu donner de la soupe qu’à la gendarmerie de Marinoval et aux collègues d’Amélie, à la brigade de police scientifique. Tant qu’on n’aura pas de poudre d’annihiline[1] en quantité… Et une stratégie d’administration claire et efficace…
- Il faut attendre le retour d’Eusèbe et de Jeanne, confirme Arthur. S’ils parviennent à récupérer le Président…

  C’est là qu’est arrivé ce curieux appel non localisé. Non localisé, confirme Nouye qui pourtant vous situerait à un mètre près un coup de fil lancé en Alaska par un ours blanc égaré dans le blizzard. Et qu’elle a enregistré.

Une voix féminine, brouillée, lointaine, prévient Arthur Malfort qu’elle dit avoir déjà rencontré, que la base du Haï I, dans les Chonos, serait peut-être bientôt attaquée…

Et puis on a coupé très vite…

 
- C’est celle qui m’a déjà sauvé, remarque Arthur pensif… Il n’y a que quelqu’un de chez eux qui peut savoir quelle était cette base du Hai I. C’est bien elle… Je me demande… La vision est floue, je me trouvais dans un triste état et elle se dissimulait…

  Il fait un gros effort de mémoire… 

  - Elle m’a parlé de… Pain de Couleuvre… L’Épouse… Finette de Sainte Fouillouse ! C’est elle ! Nouye, appelle Mnouay aux Chonos et dis-lui de déclencher l’opération prévue par le Plan. Tout de suite ! J’appelle l’ONU à Puerto Cisnès… Et il sera intéressant de retrouver sa sorcière de mère. Elle a peut-être des choses à nous apprendre…


[1]L’annihiline détruit les effets des poudres de la Nouvelle Réna, qui intoxiquent et contaminent tout le pauv’monde.

LE DÉPART DES AMAZONES / P3C2E11

P3C2E11 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 11)

 
N°200 / Le DÉPART DES AMAZONES / P3C2E11
  

C’est l’histoire où les Amazones partent à l’assaut de la base de l’île Gamblin.

Jeudi 16 juin
5 heures 30
Omphalie
(10 heures 30 en France)

  Il fait encore nuit lorsque le hangar émerge des flots. 

  Comme l’hélicoptère seul va décoller, on n’a pas sorti la grande piste, mais juste le tronçon qui tient lieu d’héliport.

 
Les larges portes métalliques s’ouvrent. 

  Lumière bleue, discrète, qui s’étale sur les vagues profondes du Pacifique en éclairant le caillebotis de plastique sur lequel l’hélicoptère, rotor déployé, se trouve poussé par ses futurs occupants. Outre le pilote (déjà monté à bord et qui effectue les dernières vérifications), le copilote-radio-navigateur, et trois silhouettes féminines, en combinaison de néoprène noir.
 
L’appareil est placé sur le grand H, au centre du cercle d’où il devra décoller. Un dinghy de petite taille, équipé d’un moteur hors-bord électrique est fixé à quatre crochets disposés entre les patins de l’hélico.

La turbine ronfle et monte dans l’aigu. 

  On décolle. 

 
Les portes se referment et le hangar s’enfonce au ras des flots, indétectable…

  Cinquante kilomètres… C’est la distance jusqu’à l’île Guamblin. Un quart d’heure de vol.
 

Mais il ne s’agit pas de se poser sur l’île. Non. « On », leur agent, a prévenu : depuis que Yann Marbeuf, cet électricien qui voulait collaborer avec Malfort a été retrouvé écorché au sommet de l’île (P2C2E3), les Chochos ont installé des postes de garde en haut des falaises qui la ceinturent. Alors il faudra débarquer discrètement, là où « on » a dit qu’il y avait peu de chances pour que la côte soit surveillée. Et puis ce qu’ils guettent, c’est l’arrivée d’un hélicoptère, pas d’un canot pneumatique.
  L’hélico vole sur place au ras des flots, à moins d’un kilomètre de la côte, sous le vent pour ne pas être entendu.

 
Les portes à glissière de l’arrière sont ouvertes. 

  Le copilote tire sur une poignée qui libère le zodiac de ses crochets d’attache.
 
L’une après l’autre, les trois Amazones en combinaison de plongée se laissent glisser le long du câble qui empêche le canot de s’éloigner. Chacune porte en bandoulière son arc et son carquois ainsi qu’un rouleau de corde. Poignard à la ceinture. Pas d’armes à feu. Inutile et bruyant…

  Le câble est détaché et remonte, enroulé sur son treuil. 

 
L’hélico disparaît, happé dans le ciel. 

  Ne reste que le bruit du ressac et le faible ronronnement du moteur électrique du canot qui se dirige vers la ligne noire où il aborde peu de temps après.
 

La falaise est ici relativement accessible. 

  Le passage des trois Amazones éveille une foule d’oiseaux marins qui nichent entre les rochers… Un peu d’agitation, quelques froissements d’ailes et des piailleries, et le calme revient. Elles ne rencontreront personne avant un bon quart d’heure, puisqu’elles savent que les postes de guet sont espacés de deux kilomètres et qu’elles ont abordé entre les deux premiers. 

 
Elles ne risquent rien.

  Parvenues sur le plateau côtier, elles se dirigent directement vers l’endroit où elles savent que se trouve l’entrée de la base, dans un creux près du replat où s’est posé l’hélico d’Arthur Malfort.
 
C’est ce que l’une d’entre elles, qui a participé à l’expédition punitive contre Yann Marbeuf  explique aux deux autres : elle a vu arriver l’hélico de l’ONU, depuis le petit sommet où elle achevait le travail. 

  Le temps que les Chochos descendent le cadavre de celui que

la Patronne avait liquidé en Patagonie, et ils avaient pu repartir, ni vu ni connu ! 

  Pourtant leur hélico à eux était tout près de celui des autres… Mais ils n’ont rien remarqué. Ils étaient tellement occupés, avec leur macchabée ! 

  Et ça ne s’est pas arrangé quand ils ont trouvé l’écorché !
 
Arthur Malfort… 

  A son évocation, les trois filles gloussent et se poussent du coude : Bitenor ! Et de caresser quelques souvenirs dans le sens du poil, jusqu’à ce que celle des trois qui dirige l’expédition leur fasse signe de se taire : on approche du but. 

 
Le but, c’est la petite porte qui permet d‘entrer dans la base depuis la surface de l’île. 

  Or, il n’y a pas de garde. 

  Ce qui est anormal.

COUIC L’INDIC / P3C2E12

P3C2E12 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 12)

 
N°201 / COUIC L’INDIC / P3C2E12

 
C’est l’histoire où les Amazones investissent la base de Guamblin et égorgent leur indicateur.

 Jeudi 16 juin
7 heures
Île de Guamblin
(12 heures 30 en France)

(Suite directe de P3C2E11 : lien)


Les trois filles se séparent, deux d’entre elles longent la côte, chacune dans une direction, pour « nettoyer » les environs, tandis que la troisième reste sur place pour le cas où quelqu’un sortirait par la porte métallique qui aurait dû être gardée.

 
C’est inquiétant, mais, bon…

  L’affaire n’a pas pris plus d’une heure. C’est ce qui était prévu.
 

Alors tant pis pour les anomalies, elle détache le petit émetteur qu’elle porte à la ceinture, près de son poignard, et, en deux phrases brèves, elle confirme le succès de leur commando : la surface de l’île est dégagée.

  Un quart d’heure plus tard, les deux autres reviennent : elle n’ont trouvé personne. Des postes de garde vides.

 
Les trois acolytes se gaussent de ces foutus Chochos qui n’ont pas de suite dans les idées. C’est vrai, quoi… Avec un front et un nez pareils, faut pas s’attendre à des génies… Sans parler de leur gros cul !

  Rapidement, elles balisent un terrain plat à l’aide de lampes torches, car la nuit est encore profonde.
 
Un bourdonnement : leur hélico revient, dépose cinq nouvelles Amazones et repart.

  S’il l’avait pu, leur contact serait venu leur ouvrir la porte, mais il a dû être retenu. Il travaille aux transmissions. A l’entretien, bien sûr : les prisonniers (c’est comme cela que se définissent les anciens occupants de la base qui s’y sont trouvés « coincés » après la défaite des Numéros) ne travaillent pas comme opérateurs ! Les Chochos sont cons, mais quand même pas à ce point. Enfin, de temps en temps, il peut passer un message. Mais là, pas un mot depuis mardi minuit. 

 
Heureusement qu’il a pu transmettre les informations utiles dimanche dernier…

  Encore deux rotations… Dix Amazones de plus.
 

Elles sont dix huit en tout.

  Celle qui commande ouvre la porte métallique. 

 
Elle s’attendait à trouver une certaine résistance, une serrure verrouillée, des gardes là-derrière… 

  Rien, tout est ouvert ! La porte était simplement poussée contre son chambranle. Entr’ouverte, en fait.
 
L’obscurité est totale et le silence complet. On n’entend même pas le bourdonnement de l’usine, qui pourtant reste toujours présent, aux dires des correspondants.

  Le désert.

 
On allume des torches électriques et on s’enfonce dans la galerie obscure…

  Tout est donc éteint dans ce monde souterrain ? Inerte ? Mort ?

Voilà qui arrangerait bien le commando, où l’une éclaire l’autre qui garde l’arc à-demi tendu… Ce n’est certes pas l’arme idéale pour cet endroit clos et renfermé, sauf dans ces vastes salles où l’on débouche au milieu de machines silencieuses…

  Elles ont même pu prendre le temps d’ôter les combinaisons de plongée qui les protégeaient du froid et de l’eau, et de remettre leurs tuniques, pour retrouver leur apparence de chasseresses sacrées, confortées d’ainsi redevenir la Première Garde de l’Élue…

  …de l’Élue dont le Falcon a décollé juste avant le dernier retour de l’hélico, après que toute la piste a été déployée et orientée : elle part en Harpie rejoindre son Frère. 

  Il y a de grandes chasses dans l’air !
 

À Guamblin, les nerfs sont tendus comme les cordes des arcs… Celles qui tiennent les puissantes torches électriques et qui éclairent la progression ont gardé le leur en bandoulière et sorti leur poignard, mais les autres sont prêtes à tirer…

  Un mouvement… Les faisceaux convergent vers une silhouette furtive…

- Rendez-vous ! s’écrie celle qui dirige le commando, rendez-vous ou bien nous irons vous chercher et vous le paierez de votre peau !