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Varochaix et le parti Nari (National Régionaliste)

Varochaix

 
Garagiste à Saint Tignous sur Nivette. Fondateur du Parti National Régionaliste Béarnais, plus simplement appelé « NARI ». Élu à ce titre au Conseil Municipal de Saint Tignous sur Nivette.

 
Un mètre cinquante trois et demi, chausse du 36. Son portrait détaillé est donné, psychologique et tout, en P2C2E9

  A participé à l’enlèvement d’Eusèbe Malfort (P1C3E11).

  Pressenti par Arnaud Boufigue (P1C3E6) lors de la mise en place du réseau des Écolocroques (où il rencontre Finette P1C3E21), il sera l’un des premiers à avoir adhéré à la Nouvelle Réna, grâce à l’action militante de Gertrude Pilon(P2C2E9).
 

Après la mort des édiles, il s’empare de la Mairie (P3C1E27)

LA VISITE DE L’ARCHEVÊQUE / P3C1E29

P3C1E29 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 29)

N°174 / LA VISITE DE L’ARCHEVÊQUE / P3C1E29

  C’est l’histoire où Varochaix,nouveau maire autoproclamé, après une extraction de racine de buyère[1] opérée par la veuve du défunt, reçoit celle de l’archevêque Gerhardt Zeeman.

  Samedi 11 juin
11 heures 30
Mairie de Saint Tignous sur Nivette

 

C’est l’affaire de dix minutes que de réorganiser les services en fonction des vraies compétences et des priorités.

(Pour retrouver le début de ce coup d’état municipal, suivre les liens
P3C1E27 et P3C1E28
)

 
Le seul à parler couramment béarnais, le concierge, se trouve promu Secrétaire de Mairie en charge des relations avec l’Etat français, coiffant de son autorité neuve l’ancien secrétaire tout dévoué à feu Belcoucou et de ce fait va savoir pourquoi, inquiet, qui se trouve ravi de passer en seconde ligne. 

 
L’agent comptable est remplacé par un de ses hommes, qui s’y connaît puisqu’il tient les comptes du Parti, et il est rétrogradé au rang d’aide-comptable. Lui aussi ravi de cette rétrogradation. 

 
Les salaires, on s’en fout, on n’y touche pas. C’est la fonction qui compte. Qui compte ! C’est le cas de le dire. 

 
Et l’impôt révolutionnaire, rebaptisé Contribution à la Culture Régionale est instauré. Il touchera toutes les entreprises colonisatrices. C’est-à-dire toutes celles dont le patron ne parle pas béarnais. Surtout s’il n’est pas d’ici depuis au moins deux générations. Non, trois, autrement on aura plein d’Espagnols de 36. Ça devrait représenter 90% des entreprises, au moins… Sauf les péïzouss, les vrais, pas les néo-ruraux pseudo-écolo-bricolos……

 
Les dossiers récupérés et confisqués sont confiés à un Nari discret pour qu’il les convoie jusqu’au garage Varochaix où il devra les monter dans l’appartement du Patron. Voilà. C’est réglé. Devoir accompli. 

 
Reste à convoquer le Conseil Municipal pour authentifier tout ça.
 
Au boulot, le secrétariat !
 
Au fait, on demande le Nouveau Maire. Monseigneur Zeeman. Il annonce sa visite… Quand ? Mais tout de suite…

 
Et tout de suite, c’est tout de suite.

 
Une longue et solennelle voiture noire s’arrête devant la mairie. Ses portières arrière sont ornées de grandes croix d’argent. 

 
Le chauffeur, ganté de noir, en uniforme noir à casquette et bottes cirées, en sort, impassible, et vient frapper à la porte de verre fermée qui laisse transparaître le panneau « Fermé pour deuil ».

 
On lui montre le panneau. Il montre la voiture. On pressent l’Huile. On entrouvre la porte. On s’informe de son identité. On prévient le Nouveau Maire.

 
Et c’est ainsi qu’il apprend que Monseigneur Zeeman, archevêque « in partibus infidelium » lui rend visite.

 
Varochaix l’attend.

 
Le chauffeur est retourné ouvrir la portière arrière de la grosse voiture noire. En descend un petit homme sec drapé dans une ample cape noire dont le capuchon, rejeté dans le dos, lui donne tout à fait l’air d’un moine. 

 
D’ailleurs, c’est un moine. 

 
Après sa nomination à la tête de la Fraternité Saint Pie X, et  avoir été fait archevêque in partibus honoris causa et tralala par le nouveau pape de cette époque, qui était bien décidé à l’honorer de ce titre pour récupérer les rudes brebis conservatrices qui en constituaient le froment, le ferment et le sel, le père Gerhardt Zeeman, pour afficher ostensiblement l’officielle modestie de la Fraternité, avait repris l’habit du Père Zeeman, OP, que ça veut dire dominicain, ordre dans lequel il avait commencé sa carrière. 

 
Le pape comme l’archevêque souhaitent en effet rendre à cet ordre son rôle initial d’Inquisiteurs, afin d’éradiquer les suppôts de Satan que le moderne Torquemada voit foisonner comme crocodiles en marigot (il a aussi été missionnaire au Congo avec Tintin et ne recule pas devant l’audace de la métaphore). 

  L’œil charbonneux et le poil gris taillé en brosse courte, raide comme paille de fer, il possède l’art inné de déstabiliser son contradicteur d’un seul de ses regards  aussi insondables que ceux de

la Vierge de Nuremberg. D’où il est natif.

  Son manteau, ouvert sur sa robe blanche et son scapulaire serrés dans la même ceinture de cuir noir, découvre une croix pectorale d’argent massif, centrée sur un gros rubis, que le pape lui a offerte le jour de sa consécration archiépiscopale. 

 
Pour éviter que la lourde croix ne se balance au bout de son cordon de soie pourpre en lui cognant le sternum, Monseigneur Zeeman a fait rallonger ce cordon pour pouvoir l’engager dans sa ceinture, auprès de son rosaire, ce qui lui permet de dégainer le crucifix plus vite que son ombre.

 
Il monte lestement le perron, suivi du chauffeur qui porte sa mallette, et entre dans le hall où l’attend Varochaix, en passant avec indifférence devant le nouveau concierge qui lui tient la porte. « Dominus vobiscum », dit-il en tendant son anneau au nouveau maire, qui regarde la main levée dans une position inhabituelle, la saisit et la secoue confraternellement en répondant « Et cum spiritu tuo ».

Après tout, on est entre notables, non ?

 
Et puis il le conduit vers « son » bureau.

 

On n’a toujours rien dit. Et Varochaix est un peu agacé par ce petit bonhomme à l’air pète-sec. Même s’il sait que l’Eglise aurait plutôt tendance à regarder les Naris d’un bon œil, et si de ce fait et pour entretenir les relations, il paie un solide denier du culte et va à la messe quand il le peut. 

 
Il est même allé à Lourdes. C’est pour dire ! 

 
Et c’est vrai qu’il aime ça, l’encens, les chansons et tout ça. Comme les chansons entre amis. En béarnais. A l’église, il les aimait bien en latin, ça avait de la gueule. C’était moins gnian-gnian que maintenant. Moins bêli-bêla, troupeau-sous-la-houlette, le vent dans la houppette, balance tes roupettes, et tout ça. Maintenant, on se fait la bise, on se lève et on s’assied, et tout le monde communie, c’est vrai quoi, c’est pas sérieux.  Avant au moins on triait. Varochaix a été enfant de chœur et il sait de quoi il parle. Pour mériter la communion, c’était au minimum 5 pater et 5 ave. Et encore. Quand le curé était bien luné. C’est pour ça qu’il a répondu du tac au tac quand l’archevêque lui a dit dominus vobiscum. Les répons, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

 
Il lui montre un fauteuil et s’assied lui-même derrière « son » bureau où rien ne manque (sauf le Mont-Blanc, faudra qu’elle me le rende, c’est municipal).

 
Le chauffeur reste debout derrière son patron.

 
L’archevêque se renverse dans son fauteuil en fermant à demi les yeux, joint les mains par l’extrémité de ses doigts tendus, semble méditer un temps… (Accouche, se dit Varochaix).

 
- Mon Fils, j’ai appris hier le drame qui avait frappé votre belle cité où votre Maire, Félicien Belcoucou, Dieu ait son âme, avait contribué au maintien d’un solide noyau de traditions chrétiennes. J’entretenais avec lui des liens d’estime paternelle que j’avais pu conforter lors de multiples rencontres. Après tout, ne sommes-nous pas dans un saint lieu qui fut jadis construit et consacré par l’Ordre auquel j’appartiens ?
- En effet, en effet, approuve Varochaix (ça ne mange pas de pain de dire du bien des morts qui ne viendront plus vous emmerder et qui vous ont laissé la place en rejoignant les anges), mais vous devez savoir qu’en matière de Tradition…
  L’archevêque lève la main où rutile son anneau :
- Je sais, mon Fils, je sais… Je vous connais et j’estime votre engagement. Je connais les efforts que vous avez su déployer pour maintenir vivant le patrimoine irremplaçable de votre Nation, et à quel point vous avez su y préserver la place qu’y occupe notre Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine…
 
Varochaix approuve du chef. Il ne voit pas bien où tout cela le conduira, mais il laisse venir : c’est comme au garage, quand un client se promène, il faut le laisser aller… 

  Pour passer le temps, il se prend une petite saucisse.

 
- Votre belle région a toujours su abriter les réprouvés et les victimes de la vindicte officielle, tout comme nos maisons de prières, asiles jadis inviolables, et c’est à ce titre que je suis venu vous trouver. Je voulais m’assurer que vous maintiendriez cette tradition, que votre prédécesseur, et son père avant lui, ont toujours honorée comme la plus sacrée de toutes…
- Mais… Sans doute, sans doute, Monseigneur, seulement je ne vois pas bien…
- A qui je fais allusion ?
- En effet…
- A personne en particulier, je voulais seulement m’assurer de vos bonnes dispositions…
- A priori…
- Je ne parle pas de n’importe quel bandit de grand chemin, bien sûr, mais d’âmes choisies, qui, dans le but de servir une sainte cause se trouverait contraintes à la fuite.
- Et comment pourrai-je les reconnaître, ces « bandits d’honneur » qui bénéficieraient ainsi de votre haute protection ?
- Mais le plus simplement du monde, mon fils : ils se recommanderaient de moi…
- Evidemment…
- Me permettez-vous de bénir ce bureau, de le sanctifier ?
  Varochaix n’y voit aucun inconvénient et le manifeste en levant à-demi les mains.
 
- Dominus vobiscum… commence l’archevêque sans se lever, mais en fermant les yeux pour se concentrer sur les grâces divines qui ne vont pas manquer de rappliquer.
- Et cum spiritu tuo, répond machinalement Varochaix, qui pense toujours que ça ne mange pas de pain. 

  Le chauffeur s’approche du bureau et y pose la mallette de l’archevêque. 

 
Il l’ouvre. Il en sort un petit encensoir qu’il allume et laisse fumoter là où il se trouve posé. Puis il retourne à sa place derrière le fauteuil.

  Monseigneur Zeeman se lève, saisit l’encensoir de campagne par sa chaînette et entreprend de le balancer pour chasser à grands coups de fumée les diables qui auraient pu se cacher dans les replis des rideaux.
 
Ça sent bon, se dit Varochaix qui « décolle » petit à petit. Manque plus que l’harmonium et le surplis et il régressera en petit garçon qui a bu du vin de messe ! 

  Mais non, il est le nouveau maire et il regarde un archevêque opérer pour lui tout seul. Ça lui plaît à Varochaix. Il se sent tout mystique. 

 
Surtout quand l’archevêque lui tend un petit biscuit :
- Goûtez, ça vaut bien les saucisses !

En effet, ça vaut les saucisses, et l’âme immortelle de Varochaix s’en trouve confortée dans son oraison. Les anges volent avec de doux cui-cui…

- Alléluia, s’écrie-t-il dans l’enthousiasme qui soudain le transporte. Et vive l’Eucharistie ! On a beau dire, rien ne vaut une bonne Tradition. 
- Ite missa est, conclut l’archevêque en rangeant son petit matériel. Alors, c’est entendu ? Tous ceux qui se présenteront de ma part et vous offriront un biscuit du Petit Jésus…
- Se trouveront protégés par mon saint Zèle, soyez-en sûr…
- Ils ne seront pas forcément chrétiens, vous savez, mais nous avons le devoir de protéger nos frères en Dieu… Ne serait-ce que pour les y ramener…
- Cela va sans dire…
  - C’est pas tout, relance l’archevêque en voyant le « maire » se lever pour prendre congé.
- A votre service, embraye Varochaix prêt à tous les Saints Sacrifices.
- Il y a les autres.
- Les autres ?
- Les autres, ceux que nous pourchassons, que nous traquons, les réprouvés de Dieu et de son Eglise.
- Les Méchants, les Impies, les Fils de Satan zet ses Suppôts ?
- Les Pires, Relaps de tout poil et de toute boue, Vils Vilains Crapoteux Apostats Prétentieux Orgueilleux Schismatiques et j’en passe !
- Je sais, comme on dit (un souvenir fulgure dans l’esprit de Varochaix, dopé au Biscuit de Petit Jésus), son nom est Légion !
- Votre science théologique me surprend, Filius mihi. Elle se fait rare et n’en est que plus précieuse.
Varochaix baisse modestement les yeux :
- Pour Sa plus grande gloire, Monseigneur… N’empêche (on peut avoir une poussée mystique sans trop perdre le sens des réalités)… Ça me pose deux questions : petit un, qui ? et petit deux, qu’est-ce qu’il faut en faire ?
- Qui je vous dirai…
- C’est facile, c’est comme pour les autres d’avant qu’il faut protéger, mais le loup débusqué ?…
- Vous appelez Edgar Maupuis, que vous connaissez bien (il montre la boîte de saucisses sur le bureau), et qui collabore avec Nous en cette occurrence. Il s’en chargera.
 
Il chuchote, en confidence :
- Nous avons passé des accords…
- Ahhhhh !!! admire Varochaix en hochant la tête.
- Chuttt, souffle l’archevêque un doigt sur les lèvres…

  Varochaix tend la main, couvrant sa discrétion d’un geste rassurant :
- Et c’est tout ?
- Presque. Votre prédécesseur, Dieu ait son âme, m’avait parlé de… dossiers…
 
Varochaix a une moue évasive doublée d’un regard interrogateur (mystique, d’accord, mais pas con, quand même)…

  L’archevêque poursuit, toujours aussi confidentiel :
- … de dossiers dont certains, issus de mon confessionnal, sont frappés du plus profond des secrets. Il faudra me les remettre si vous les trouvez un jour…
- Je n’ai pas eu le temps…
- Il ne faudrait pas qu’ils tombent entre des mains impies…
- J’y veillerai, Monseigneur, j’y veillerai…
- Sans les ouvrir, mon Fils, sans les ouvrir. Il y va de votre Salut Eternel… L’Enfer, les Diables, et tout ça…
 
Varochaix se signe par trois fois, en montrant qu’il a compris, hou là là !!!

- Il en sera fait selon votre Volonté, Monseigneur…

  L’archevêque se lève :
- Que votre lutte et votre Nation soient bénies, mon fils…
- Amen, mon Père…
- A bientôt, mon fils… Et faites-moi savoir à ce numéro (il lui tend une carte de visite), si vous découvrez quelque chose…
- Je n’y manquerai pas, mon Père…

 
Monseigneur Zeeman lui tend son anneau à baiser.

  Varochaix, ébloui, lui serre la main.
 
A midi, Suceprout et Humevesne sont « extraits » de l’hôpital par deux policiers en uniformes munis de tous les documents nécessaires pour leur transfert à Pau.
 



[1] Le bois dont on fait les pipes. Pour sa part, l’écume de mer, dont on fait aussi des pipes, est de l’hydrogénosilicate de magnésium de formule H4Mg2Si3O10 appelé sépiolite, minéral du groupe des argiles, à structure fibreuse.

LE PARTI NATIONAL RÉGIONALISTE / P2C2E9

P2C2E9 (Partie 2 / Chapitre 2 / Episode 9)

 
N° 110 / LE PARTI NATIONAL RÉGIONALISTE / P2C2E9

C’est l’histoire où nous apprenons à mieux connaître Varochaix, chef du Parti National Régionaliste (ou NARI) de Saint Tignous sur Nivette, que Gertrude invite à

la Nouvelle Réna.  

Mardi 3 mai
10 heures trente
Garage Varochaix

  [Cet épisode sera largement consacré à Varochaix. Dans un souci (pris dans le sens naturel de « préoccupation » et non dans le néo-sens euphémistique de « grave problème qui va vous tomber sur la gueule ») de clarté, d’intelligibilité, voire de simple et évidente lisibilité, l’Hauteur (ainsi appelé parce qu’il voit les choses de Haut) (c’est Tonton Raspoutine) a consenti (laissez venir à moi les Petits Lecteurs…) à ne livrer les propos et pensées de Varochaix que dans une traduction simultanée et instantanée : métis de Basque et de Béarnais (ici, on appelle ça un charnégou, mais on a, depuis quelques temps, cessé de tondre les filles basques qui épousent un Béarnais. Et réciproquement…), Varochaix a découvert sur le tard sa langue paternelle (sa mère est Basque) (mais c’est l’Homme qui prédomine, bien sûr) (et puis elle parle peu et personne n’y comprend rien). En effet, à la maison, comme à l’école, chez les Pères, où Varochaix a subi un début d’études secondaires avortées (non pas par incapacité (il est vraiment intelligent), mais par distraction, dissipation et agitation de polisson), jamais Varochaix n’a parlé d’autre langue que le français. Toutefois, il a conservé une foi catholique, apostolique et romaine bien ancrée qui l’a laissé en contact étroit avec les Pères (qui pratiquent le pardon au mouflet qu’ils ont viré en tant que tel lorsqu’il est devenu adulte et rentable). Pères qui, dans ces contrées comme dans d’autres, ont su encourager des fibres national-régionalistes latentes, allant bien souvent jusqu’à abriter les brebis égarées dans un extrémisme meurtrier au sein de leurs structures conventuelles, de manière à se garder, sur le coin du feu, quelques fers à eux favorables pour le cas où l’exécrable république, d’abord régicide, puis mil neuf cent cinquiste et donc ignoblement laïciste, se trouverait enfin en difficulté. Les ennemis de nos ennemis sont nos amis, comme le disait Saint Pie X, et

la Sainte Politique est une longue patience. Ménage ton cierge. Amen
[1].

Donc, Varochaix s’était peu à peu imprégné, de retraite en pèlerinage, de l’importance toute paysanne de ses très lointaines racines béarnaises. Lui, dont la famille vivait, dans le calme cossu d’un immeuble du centre de Pau, une existence confortable de commerçants bourgeois chaudement fourrés de petit gris (sans imaginer pouvoir se donner le ridicule de parler patois), s’était senti  pousser du foin dans les sabots. Bien sûr, il continuait à vivre en ville (la campagne le déprimait : on ne vit pas les pieds dans l’eau de

la Source, voyons, on se contente d’en savourer le gazouillis), mais il s’était senti le besoin d’une langue aux charmes rocailleux de comice agricole (ah, l’odeur de la bergerie…). Et il appréciait plus que tout la complicité, la chaleur communautaire qui s’exaltait jusqu’à l’extase lors de tonitruantes soirées entre amis aux mêmes préoccupations, où l’on chantait a capella en maniant le contre-chant (comme chez les Pères), de ces interminables chants d’Hommes qui sont la sève du Pays, tandis que les femmes sont aux fourneaux. D’ailleurs, sa femme, lassée de n’être jamais invitée à ces agapes « entre Hommes » avait fini par fiche le camp. Pas étonnant : c’était une étrangère. De Bordeaux…

  Tout cela pour expliquer que Varochaix pensait en béarnais, ou plutôt, qu’il avait tendance à traduire en béarnais sa pensée spontanée, qui, hélas, se manifestait en français, pour la rendre conforme à son Idéal. Le résultat était souvent assez compliqué, sinon confus, et en tout cas, se manifestait par une sorte de sabir mental assez peu accessible pour tout autre que lui-même, Varochaix (et parfois, il faut bien le reconnaître, pour Varochaix lui-même).

  Donc, et pour en finir avec ce préambule, l’Hauteur, qui, lui, se doit de rester clair autant que, laborieusement, ses moyens le permettent, a décidé de traduire systématiquement en français ce qu’il perçoit des pensées interprétables de ce personnage.]


 
Les repas d’affaires sont à l’homme du même nom ce que sont les séances de chimiothérapie aux cancéreux : un mal nécessaire. C’est très exactement ce que pense Varochaix en regagnant son bureau après un (fructueux, mais trop copieux) repas au restaurant de l’hôtel Marengro où il avait invité un client potentiel soucieux de se lancer dans le taxi et l’ambulance. Un petit jeune dont l’avenir professionnel lui semblait des plus minces mais qui voulait croquer sa prime de licenciement (il avait travaillé dix ans chez Lartigo avant la « restructuration ») et sa prime de création d’entreprise, dans l’achat de trois véhicules neufs équipés. Impressionné par l’hôtel Marengro, le petit jeune, et parce que Varochaix y était traité en homme important. Du coup, il avait signé.

  En fait, Varochaix avait dû mettre quelques billes dans l’hôtel quand il avait monté son garage dans la zone des Six Mille. C’est la condition qu’imposait Hilarion-Jovial pour vous faire obtenir les permis de construire : tu prends une part dans l’hôtel et tu la paies dix fois son prix sous la table. Moyennant quoi, tu peux bâtir ce que tu veux là où tu veux. Je sais bien que c’est du terrain agricole, mais il m’appartient. Je te le vends comme terrain agricole au prix du terrain agricole, et quand tu m’as payé (sous la table) la différence du prix constructible, j’obtiens sa mutation en zone constructible et tu as ton permis de construire. La différence de valeur, ça se règle entre nous, comme on a dit… Et tu gardes un traitement de faveur à l’hôtel… En prime… C’est-à-dire que tu peux entrer dans les cuisines avec ton client, ce qui « fait bien », que le chef vient te voir à table pour t’expliquer ses nouveautés (le nouveau chef : celui qui a fait l’étude de la construction (Alain, un copain) a été viré quand il a voulu se faire payer (l’insolent)). Et tu paies ta note, bien sûr. A la limite, s’il y a beaucoup de monde, tu paies en liquide et on te fait sauter la TVA. Mais ça, tu connais : tu fais la même chose avec les réparations aux voitures des copains, pas vrai ? Enfin, t’as intérêt à le faire avec les voitures d’Hilarion-Jovial, qui ne roule qu’en d’ignobles caisses qu’il faut faire durer, par discrétion fiscale. Mais tout ça, c’est du très ordinaire.

  Et ce n’est pas ça qui gène la digestion de Varochaix : c’est plutôt le foie gras suivi du magret aux haricots tarbais, du fromage, et de l’omelette norvégienne.

Varochaix est accroc à l’omelette norvégienne. Bien sûr, un Nari se doit de manger une grosse tranche de pur brebis à la confiture de cerises noires entre le magret et l’omelette, et la raison lui imposerait d’abandonner l’omelette, surtout que, hein, norvégienne ! En Béarn… Mais c’est à ce genre de vice que Varochaix ne peut renoncer. Ça et France Info qu’il écoute non stop… Parce que de toute façon Radio Pau-Béarn parle en français. Aucun intérêt. La meilleure source d’infos locales, pour lui, c’est le Burlatrri (Bulletin régional des Langues et Traditions Régionales de la Région d’Ici) dont il est le fondateur-rédacteur-distributeur-lecteur. C’est pour ça qu’il s’intéresse à l’actualité, bien sûr : il écrit des « synthèses ». Et puis, hein, la Lanterne du Fort, ou plutôt du Malfort (ça le fait rire, ce petit jeu de mots, Varochaix, même s’il ne le chante pas sur les toits : il craint les retours de bâton),

la Lanterne est très « orientée » et il n’approuve pas tout ce qui s’y passe (ça, c’est ce qu’il dit quand la conversation vient sur le sujet). 

  Mais Varochaix ne discute pas de n’importe quoi avec n’importe qui : il est prudent et il sépare les genres. Le militant Nari parle aux militants Naris. Le garagiste vend et répare des voitures. À tous ceux qui veulent faire réparer, vendre ou acheter des voitures. Le bizenessman fait du bizeness avec tous ceux qui en sont capables (comme Hilarion-Jovial), ou qui s’y risquent (comme le jeune de tout à l’heure). Et tout ça marche pas trop mal, merci. 

 
N’empêche : l’omelette norvégienne, ça pèse sur l’estomac, burp…

  Ah, oui, il y a aussi la MJC, pratique pour imprimer le Journal, avec sa bonne vieille ronéo et la réunion hebdomadaire des militants : on discute des nouvelles, on approuve les articles de Varochaix, on les tape, on les tire et on les encarte, dans une saine ambiance béarnaise, avec un plateau de charcuteries (boudin, andouille, chingare et pâtés divers) et de fromage (que du brebis) à la confiture de cerises noires, de pastèque ou de figue, depuis que Varochaix en a trouvé chez un grand cuisinier (on est grand cuisinier quand on affiche un menu à 150 euros dans un cadre chicos, avec pas grand’chose dans de très grandes assiettes), chez qui il avait emmené un client, du côté de Biarritz, histoire de changer un peu. Et tout ça arrosé de rouge de Béarn ou de Jurançon, en chantant les chansons d’Hommes habituelles. Ces soirs là,

la MJC est fermée à toute autre activité : non pas que l’accès en ait été limité, mais personne ne s’est montré capable de supporter trois heures de chant béarnais ininterrompu… Ce qui assure la discrétion des débats qui préparent ses interventions au Conseil Municipal où il est Conseiller Nari. Mais depuis deux ans et les « évènements », il est souvent d’accord avec le Maire, face à l’innommé adversaire commun qui a réussi à faire plonger les Écolocroques. 

  Mais c’est une autre histoire.

  Tout comme sa « fonction » de formateur en enseignement de langue régionale au sein de la même MJC (qui décidément se trouve être très mamelue), fonction à laquelle il consacre trois soirées hebdomadaires au cours desquelles il développe et approfondit sa conscience politique en de fructueux échanges avec des (entre deux et trois) interlocuteurs (déjà) convaincus.

 
C’est tout ça la vie de Varochaix. Pas de femme depuis son divorce. Une secrétaire tirée par-ci par-là pour l’hygiène. De celles qui veulent garder leur boulot. Rien de suivi. Il en a toujours au moins trois en ligne. Et il les change périodiquement…

  Et la digestion lourde quand l’omelette norvégienne fait des siennes… blurp…

 
Et c’est là-dessus que sa secrétaire (Emmy, la dernière, une conne, qu’il n’a pas encore tirée mais qui va y passer vite fait, comme les autres, si elle ne veut pas se faire virer, avec ce qu’elle fait comme conneries) lui annonce « Gertrude Pilon qui veut le voir au sujet d’Arnaud Boufigue »…
  Gertrude Pilon… qui c’est ça ? Ah oui… et ça le ramène deux ans en arrière…

 
De son côté, on a beau dire : Gertrude se sent péteuse. Chaque fois qu’elle croise Varochaix, elle se sent péteuse. Pourtant c’est un petit mec pas impressionnant pour deux sous (un mètre cinquante trois et demi, chausse du 36), ça n’empêche… C’est à cause de cette histoire d’enlèvement d’Eusèbe Malfort dans son combi, il y a deux ans.

  Alors, elle l’évite. Le croise le moins possible. D’ailleurs, elle ne va plus à la MJC. Mais quand elle le croise, eh bien elle se sent péteuse, voilà. 

  Elle a fait un gros effort pour venir.

Elle ne l’a jamais rencontré chez lui, enfin, dans son bureau : petit bonhomme, grand bureau, grand garage, les affaires marchent, on dirait. Gertrude n’aime pas l’automobile : ça pue, ça pollue, ça coûte cher. D’ailleurs, elle n’a plus d’auto depuis qu’elle a liquidé son combi VW. Et maintenant, avec les problèmes de réchauffement de la planète et tout ça, même s’il gèle quelquefois à la mi-juillet (le réchauffement, c’est à cause des autos, le gel, c’est les bombes atomiques qu’il a fallu faire péter à cause des Malfort, comme lui a expliqué Sri Mardouk Shankara), les routes sont toujours à moitié bloquées. Entre le réchauffement de la planète qu’il faudrait éviter en supprimant les gaz à effet de serre (Gertrude a débranché son frigo qui fait des trous dans l’ozone et supprimé les haricots blancs de son alimentation, et pourtant, elle adore, mais ça fait péter du méthane et ça c’est un terrible gaz à effet de serre, pire que le CO2, comme l’a dit René dans une réunion du collectif du 18 août, et là, pour une fois, il avait raison), et le refroidissement du Gulf Stream qui fait neiger, tiens, je plains ceux qui vont devoir aller à Pau cette semaine !!! Mais c’est de leur faute aussi, et ils vont encore pleurnicher qu’ils perdent leur boulot à cause du mauvais temps. Non !!! C’est à cause de leur imprévoyance et du manque de courage des hommes politiques qui n’ont pas su conserver la ligne de chemin de fer. D’ailleurs, le Maire l’a dit lui-même : tant qu’il n’y aura pas de vraie ligne de chemin de fer entre Saint Tignous sur Nivette et la capitale régionale, il sera difficile de valoriser la renommée mondiale qu’il a apportée à la ville !!! 

  Ah oui, aussi, elle a demandé un rendez-vous au Maire, après Varochaix.

 
En attendant, elle doit reconnaître qu’il est bien, son bureau. Pas d’odeurs de cambouis ni de gaz d’échappement, comme on aurait pu croire, un grand bureau en bois, sol plastique ciré, du plastique, c’est pas très écolo, mais ça se nettoie plus facilement que le bois et ici, hein, avec la crasse…

  Bien sûr, la situation a changé, elle apporte autre chose que ces vieilles histoires de souvenirs malheureux, elle apporte une invitation, voilà, elle explique, quoi, que c’est Arnaud Boufigue qui l’envoie, le patron de Super Troc, son locataire (alors c’est vrai ce qu’on racontait, pense Varochaix), qu’elle aussi est bien contente de revoir Varochaix, après tout ce temps (mais oui, ma cocotte, mais oui, vide ton sac) et qu’il y a du nouveau, qu’après Super Troc (m’en fous, l’automobile n’a pas été touchée par la mode troquiste) (parce que Varochaix y voit une mode plutôt sympathique, dans la mesure où elle rétablit des relations de proximité, et donc une « intensité dans les échanges régionaux favorable au retour des valeurs traditionnelles »), qu’après Super Troc, donc, et en son sein (Varochaix ne peut retenir un sourire en regardant Gertrude, très fournie de ce côté-là, tout en se posant quelques questions relatives à certaines consistances : ça doit être mou-mou-flop-flop) va se développer le « concept » de la Nouvelle Réalité Naturelle, ou Nouvelle Réna, qui ne pourra pas le laisser indifférent. Parce que c’est vrai, quoi, il avait su s’engager avec les Écolocroques, comme moi, hein, on est entre nous, et maintenant, ça ressemble, mais en mieux parce que ça va parler aux gens et les aider dans leurs difficultés tout en les rapprochant de leurs racines, puisqu’ils ne peuvent plus autant circuler (ça, c’est un argument à double tirage que lui a conseillé Daniel. A double tirage lui aussi. Au moins. Elle pouffe). 

  Varochaix n’a rien compris à son histoire de racines, de Réna, qu’est-ce que c’est que cette Réna ? Et qu’est-ce qui la fait rire ? Il savait qu’elle était un peu bébête et allumée pour l’avoir croisée au cours de réunions à la MJC, mais là…

 
Alors elle lui explique : « C’est tout naturel », ce sera une grande campagne de pub pour recruter des gens et les faire venir dans les Super Trocs devenir des Initiés qui vont gagner 20 % en soutenant les Élus.

Mais il est un élu, lui Varochaix, puisqu’il est conseiller municipal…

Non, c’est pas ça. Les Élus, avec une majuscule, c’est eux qui vont guider le monde, un peu comme du temps des Écolocroques, quoi, sauf qu’ils promettent seulement la Nouvelle Réna, et que tout le monde va venir s’initier pendant les séances d’initiation… Et que les autres seront punis avec le Grand Putois. C’est pour ça qu’elle ne peut pas en dire plus, vous comprenez ?

  Elle est devenue complètement cinglée, délire-grave, se dit Varochaix.
  Et c’est à ce moment-là qu’elle regarde par la fenêtre du bureau qui donne sur la grand-route, et qu’elle voit un grand panneau de pub avec une affiche gigantesque cinq sur sept toute fraîche : «C’est tout naturel », à l’entrée du lotissement des Six Mille.

 
Elle tend le bras :
- Vous voyez, ce que je disais ? C’est eux, les Élus ! Et ce sera pareil à la radio et à la télé !!! Arnaud l’a promis, et il ne raconte pas d’histoires !!! Alors, vous viendrez ? Daniel Forpris, l’Executive Manager d’Arnaud, son bras droit, (elle dit « son bras droit » avec gourmandise) vous montrera tout ce qui a été préparé. Vous êtes invité avec le Maire, le Conseiller en matière d’économie électorale et tout, je vais passer les voir… Mais vous, comme vous étiez déjà sur le coup des Écolocroques, j’ai pensé que vous pourriez faire venir votre groupe régionaliste : Réna, Nari, ça se ressemble, non ?… 

  Et puis il lui vient une idée, un souvenir de Tino (elle adôôôôre Tino, presque autant que Brigitte Bardot, mais elle, c’est pour ses robes en vichy rose et ses bébés phoques en peluche), et elle chante, la main sur le cœur et les yeux au ciel devant Varochaix ahuri :

 
- Nari Rénaaaaa,
Ah…, reste encore dans mes bras,
Avec toi je veux jusqu’au jour
Danser cette rumba d’amour….
[2]

  Vous voyez, c’est le destin qui veut nous rapprocher : vous devez participer, vous mettre dans le coup… (là-dessus, elle est soulevée par l’enthousiasme, Gertrude, elle pense à la manière dont Sri Mardouk Shankara lui a expliqué sa Mission, à elle, Gertrude, comment elle devra parler des Élus qui vont sauver la Nature en ramenant
la Nouvelle Réna et en faisant que tout le monde doit venir à

la Nouvelle Réna. Et tout ça. Et voilà. Si !).

  Varochaix la regarde avec les yeux ronds… Oui, bien sûr, je viendrai, mais…

- Pas de « mais », vous viendrez. Ce soir. Sept heures à Super Troc. Vous demanderez Daniel Forpris, mais je serai là. Réunion secrète. Importante ! (La réunion « secrète », c’est une idée de Daniel) Faut que je voie le Maire, d’abord. J’ai rendez-vous. Alors, c’est d’accord ?
Varochaix entend une ritournelle incroyable sur France Info qui bourdonnait en fond sonore : « C’est-tout na-tu-rel… » Comme un départ de manif de la CGT… En pub sur France Info !

- C’est d’accord…

D’accord. Mais il ne sait toujours pas pour quoi…

 
De toute façon, elle est pressée, son rendez-vous à la Mairie, et elle n’a pas trop le temps de discuter, de s’étaler (ouf, se dit Varochaix), alors à ce soir et …

  … Nari Rénaaaaa,
Ah…, reste encore dans mes bras,
Avec toi je veux jusqu’au jour
Danser cette rumba d’amour…


  Elle sort en chantant à tue-tête, sous les regards ahuris de Varochaix et de la secrétaire qui écoutait derrière la porte et laisse du coup tomber le dossier qu’elle apporte à la signature :
- Quelle conne, s’écrie Varochaix ! Je vais l’écrire dans votre Cahier ! (il tient à jour un grand cahier où il note ostensiblement toutes ses conneries) (Faut de l’Ordre, et un Chef, non ?). Et la prochaine fois, vous passerez à la caisse !

 
Gertrude n’a rien entendu de ce petit drame ni des couinements de souris de la secrétaire affolée par la perspective que ses collègues lui ont déjà exposée (quand le Cahier est plein, c’est ton cul ou la porte !). Elle sort du garage qui jouxte le Bureau du Patron en dansant, tralala, tout en rythmant ses pas à grandes beuglées de « C’est-tout na-tu-rel… », sous l’oeil perplexe des mécanos qui se demandent ce que le patron a bien pu lui faire pour la mettre dans cet état : il n’a pourtant pas l’air, comme ça…
 


[1] On trouve une convergence de fait entre ce raisonnement et celui d’édilocrates économico-financiéro-capitalisto-européens qui favorisent les « cultures régionales » en se disant qu’il est plus facile de tenir à l’œil cinq ou six « petites Nations » qu’une seule. C’est le principe du chacun pour soi qui prévaut à tout coup, qui se retrouve encore au boulot où chacun discute « librement » de ses conditions de travail avec son patron, « d’égal à égal » (liberté-égalité). Sans être emmerdé par des lois sociales dépassées, réactionnaires, immobilistes, ou des 35 heures criminogènes et affairicides ! Vive le Progrès ! Et vive l’égalité entre le loup et l’agneau, comme disait William Blake quand il voulait définir la tyrannie…

[2] Sur l’air de Marinella, bien sûr…

PERSONNAGES, LIEUX et TRUCS


On y trouve 7 rubriques :

Les noms soulignés renvoient à des rubriques particulières: cliquer dessus et c’est gagné.

Les Héros
les Méchants
les Autres (plus ou moins Bons, plus ou moins Méchants)
les “Autres”,
les Potions, les Drogues et tout ça
les Bleds
 les Institutions, les Choses, les Machins

Les Héros

  ü      Amaïa, fille de Clèm et de Victor, Tima en Tijules

ü      Amélie Fouad (chimiste, toxicologiste), œil droit céladon (mystique, tendre), œil gauche malachite (scientifique, dur) appelée Amélie-Qui-A-Des-Yeux-Comme-Les-Vagues-L’Hiver par les Goums de l’usine. Tata Lie en tijules. Ses promesses tiennent la route, contrairement à ce que l’on pourrait croire.

ü      Béatrace, dite Moustache : rédactrice au Matois. Mère de Tijules. Mama Béa, en tijules.

ü      Bichy : C’est le nom qu’Hélène donnera à son fils.

ü      Bichy : surnom d’Hector Picoriau. Voir à ce nom.

ü      Bramecourt Joël (Lieutenant): adjoint du commandant du Bouton.

ü      Buchmol : adjudant de gendarmerie Marinoval.

ü      Catachrèse (Lucien) : Commissaire de la police scientifique (physicien), stature d’ours, visage ingrat dissimulé sous une barbe irrégulière, petites lunettes à monture d’acier qui couvrent un regard flou et cheveux aussi rares que gris.

ü      Clémentine-Esméraldine Kaligourian, dite le Canon du Boulet ou Clèm : Courriériste aux Cœurs Fondus à
la Lanterne du Fort, journal Régional. C’est la femme de Victor Bourriqué, dit le Boulet. Tata Clèm en tijules.

ü        Cloclo Chatapus : hôtesse de l’air. Très gentille.

ü      du Bouton (Patrick) : commandant de la garde Républicaine. Ermantrude Filosselle du Bouton, née de Torte, est son épouse.

ü      Dubrieux : Flic. Brigade Financière Paris.

ü      Elasque-Jean Kronobian : ingénieur météo du Pic du Midi ; barbe de prophète grisonnant.

ü      Esche (Frêne) : Voir les « Méchants ». Très bien recyclée dans les Bons.

ü      Flora de Sainte Fouillouse née Leberne : mère de Finette. Sorcière. Apporte le « Pain de Couleuvre », qui protège la mémoire. À base d’hellébore noir. Le Pain de Couleuvre, bien sûr.

ü      Foutral : juge d’instruction.

ü      Hector Picoriau : affréteur à la Marée au Petit Port (dit Bichy (basque) = débrouillard) petit ami d’Hélène. Martyr du crabe.

ü      Hélène Miravarre : (son pseudonyme est Edgar, au début), à l’origine, vend du Pain d’Algues. Fille de Marie Miravarre.

ü      Frère Jean des Entonnoirs (de l’Ordre des Frères Mineurs, OFM), de son vrai nom Orson Berserkir öd Bärne (voir à ce nom).

ü      Jeanne, ou M’me Marty ou le Dragon (au début) : secrétaire de Timoléon Malfort qu’elle appelle Zèbe. Tatane, en tijules.

ü      Jules Tefigue, dit Whisky-soda : rédacteur au Matois. Martyr du crabe.

ü      Kératine : Procureur de la République. A fait ses études de droit avec Ravot.

ü      Le Dentec : gendarme.

ü      Lepif (Inspecteur) : OP, lieutenant de Ravot. Grand, costaud, rapide et plutôt rugueux.

ü      Luis Ottouadla : Journaliste stagiaire à La Lanterne. Martyr des Élus.

ü      Mado : patronne du bar de Saint Tignous sur Nivette. Madeleine Picaillon, ex Madelin Picaillon. 40 ans, 1,85 m, 95 kg. Verrue à poils au-dessus de la lèvre supérieure, à gauche. Grosse poitrine. Respectable. Fut Zézette pour les intimes du Bois.

ü      Malfort Arthur (dit OGM : Organisme gros Module) : directeur rédac-chef de la Lanterne. Papatur (Papa Arthur) en tijules.

ü      Malfort Eusèbe (L’) : père du précédent, fondateur de la Lanterne. Héros de la Résistance et du fort de Saint Tignous sur Nivette. L’Eusèbe Malfort : se contrepète en « …. ». C’est un secret…  Pépé Zèbe en tijules.

ü      Marcel : fils d’un ancien ami d’Eusèbe Malfort. Belge. Historiographe de la fin de l’histoire. Dessinateur.

ü      Marie Miravarre, dite la Bonne Marie, ou Marie Bon Pain, qui tient la boulangerie écologique de la mer, à La Marée au Grand Port. Tata Lène en tijules.

ü      Marnier (Docteur) : légiste de St Tignous.

ü      Martial : OPA. Un homme jeune en imperméable mastic et grosse écharpe tricotée de laine bleu marine qui lui monte sous le nez.

ü      Milou Panosier : police scientifique (biologiste et légiste). Spécialiste polyvalent de tout.

ü      Mouchoir (Jules), secrétaire de rédaction de la Lanterne.

ü      Orson Berserkir öd Bärne, dit Akslaq, pour l’état civil, fils de Bero Akslaarjuk (Petit ours noir ) et de Artio Arnainnuk (Gentille femme). Du peuple des Ardhsz. Ou des Ours.

ü      Pourticol Jean-Marc : planton du commissariat de Saint Tignous sur Nivette.

ü      Ravot (Jules) : Commissaire de police de Saint Tignous sur Nivette. Pas très grand ni trop petit, pas trop gros mais bien dodu, plutôt rond. Se révèlera poilu.

ü      Rébéquée Taritournelle : rédactrice au Matois. Dite Ouôtâne (la Guerrière) par les Goums. Tata Béquée en tijules.

ü      Tijules : fils de Béatrace et de Arthur. Ne vient pas tout de suite. Faudra attendre la deuxième partie. Parle tijules, une langue qui lui est propre et que comprennent quelques Grands privilégiés. Dont les Goums.

ü      Victor Bourriqué dit le Boulet ou Vic : Rédacteur en chef du Petit Matois Subreptice, journal local. Tonton Vic, en tijules.

ü      Vixente Arxanotirigorrybordeberry : maire de Marinoval.

ü      Vladimir : « ordonnance » de Vic et Clèm sur le Hai II.

  Les Méchants

  ü      Aloïs Guétotrou-Kifumsec : délégué de l’Imporium. Membre de « l’équipe des Investisseurs ».

ü      Begoña-Conception et Gerañum-Assomption : sœurs jumelles tenancières du Tapas’Embal’.

ü      Birke (Bouleau) : Amazone venue sur le Patriarche avec Esche et capturée. Parle à Hélène qui s’est déguisée en Patronne. Tuée par Öoumloc.

ü      Boufigue (Arnaud) : alias Sri Mardouk Shankara, agent de surface des Écolocroques, chargé de mission à Saint Tignous sur Nivette. Yeux clairs, cheveux noirs.

ü      Brunières Gaston : « notaire » parisien. Assistant ingénieur du Mentor.

ü      Daniel Forpris : Executive Director de Super Troc, adjoint de Boufigue.

ü      Déodat de Sainte Fouillouse : cousin de Finette, armateur producteur de cinéma.

ü      Edgar Maupuis : remplaçant de Daniel Forpris.

ü      Edmonde de la Vorme Séchée : directrice de Lartigo, la conserverie de saucisses de Saint Tignous sur Nivette, pour le compte de la Nouvelle Réna.

ü      Esche (Frêne) : Amazone venue sur le Patriarche désintoxiquée par le moine. Appelée Miséricorde par les autres Amazones. Elle a rejoint les « Bons » après avoir été définitivement convertie par Frère Jean.

ü      Finette de Sainte Fouillouse : chargée du bureau de recrutement de Saint Tignous sur Nivette. Cousine ignorée d’Hilarion-Jovial. Devient l’Épouse. Sa mère lui prépare du « Pain de Couleuvre ».

ü      Freakcolaa « Zwarte Freak » Naarcofiie, dit Narco : Ministre du Confort. « Guide Naturel » de la Nouvelle Réna.

ü      Humevesne et Suceprout : tueurs de Ted et Jo. Humevesne, tueur, dit Pic à Glace, dit Droit au Cœur,  Suceprout, dit

la Bricole, dit Couverture.

ü      Igor Mélangeovitch Partousian : commandant du Hai I.

ü      Igor : serveur sur le Haï II.

ü      Joseph Larigot : technicien informatique à Thulé.

ü      Karl : homme de main.

ü      Léon Bournemol : assistant technique de Maupuis.

ü      Les Élus : incarnent la NRA. Leur age : 19 ans. Fils et fille jumeaux du N°1.

ü      Markus : autre homme de main.

ü      Merry : Amazone. Tue Hilarion-Jovial.

ü      Monseigneur Gerhardt Zeeman : « contact » ecclésiastique des Écolocroques.

ü      Oberst Kuhhirt : Numéro Deux, père du Numéro Un, fondateur des Écolocroques.

ü      Paul Dupond : Responsable de l’Usine de saucisses de Bordeaux.

ü      Piotr : ordonnance du N° 1.

ü      Pouacre (Adolf) : Numéro Cinq, époux du Numéro Quatre, elle-même fille du Numéro Un. Petit et noir de poil, un long cou de vautour à la pomme d’Adam saillante, coiffé au bol largement au-dessus des oreilles, tout de noir vêtu, petit bonhomme sec et nerveux qui s’avance en tordant le cou.

ü      René Lemol : adjoint de Paul Dupond. 

ü      Tombou Marc : « notaire » parisien. Ingénieur, plutôt mécanicien, lié à l’Imporium.

ü      Tomie la Louve : Amazone (Lobo Tomie) Tuée par Birke.

ü      Vladimir : « ordonnance » de Vic et Clèm sur le Hai II.

ü      Weide (Saule) : Amazone venue sur le Patriarche avec Esche. Devient secrétaire du Prédlarép.

ü      Zdoum : Pour les membres de la NRA (Nouvelle Réna), c’est un profane, non initié.

  Les Autres, plus ou moins Bons, plus ou moins Méchants

  ü      Anton : peintre hollandais qui peint la Place Rouge à Moscou.

ü      Badisoche et Taisu (Tésuganovitch) : A l’origine, initiés de « combat » ; anciens légionnaires.

ü      Basile Croitou-Espérandieu : Commissaire Principal Bordeaux.

ü      Belcoucou Félicien : maire de Saint Tignous sur Nivette. Bajoues.

ü      Benoîte Franchon : amie de la sœur d’Hilarion-Jovial. Ménagère.

ü      Bricolat Mulot : écolo-candidat.

ü      Eléonore Fentasou : PPP (péripatéticienne professionnelle patentée) de compétition. Meurt.

ü      Gertrude Pilon : écologiste, secrétaire du Mouvement du 18 août. A cette heure, personne n’ayant pu expliquer d’où vient ce Mouvement du 18 août, et surtout, pourquoi le 18 août, j’en suis réduit à offrir un Carambar à tout lecteur qui se montrera capable d’éclaircir ce mystère. Les saucisses « Gertrude » portent le N° de lot 16598a-38. 

ü      Grobiane : responsable de communication de la mairie de Saint Tignous.

ü      Hémi : secrétaire de Varochaix. Adepte Proana.

ü      Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse : Conseiller en matière d’économie électorale. Candidat à tout ce qui rapporte (des sous, de la gloire, du pouvoir). Promoteur et propriétaire du lotissement des 6000 et de l’hôtel Marengro.

ü      Jo, Ted (devrait épouser Nicole) et Momo : jeunes de St Tignous. Clients chez Mado. Travaillent chez Lartigo.

ü      Joseph Fabisch : sculpteur, coupable de la Vierge de Lourdes (comme ça, en passant).

ü      Le Vacher Arsène : Conseiller financier d’Hilarion-Jovial. Susceptible.

ü      Lebièvre : mari d’Ordegale-Junie de Sainte Fouillouse.
 
ü      Marsyas : satyre phrygien écorché vif par Apollon pour l’avoir défié (et donc coupable d’hybris).

ü      Michoska : secrétaire de l’Ambassade de France à Moscou.

ü      Onésiphore Biroton : Chanoine, curé de Saint Tignous sur Nivette. Très Fleur bleue. 

ü      Onoruame : dieu créateur chez lesTaharumaras.
 
ü      Ordegale-Junie de Sainte Fouillouse : sœur d’Hilarion-Jovial. Invente la Méthode à Six Mille.

ü      Pélot : OPA quinquagénaire ventripotent et essoufflé affublé d’une cravate jaune canari.

ü      Rauni : Femme du dieu finnois de l’orage Ukko.

ü      Scope Isidore (Père I. Scope) : Père Blanc. Découvre la bombe de Lourdes.

ü      Sraosha : dieu justicier chez les Mèdes.

ü      Tiburce Véhicule-Petit : directeur MJC de Saint Tignous sur Nivette.

ü      Varochaix : Nari-chef du Conseil Municipal de Saint Tignous sur Nivette. Garagiste. Un mètre cinquante trois et demi. Chausse du 36.

ü      William B. Mac Faithfull : Green Bill, journaliste au Washington Post.

ü      Yann Marbeuf : « écorché » des Chonos, électricien.

  Les « Autres », encore appelés les Goums

  ü      Amaïa : (déesse mère basque). La Nouvelle Mère, qui succèdera à Ônyà. Tata Maïa, en tijules.

ü      Ardhsz : Clan des Ours, dans les Zmyhlpathes de Syldardurie. Frère Jean en est originaire.

ü      Chochos ou Cascarots : eux-mêmes se désignent sous le nom de Goums, les Humains. Habitants étranges de

la Marée au Petit Port. De chochoa (basque) = le merle, l’imbécile, le sot. C’est le nom que leur donnaient les habitants de l’extérieur, et que leur donnent les Méchants.

ü      Daouj : compagnon d’Arthur Malfort en Patagonie, assassiné par l’Élue.

ü      Gaouâ : conductrice de locotracteur.

ü      Gardes d’Agotchilho : vêtus d’un uniforme paramilitaire bleu hirondelle couvert d’une ample cape plombée et armés d’un bâton blanc perfectionné, copié du makila basque.

ü      Goums : les « Humains ». Habitants de la Marée au Petit Port. C’est le nom qu’ils se donnent. Voir Chochos. Parlent le goum.

ü      Goumyôs : Goumyôs les « Humains d’à côté ». Les Autres, les Homo sapiens, vus des Goums.

ü      Isœu: diminutif en tijules de Ptite-Sœur, en fait, c’est Rébéquée, fille d’Amaïa. 1 an plus âgée que Tijules.

ü      Itzal : « ombre » (basque) Ceux des Chochos qui ont étudié chez les Goumyôs.

ü      Mnouay : « Mère » des Chonos.

ü      Mouye : Gardienne qui va se rendre à Thulé. Itzal, alias Bertille de la Roche Affairée.

ü      Noumâou : vieille Goum de Mémoire. Assiste à l’enlèvement d’Arthur par le Crabe.

ü      Namayou : Gardienne goum.

ü      Nouye : sœur de Mouye. Reste à Agotchilho.

ü      Ônyà : la Vieille (

la Mère).

ü      Ôoumloc : Le Crabe Ôoumloc. Terrible.

ü      Ouaniahou : gardienne tuée par Tomie la Louve.

ü      Ouâniahoua : autre gardienne, qui capture Tomie la Louve.

ü      Pouyagoumyôs : Ceux qui sont derrière la porte de fer, en goum. Les Nazis.

  Les Potions, les Drogues et tout ça

  ü      Améline : alcaloïde de la peau de saucisse. Découvert par Amélie Fouad.

ü      Annihiline : poudre mise au point par Amélie qui annihile les effets des drogues Réna.

ü      Catatonine : drogue qui provoque la catatonie. A base de tétrodotoxine.

ü      Criticine : Annihiline améliorée.

ü      Décontaminant Total : ultime désintoxiquant mis au point par Amélie, Flora et Amaïa.

ü      Détoxicant : supprime les intoxications de conditionnement ; utilisé par la Nouvelle Réna.

ü      Hypnofascination : méthode de conditionnement psychologique du docteur Pouacre. Utilise un disque hypnotique lumineux. S’est inspiré de Septimus.

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