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TONTON RASPOUTINE S’EST BATTU

TONTON RASPOUTINE S’EST BATTU

 toute la journée avec sa vieille tronçonneuse. 

  TONTONRASPOUTINE A EU LE DESSUS : MORTE LA BÊTE, MORT LE VENIN.

 
TONTON RASPOUTINE  A REMPLACÉ LA VIEILLE PAR UNE NEUVE.

  C’EST-CE QU’Y FAUT FAIRE AVEC LES VIEILLES QUI VOUS EMMERDENT.

 
DEMAIN, TONTONRASPOUTINE AURA LE TEMPS DE PASSER UN NOUVEL ÈPISODE DE SON GRAND FEUILLETONTON.

  EN ATTENDANT, VOUS POUVEZ RELIRE CELUI D’HIER QUI POSAIT

LA QUESTION DE SAVOIR SI TOUTE CETTE HISTOIRE N’ÉTAIT PAS

UNE HISTOIRE DE SORCIÈRES ?

  C’est juste après mais il y a aussi un lien…

28 août 2008 - Aucun commentaire
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UNE HISTOIRE DE SORCIÈRES ?

TONTON RASPOUTINE PROPOSE

  1) UN NOUVEL ÉPISODE DE SON FEUILLETONTON :

 
N° 136 / UNE HISTOIRE DE SORCIÈRES ? / P2C3E13

  C’est l’histoire où Béatrace exulte d’avoir des nouvelles d’Arthur et où l’on analyse les déclarations de l’Amazone : une histoire de Sorcières ?

  2) RECHERCHEZ ET RETROUVEZ LES AUTRES ÉPISODES PAR
 

LA TABLE DES MATIÈRES

  3) ON TROUVE EN « PAGES »

 
Le résumé de ce que nous avons à ce jour découvert sur

  EDVIGE ET LE VIKING DE CHALOSSE,

 
VAROCHAIX, 

  LES HOMMES POLITIQUES, (là, il y a du nouveau : on s’intéresse aux rapports entre Barbe et Politique !)

 
LE PEUPLE GOUM.

  4) SANS OUBLIER

 

la PRÉSENTATION de TONTON RASPOUTINE

  et sa GÉNÉALOGIE

  5) ET TOUJOURS

  Cette EXCEPTIONNELLE VIDÉO DE LA SITUATION EN BELGIQUE  qui nous donne une extraordinaire leçon de RÉGIONALISME COMMUNAUTAIRE
  (cliquez, c’est un lien)

  Cliquer sur les liens pour les suivre

QUI EST TONTON RASPOUTINE ?

QUI EST TONTON RASPOUTINE ?


  Question souvent posée…

 
Lui-même donne quelques indications dans une PRÉSENTATION succincte que l’on peut presque croire modeste.

  Il y parle un peu de ses ancêtres, sans doute pour justifier le nom qu’il se serait attribué, dans un article qu’il publie ici sur sa

GÉNÉALOGIE.


 

L’un de ses amis, Tonton Marcel, par ailleurs impliqué dans les évènements que rapporte son Feuilleton (qu’il qualifie lourdement d’élucubratif et de romanesque), a découvert des documents curieux qui concernent cette généalogie. Ce sont les
 

DOCUMENTS N°1
 

DOCUMENTS N°2

DOCUMENTS N°3


 

D’autres informateurs ont dénoncé quelques incohérences dans cette vision unie du bonhomme dans une
 

CHRONIQUE EN ABÎME

où ils balancent quelques évidences.

 
C’est juste sous le Résumé, en principe à jour. Mais il y a un lien, bien sûr.
 

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LE SUPER CONCOURS

LE SUPER CONCOURS


 
Certains Mystères restent à éclaircir.
J’avoue n’avoir pas tout compris.
Je ne suis jamais qu’un chroniqueur limité.
Les évènements dépassent parfois les médiocres capacités de mon modeste cerveau fatigué.

 

J’offre un Carambar (minimum) (peut-être deux, soyons fous),

au

lecteur qui fournira une solution plausible à un
 
Mystère, dans un

« COMMENTAIRE » au présent article.


Il est évident que les Mystères apparaîtront au fur et à mesure du développement de l’Aventure.

 
Le premier se trouve dans PERSONNAGES, LIEUX et TRUCS, en « Pages ».

On le retrouve en P2C2E8

  Un autre : Pourquoi un hareng saur dans l’en-tête du feuilleton ?

Qui saura, pour le sauret ?

 
Merci pour votre précieuse collaboration.

  Tonton Raspoutine.


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TONTONRASPOUTINE SE PRESENTE

                                                     

l’auteur



Pour me présenter, je vous donne une photo que j’ai retrouvée, du temps où j’étais jeune et beau.

J’avoue avoir un peu changé depuis : je ne porte plus de chapeau.

Mais c’est ce que je fais qui est censé vous intéresser, et pas ma tronche.


Sabre au clair !

Sabre au clair


Scrogneugneu !

Si faut croire tout ce que con dit, ça se sauret !

sauret1

La généalogie se trouve dans l’article suivant.

Cela dit et toutes choses mises à part, depuis plusieurs années, c’est la même histoire qui se développe. 

  Alors, comme ça, un jour, aujourd’hui par exemple, j’ai décidé d’en livrer des extraits, pour le plaisir de voir ce qu’en pensent ceux qui se donneront la peine de les lire.

Ça se présente comme un feuilleton, en épisodes de quelques pages.


Que je promets de vous offrir à raison d’un épisode par jour.

 


 

Alors, bon amusement !


  Et n’oubliez pas :
 

Si faut croire tout ce que con dit, ça se sauret !

Car, comme le disait James d’Ostende, dans tous les cas, l’art en sort.


 

sauret1



 

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UNE BREVE GENEALOGIE

TONTON RASPOUTINE


 

Une brève généalogie.

Où l’on dénonce un faux grossier.

 

Je n’ai pas connu mon arrière grand-père, sinon par diverses traces et souvenirs : une photo


                                                                                                 Grand-Popa
 
et quelques reliques, signalées ici ou là, mais qu’il faut considérer avec prudence :

En 2004, Igor Knyazkin, le directeur du centre de recherches sur la prostate de l’Académie des Sciences Naturelles de Russie, annonça l’ouverture d’un musée russe de l’érotisme à Saint Pétersbourg. Parmi les objets présentés, Knyazkin prétendit que se trouvait le « pénis conservé » de Grigori Raspoutine, long de 29 centimètres, ainsi que plusieurs lettres du moine. Il dit avoir acheté ces objets à un collectionneur d’antiquités français pour 6 600 euros. On ignore si ce pénis est effectivement celui de Raspoutine.  (Wikipédia dixit).

Je dois dire que l’hérédité, en ses manifestations actuelles, m’incite à croire qu’il s’agit d’un faux. Je n’ai pas eu le loisir de voir l’objet évoqué, mais il me semble peu probable que Grand-Popa, comme il est appelé dans la tradition familiale, ait ainsi disposé d’un aussi médiocre attribut alors que les choses sont réputées aller en se dégradant au fil des générations.

Quant aux 6600 euros, je ne les commenterai pas, mais j’y vois la sournoise influence de
la MÉTHODE À 6000 développée par Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, ainsi que je l’expose(rai) dans l’Épisode 2 du Chapitre 1 de la Deuxième Partie, qui reprend les suites de la tragique disparition de la pauvre Éléonore Fentasou, racontée en préambule du présent feuilleton.

Je n’ai pas connu Grand-Popa, et c’est dommage.

Je n’en parlerai donc pas.

En revanche je vous renvoie à la Page consacrée à la biographie d’Hilarion Jovial de Sainte Fouillouse, Conseiller en matière d’économie électorale (cliquez sur le nom-lien).

Grand-Popa a engendré un certain Grand-papa, que je n’ai pas connu non plus.


Il l’a engendré avec la collaboration je présume complice de mon arrière-grand-mère qui avait accompagné son mari, négociant en vins, à Saint-Pétersbourg. Leur union était restée jusque là stérile, et mon arrière-grand-père officiel, le mari de mon arrière-grand-mère, a sans doute commis l’imprudence de consulter à ce sujet le « staretz », réputé par ses dons de guérisseur.

  Il paraîtrait que mon arrière-grand-mère n’évoquait jamais son voyage en Russie sans ouvrir de grands yeux rêveurs. Ce qui faisait bougonner mon arrière-grand-père officiel : Raspoutine ne s’était certes pas contenté d’une imposition des mains. Mais mon arrière-grand-père officiel a reconnu l’enfant, qui est né en France peu après leur retour.

 
Mon arrière-grand-mère avait été une grande et belle blonde, et mon arrière-grand-père officiel aurait fait un viking très acceptable, si j’en crois les quelques photos que j’ai pu voir. Ils n’eurent pas d’autre enfant.

  Mon grand-père était plutôt de petite taille, trapu et fort et faisait aussi dans le pinard.

Il engendra une ribambelle d’enfants de petite taille, trapus et forts, dont beaucoup moururent pendant la guerre de 1939-1945. 

 
Mon père survécut. 

  Ma mère ne m’a jamais fait de confidences, mais elle n’a jamais été surprise par ma « constitution » particulière, qui la faisait m’appeler « Raspoutine » en riant, sans m’expliquer pourquoi. Mais je voyais bien dans son regard que ce n’était pas seulement à cause de la légende familiale, discrète mais amusée, qui attribuait la paternité de mon grand-père à l’imposition miraculeuse des mains du moine débauché.

A ce sujet, je me souviens (si !) de la tête de la sage-femme, lorsque je suis né : elle croyait que j’avais DEUX cordons ombilicaux ! Mon père a dû lui prouver de visu et de tactu que c’était une « constitution » héréditaire, et ma mère a été obligée de finir toute seule le travail. Heureusement : la sage-femme se serait peut-être trompée en coupant le « cordon ».

Elle n’était d’ailleurs plus en état de faire quoi que ce soit de raisonnable : elle criait si fort que les voisins ont cru qu’il y avait DEUX accouchements.

  Ce qu’on a pu rigoler !

  Cette « constitution » qui me semblait normale, a commencé à me paraître « étrange » lorsque j’ai disposé des points de comparaison qu’apporte la puberté et lorsque mes premières amies m’ont fait part de certaines craintes. Très exagérées. On sait en effet, depuis que l’Âne d’Or d’Apulée a parlé, et cela fait un moment, que la capacité féminine est très sous-évaluée.

  Mais je ne développerai pas ce point plus outre, de crainte d’être taxé de fanfaronnade.

  Et puis ça ne regarde personne.

C’était simplement pour dire que je ne crois pas à l’authenticité de la médiocre « relique » de Saint-Pétersbourg, qui ne peut être que le fruit d’un trafic douteux, ainsi que l’on démontré les trois documents qui suivent, qui nous sont parvenus après la publication de cet article:

DOCUMENT N°1

DOCUMENT N°2

DOCUMENT N°3

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*****LES ECOLOCROQUES*****


 


 

PREMIÈRE PARTIE

LES ÉCOLOCROQUES

Amaïa

Roman feuilleton
en ligne

Avant-propos

Au début, bien sûr, personne ne se doutait de rien… Un jour ordinaire. Pas de comète, pas de victoire du PSG…
 

Ce n’était même pas un dimanche.
  Un mardi. Je me souviens que c’était un mardi.
 
Et que ça se passait à Saint Tignous sur Nivette, qui sera l’épicentre de tous ces évènements.
  Les héros ne savaient pas qu’ils étaient des héros, forcément. Ils vivaient leur petite vie bien agitée, comme des vrais gens pas du tout extraordinaires qui se livrent avec passion à leurs activités et activement à leurs passions.

Leurs activités et leurs passions de journalistes à Saint Tignous sur Nivette.
 

Si vous leur aviez dit qu’ils allaient sauver le monde (peut-être), ou se faire massacrer (peut-être) (faut quand même ménager le suspens, et des cadavres, il y en aura) (beaucoup) (hélas), ils vous auraient ri au nez.

Non. Ils s’agitaient dans leur petite vie, comme on le fait tous.
Ils agitaient leur vie…
  Mais eux, s’ils agitaient leur vie, c’était avant de s’en servir.
  Pour sauver le monde.
 

Peut-être…

LE PETIT MATOIS SUBREPTICE / P1C1E1

P1C1E1 (Partie 1/Chapitre 1/ Épisode 1)
 

C’est vous la chanteuse, Madame ?
Enchanté !

Dupont,
Les Bijoux de la Castafiore
Hergé


C’est l’histoire où Victor cherche vainement ses petites affaires.

  Mardi 12 avril
8 heures
Le Petit Matois Subreptice
 


- On a piqué mes Écolocroques ! le Boulet

Enervé, Victor Bourriqué bouscule tout ce matin-là dans la salle de rédaction du Petit Matois Subreptice, le journal régional d’inspiration « Verte » de Saint Tignous sur Nivette, dont il est rédac-chef. Petit journal, bon, c’est pas Le Monde, mais comme dit Jules, Jules Tefigue, rédacteur au même, qui aime bien citer son ancêtre ou approprié tel, vaut mieux être le premier du village que le second à Rome !

  Petit et vif, Victor, que ses collègues appellent entre eux Vic, ou le Boulet, parce qu’il est toujours pressé, qu’il a une tête ronde de vieux Gaulois et qu’il est facilement en pétard, a fait la découverte du siècle, comme il le dit lui-même, lorsqu’il a mis au jour le mouvement clandestin des Écolocroques. Il prépare d’ailleurs à ce sujet une série d’articles retentissants qu’il se propose de sortir sous la forme d’un quasi feuilleton au début de la saison touristique, lorsque le tirage remontera du fait de la fréquentation accrue de l’Office de Tourisme. Parce que l’OT promeut activement le Petit Matois Subreptice (le Matois tout court pour les initiés).
 

Et voilà qu’il a perdu les informations soigneusement collectées depuis un mois et qu’il classait, il en est sûr, enfin, quoi, dans le tiroir du haut de son bureau !

  Faut dire que rien ne va ce jour-là. Un vrai jour OGM[1]. A éradiquer avant la naissance ou à noyer dès que.

Ça a commencé par une panne de café qui l’a contraint à faire une halte au bistrot chez Mado. Mal réveillé et avec les bavardages des pas encore couchés de la veille qui lui ont collé la migraine.
  De ces jours dont raffole par esprit de contradiction Clémentine (Clémentine-Esméraldine Kaligourian), Clèm, sa compagne attitrée, qui ne boit que du thé et que même qu’elle commence à se demander ce qu’elle fait avec ce Boulet qui devient pesant alors qu’elle, courriériste au quotidien à fort tirage régional « La Lanterne du Fort », 100 000 exemplaires quotidiens, éprouve un attrait de plus en plus sensible pour les OGM[2] qu’elle côtoie quotidiennement à La Lanterne. Pour dire si le tirage de

La Lanterne déborde dans le ménage ! C’est vrai qu’au début, il y a… pffff … sais plus… elle avait craqué pour les crocs de la moustache cirée et le têtu poilu du petit bonhomme marrant et vif, actif, volontaire, « sans concessions » (enfin…).
L’usure de la réalité quotidienne…

 Victor a tout retourné sur et dans son bureau, installé dans le coin le plus reculé de l’ancien réfectoire du couvent des Marmoréens, qui est devenu

la Mairie, où

la Municipalité héberge la rédaction du Matois.

Coincé juste devant le débouché de l’escalier condamné par une lourde porte cloutée qui mène à l’étage et qui jadis reliait le réfectoire à la bibliothèque du couvent. Ce qui l’hiver ne manque pas d’ajouter l’inconfort de vents coulis à l’inconfort du lieu, mais, comme dit le Maire, Félicien Belcoucou, à local prêté, on ne regarde pas les joints !
  Six piliers massifs en soutiennent les voûtes séculaires. Couverts d’affiches et de notes, post-it et autres signes et signaux destinés à servir de pense-bête, de pense droit et de pense fort aux usagers du lieu, ils ponctuent cet espace laborieux et bruyant où les quatre rédacteurs du Matois s’activent à longueur de jour, de semaine et même parfois de nuit. 

  Les deux autres notables spécimens de cette rédaction, Jules Tefigue, originaire du Sud (le Sud, c’est le Sud-Est, quand on est dans le Sud-Ouest), et Rébéquée Taritournelle, originaire du Québec, courent présentement les commerces de proximité du centre-ville pour enquêter sur l’opportunité de l’implantation d’une Grande Surface supplémentaire dans l’immédiate périphérie urbaine. Comme dit le Maire, c’est pas parce qu’on sait ce qu’ils pensent qu’il ne faut pas leur demander leur avis. De toute façon ça ne change rien, mais ils ont l’impression qu’on s’intéresse à eux et donc qu’on les soutient. C’est la foi qui sauve. Après on a les mains libres. Et c’est bon pour les Elections. Ça c’est le quotidien de Rébéquée et de Jules. Le « local ».

 
Restent donc au Matois Victor et Béatrace, lui, chef pensant, chargé de l’Investigation, elle plutôt spécialisée dans les labeurs d’impression, voire dans l’impression de labeur, parce qu’elle a toujours l’impression que c’est elle qui fait tout ici. Elle ne déteste rien tant que de devoir s’occuper des « bilboquets » qu’on lui refile régulièrement sous la forme de petites annonces ou de tracts à intercaler dans son planning. Ça la met grognon.
Elle est souvent grognon.

  Les quatre téléphones sonnent en même temps sans que personne y réponde (on prendra les messages plus tard) et l’imprimante gros calibre ronronne dans son coin en attendant que Béatrace, sa conductrice attitrée en ait fini avec son troisième petit café matinal. Du Nes, imbuvable pour Victor. L’édition sort vers dix-huit heures et il faut pour ça « boucler » à midi pour « virer » les fichiers vers l’imprimerie qui édite la nuit

La Lanterne du Fort, et en complément sort leur édition[3]  le soir. C’est toujours la bourre. Pour aujourd’hui, c’est bon, et l’équipe prépare demain. Mais ce sera chaud.

  Entre papiers, stylos, écran, clavier, tasses vides, trieurs, dossiers, classeurs et tasses pleines mais oubliées, refroidies et abandonnées avant d’être transformées en tasses vides via la cuvette des chiottes, Victor rame à grands gestes en farfouillant dans tout ça comme un hamster dans sa cage. Les mâchoires (qu’il a fortes) serrées, les lunettes glissées au bout du nez (des demi-lunes, il n’a jamais supporté autre chose, a essayé le pince-nez mais ça fait vraiment snob et même con a dit Clémentine) (avec raison), les sourcils méphistophéliques (noirs de jais, Clémentine lui teint. C’est un secret conjugal, parmi d’autres que vous n’avez pas besoin de connaître) froncés et en bataille, il grommelle dans sa moustache (noircie itou) aux pointes relevées en crocs. Cirées. Une coquetterie. Il cherche. Cherche ce fichu papier où il a noté, clac en passant, le téléphone de son indic sur ce coup-là, LE coup qui doit faire le scoop de sa carrière et le promouvoir au rang de phare de la presse différente (on ne dit plus alternative) et faire du Matois un Grand Quotidien d’Opinion d’Audience Nationale (Clèm dit un Grand QO(A)N, et prononce bien sûr Grand Con, ce qui met Victor dans des rages noires lorsqu’elle ose la plaisanterie). 

  Mais que, bon dieu de bordel de merde, où que j’ai pu foutre ce papier à la con.
 
Ah. Voilà ! Il l’a retrouvé : s’était camouflé sous les épreuves de la veille à éditer aujourd’hui que Béatrace cherche de son côté avec des gestes spasmodiques rendus encore plus gaffeux par l’abus de caféine, pour caler sa mise en page. 

  C’est très énervé, tout ça.

 
Béa, c’est gentiment que ses collègues (qui l’adorent) l’appellent entre eux Moustache, même si c’est pas de sa faute si à 32 balais et des poussières ses hormones et sa lointaine ascendance lusitanienne lui jouent des tours ! Par ailleurs, elle est plutôt gironde, mais ses convictions écologistes lui interdisent toute forme de dépilatoire assimilé à un désherbant chimique, donc honni beurk. Des expériences malheureuses lui ont fait renoncer au rasoir qui a pour conséquence un renforcement quasiment érectile de broussailles abrasives. Son amant secret, s’il a la peau fragile, ce qui exclut le rasoir, adore positivement les douze poils qui poussent autour de ses aréoles, comme des petits tire-bouchons. Mais ça bien sûr, c’est top secret. 

  Elle a déjà renversé trois bouteilles de Coca (de Rébéquée), la bouteille de whisky que Jules planque sous son bureau, la boîte de trombones qu’elle utilise pour ses exercices de sculpture administrative et une pile hectométrique de dossiers marqués « divers-urgents » sur le coin de son propre bureau. Que ça l’énerve pis que la caféine, Béatrace :
- On va encore être à la bourre, me manque encore le compte-rendu du Maire sur le Conseil Municipal… Pfff… Ça fait encore ses trois pages facile comme d’hab ! Personne ne le lit, Je vais y faire des coupures !
- Déconne pas, répond Victor sans même relever la tête. Il tend les cinq feuillets noircis des épreuves qu’il vient de retrouver par hasard et que Béatrace rafle au passage d’un geste grognon.
Il poursuit, toujours sans relever la tête :
- Il a dit que les coupures dans notre budget seraient proportionnelles aux coupures dans ses discours. Et laisse-moi travailler, tu veux, moi c’est du sérieux.
- Ben lui il trouve que le dégazage du monument aux Morts c’est aussi du sérieux ! Et l’enquête sur la grande surface aussi. Et qu’ils feraient bien de se magner parce que ça, je dois le boucler pour demain !
Victor hausse les épaules.

  C’est la grande discussion habituelle entre les nouvelles locales (qui irriguent le journal de fortes subventions municipales, même si on ne dit jamais que c’est un bulletin municipal par dignité éditoriale, le bulletin municipal, ça fait plouc), et les articles de fond, où Victor se défonce allègrement, même s’il doit parfois mettre une sourdine à ses opinions. Les dépêches d’agences, on les récupère via

la Lanterne. Y’a des accords comme ça, qui facilitent la vie, même si on conserve une saine émulation concurrentielle et que c’est chacun chez soi.
- C’est vrai quoi, poursuit Béatrace quelle idée aussi d’avoir recherché du radon sous le monument aux morts !

  En fait, le Maire, Félicien Belcoucou, élu sur une liste d’opinion personnelle, n’a pas d’opinions partisanes et estime devoir satisfaire les opinions diverses de ses administrés tels qu’ils sont représentés dans son Conseil Municipal. On l’a surnommé « Opinion sur rue ». Son élection a été le fruit d’un compromis balancé entre les sensibilités fluctuantes d’une majorité variable, liée au caractère naturellement hésitant qui prévaut dans la circonscription. Les extrémistes régionalistes « Nari » (présents au Conseil Municipal) tentent de valoriser cet aspect du comportement local comme constituant l’un des caractères culturels fondamentaux du Pays[4].

Monsieur le Maire bien sûr pratique le genre, mais comme Monsieur Jourdain la prose, sans en théoriser la quintessence ni en revendiquer une AOC (ce qui au fond, est plus proche de l’esprit de la chose, qui s’accommode mal d’une fixation normative : ici plus qu’ailleurs un référentiel régionaliste serait difficile à établir). 

  Et donc, la minorité écologiste agissante de ce Conseil Municipal composé en majorité de minorités, alertée par la présence d’un gaz sournois, délétère et radioactif, qui a de surcroît pu induire (peut-être) des pathologies lourdes sous forme de « longues maladies » dans un autre massif montagneux, à mille kilomètres de là, massif lui aussi fortement régionalisant, ce qui crée des liens[5], la minorité écologiste, donc, a insisté pour qu’une recherche de radon soit effectuée sur le territoire de la commune.
Personne n’y croyant, tout le monde a approuvé, pour pouvoir envoyer promener d’autres revendications éventuelles, qui pourraient se révéler plus gênantes.

Manque de bol, on a trouvé un poil plus de radon qu’il n’est autorisé dans la norme européenne revue par les organismes indépendants reconnus par la tendance écologiste radicale représentée au Conseil Municipal.

 
Sous le Monument aux Morts.

Du radon.

Sous le Monument aux Morts.

  Il a donc fallu pousser les recherches (financées par la Communauté Européenne) de manière à ce que les enfants des écoles censés assister aux manifestations commémoratives du 11 novembre, du 8 mai et du 14 juillet ne risquent pas à cette occasion de se trouver exposés à des émanations délétères qui pourraient être rapprochées de l’action sournoise de quelque gaz de combat resté caché là, va savoir pourquoi et comment, dans ce lieu sacré où justement sont gravés les noms des victimes de gaz délétères, même si ce ne sont pas les mêmes gaz et même si ça fait presque un siècle de ça, victimes depuis longtemps oubliées, sauf ici où c’est écrit.

  Il est impératif que sa monumentale innocuité reste certaine pour ne pas ajouter des douleurs contemporaines aux douleurs historiques.

  Les experts dépêchés de Bruxelles par

la Préfecture, à la demande expresse du Maire, ont trouvé sous le socle de granit creux, en place depuis 1920, le débouché d’une faille profonde d’où suintent les molécules incriminées, et qu’il faudrait bien colmater si l’on voulait aboutir à un résultat sanitaire incontestable et garanti dans le cadre des procédures HACCP[6] généralisées vers lesquelles tendent les concepts presque unanimement admis de principe de précaution et de précautions de principe.
 Presque unanimement. D’où le débat au sein du Conseil Municipal dont les représentants ne sont pas tous convaincus, vu le coût exorbitant des travaux (qui ne seront pas entièrement pris en charge par

la CE), de l’intérêt majeur, en cette occurrence, d’une application stricte dudit principe de précaution : OK en ce qui concerne la cantine municipale, mais pas forcément pour ce qui est du monument aux morts.
 De débats, en discussions, en protestations, d’effets de manches en mains sur le cœur, on en est venu à un compromis provisoire en attendant : on va approfondir les recherches (de toutes façons payées par

la CE) et remettre à la prochaine réunion la prise d’une décision sur la suite à donner. Moyennant quoi les Conseillers écologistes, soutenus par les Naris[7], ont accepté de surseoir à leur manifestation de masse avec convocation de FR3, où ils prévoyaie