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COUIC L’INDIC / P3C2E12

P3C2E12 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 12)

 
N°201 / COUIC L’INDIC / P3C2E12

 
C’est l’histoire où les Amazones investissent la base de Guamblin et égorgent leur indicateur.

 Jeudi 16 juin
7 heures
Île de Guamblin
(12 heures 30 en France)

(Suite directe de P3C2E11 : lien)


Les trois filles se séparent, deux d’entre elles longent la côte, chacune dans une direction, pour « nettoyer » les environs, tandis que la troisième reste sur place pour le cas où quelqu’un sortirait par la porte métallique qui aurait dû être gardée.

 
C’est inquiétant, mais, bon…

  L’affaire n’a pas pris plus d’une heure. C’est ce qui était prévu.
 

Alors tant pis pour les anomalies, elle détache le petit émetteur qu’elle porte à la ceinture, près de son poignard, et, en deux phrases brèves, elle confirme le succès de leur commando : la surface de l’île est dégagée.

  Un quart d’heure plus tard, les deux autres reviennent : elle n’ont trouvé personne. Des postes de garde vides.

 
Les trois acolytes se gaussent de ces foutus Chochos qui n’ont pas de suite dans les idées. C’est vrai, quoi… Avec un front et un nez pareils, faut pas s’attendre à des génies… Sans parler de leur gros cul !

  Rapidement, elles balisent un terrain plat à l’aide de lampes torches, car la nuit est encore profonde.
 
Un bourdonnement : leur hélico revient, dépose cinq nouvelles Amazones et repart.

  S’il l’avait pu, leur contact serait venu leur ouvrir la porte, mais il a dû être retenu. Il travaille aux transmissions. A l’entretien, bien sûr : les prisonniers (c’est comme cela que se définissent les anciens occupants de la base qui s’y sont trouvés « coincés » après la défaite des Numéros) ne travaillent pas comme opérateurs ! Les Chochos sont cons, mais quand même pas à ce point. Enfin, de temps en temps, il peut passer un message. Mais là, pas un mot depuis mardi minuit. 

 
Heureusement qu’il a pu transmettre les informations utiles dimanche dernier…

  Encore deux rotations… Dix Amazones de plus.
 

Elles sont dix huit en tout.

  Celle qui commande ouvre la porte métallique. 

 
Elle s’attendait à trouver une certaine résistance, une serrure verrouillée, des gardes là-derrière… 

  Rien, tout est ouvert ! La porte était simplement poussée contre son chambranle. Entr’ouverte, en fait.
 
L’obscurité est totale et le silence complet. On n’entend même pas le bourdonnement de l’usine, qui pourtant reste toujours présent, aux dires des correspondants.

  Le désert.

 
On allume des torches électriques et on s’enfonce dans la galerie obscure…

  Tout est donc éteint dans ce monde souterrain ? Inerte ? Mort ?

Voilà qui arrangerait bien le commando, où l’une éclaire l’autre qui garde l’arc à-demi tendu… Ce n’est certes pas l’arme idéale pour cet endroit clos et renfermé, sauf dans ces vastes salles où l’on débouche au milieu de machines silencieuses…

  Elles ont même pu prendre le temps d’ôter les combinaisons de plongée qui les protégeaient du froid et de l’eau, et de remettre leurs tuniques, pour retrouver leur apparence de chasseresses sacrées, confortées d’ainsi redevenir la Première Garde de l’Élue…

  …de l’Élue dont le Falcon a décollé juste avant le dernier retour de l’hélico, après que toute la piste a été déployée et orientée : elle part en Harpie rejoindre son Frère. 

  Il y a de grandes chasses dans l’air !
 

À Guamblin, les nerfs sont tendus comme les cordes des arcs… Celles qui tiennent les puissantes torches électriques et qui éclairent la progression ont gardé le leur en bandoulière et sorti leur poignard, mais les autres sont prêtes à tirer…

  Un mouvement… Les faisceaux convergent vers une silhouette furtive…

- Rendez-vous ! s’écrie celle qui dirige le commando, rendez-vous ou bien nous irons vous chercher et vous le paierez de votre peau !
- C’est vous ? répond une voix dans l’ombre, ne tirez pas, je suis celui qui vous a envoyé les messages… Votre indicateur… Votre allié…

 
Un homme sort de la pénombre, en combinaison bleue, les bras levés.

Ébloui par les torches, il avance prudemment, lentement…

  Une Amazone se détache du groupe et passe derrière lui, profitant de son éblouissement pour rester invisible dans la vaste salle encombrée d’écrans et d’ordinateurs éteints où ils se trouvent, la salle de communication, manifestement.
 
Elle lui tire les bras en arrière et lui plante un genou au creux des reins, le forçant à s’agenouiller. Et puis, tandis qu’il couine un peu, affolé d’être ainsi surpris, elle lui lie les coudes derrière le dos, à l’ancienne…

  La troupe entoure le prisonnier :
- Que se passe-t-il ?
- Je ne sais pas. Depuis hier matin, plus rien ne fonctionne et les Chochos ne se parlent plus que dans leur langue. Tous les moyens de communication ont été débranchés. Je n’ai donc pas pu vous prévenir. Et puis ils ont arrêté les machines et les autres prisonniers ont été attachés et emmenés vers la gare. J’ai pu me dissimuler pour vous attendre, et d’un seul coup, tout s’est éteint, la centrale électrique s’est arrêtée et les portes étanches de la gare ont été fermées. Comme s’ils avaient tout abandonné…
- Tu nous racontes des histoires, l’interrompt celle qui commande. Si la centrale est coupée, ils ne peuvent pas fermer les portes et le train ne roule pas…
- Si : le train peut être alimenté par la base ONU de Puerto Cisnès… Mais je ne sais pas s’ils sont partis… Quand je vous ai entendues, j’ai eu peur que ce soit les Chochos, qui peuvent avoir remarqué mon absence… Il faut me prendre avec vous…
- Ils n’ont pas abandonné leur usine comme ça… Tu nous as trahis, c’est cela la vérité !!

 
Le groupe des Amazones qui l’entoure s’est de lui-même mis en défense, formant un cercle hérissé de flèches prêtes à partir…

  - Tu seras écorché vif pour ça ! Tu n’as pas compris quand on a liquidé le traître précédent ?
- Non, je vous en supplie ! Je n’ai pas trahi, je dis la vérité !
 
Un coup de botte le pousse à terre et un poignard se lève au-dessus de son visage révulsé dans la lumière brutale des torches…

  - Noonnn !!!

 
Trop tard : couic…

  Il est exactement 8 heures.

LES CONS / P3C2E24

P3C2E24 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 24)

 
N°213 / LES CONS / P3C2E24

 
C’est l’histoire où les Amazones viennent « contrôler » le « travail » d’Arthur Malfort. Alors que se prépare un obscur marquage des Putois Putassiers.
 

Jeudi 16 juin
19 heures
La Marée au Petit Port
 

C’est la suite de P3C2E23 (lien).


  - Alors, c’est prêt ?
- Les Amazones sont parties. J’envoie la première équipe de marquage…

  Une heure plus tard, des petits groupes aux regards égarés pulvérisent une marque incolore, mais qu’un certain éclairage rendra fluorescente, sur les portes des maisons dont la liste leur a été communiquée à la fin d’une séance particulièrement intense de la Nouvelle Réna : la liste des Putois Putassiers…

  Parallèlement, une liste similaire est établie sous le regard bienveillant et doux du Chanoine Onésiphore Biroton qui dirige un groupe de catéchèse :
- Voyons, mes enfants, quels sont ceux qui, à votre avis, devraient être convertis ? Qui donc vous paraît faire souffrir le Petit Jésus en agitant ses clous ? Toi, Jean, remets un peu d’encens, et puis tu distribueras un biscuit à ceux qui auront bien répondu… J’enverrai cette liste à Monseigneur l’Archevêque pour qu’il recommande leur âme à Dieu…

 
Deux heures plus tard, à dix neuf heures, Arthur, prévenu par Mouchoir d’un appel de Maupuis, attend tranquillement devant l’entrée de la Marée aux Ports

  La route y pénètre par une chicane fermée d’une barrière commandée depuis le poste de garde aux vitres fumées. Elle s’ouvre dans la triple clôture, très haute, et surmontée de rouleaux de barbelés, qui entoure le site. L’ensemble a été construit par les militaires de l’ONU pour décourager les curieux autant que les improbables voleurs. Il n’y avait pas d’autres risques, à l’époque de sa construction…

  La fourgonnette ralentit : de grands panneaux signalent que l’on approche d’une zone extraterritoriale interdite aux visiteurs et aux véhicules non spécifiquement autorisés.
 
La barrière est abaissée, une silhouette, debout, s’y appuie nonchalamment. 

  C’est Arthur Malfort. 

 
Merry arrête la camionnette et baisse la glace de sa portière. Arthur pénètre dans le poste de garde où l’on distingue très vaguement deux silhouettes effondrées sur un bureau. Il presse un bouton et la barrière se lève.

  - Je monte avec vous, déclare-t-il lorsque la camionnette est entrée et qu’il a refermé la barrière : j’ai fini le travail.

 
Merry acquiesce de la tête et fait un signe derrière elle. 

  La porte latérale du fourgon coulisse et il monte à l’arrière où se trouve une autre Amazone en tunique. Les arcs et les carquois sont accrochés contre la carrosserie.

 
- Attendez, je reviens…

  Il redescend, entre dans le poste de garde où les silhouettes n’ont pas bougé, et en ressort en brandissant les bâtons blancs qu’il leur a pris, un grand sourire sur le visage.
 
- Le con, marmonne Merry à l’intention de sa camarade. Il prend des trophées !

  Mais Arthur est déjà remonté et l’Amazone referme la portière à glissière derrière lui.

 
- Avancez jusqu’à l’usine. Vous vous arrêterez devant. J’ai laissé les portes fermées au cas où il resterait des survivants. Mais cela m’étonnerait…
- Beau travail, complimente Merry, un peu surprise cependant de voir les choses aussi avancées…
- Oh, c’était facile… Ils étaient tellement sûrs d’eux et de moi…

  - Les cons, jubile Merry.

  Guidés par Arthur, ils ont vite parcouru les quelques kilomètres qui les séparent du quai désert de La Marée au Petit Port. Quelques corps sont étendus devant les portes noires fermées.

  On s’arrête. Arthur ouvre la portière et saute sur le quai, un bâton blanc à la main.

  Les Amazones passent leur carquois en bandoulière et en bouclent la ceinture de maintien, où se trouve suspendu leur poignard, puis elles descendent, l’arc à la main.

 
- Le Mentor est un génie, constate Esche, mais il y aura un peu d’avance, non ? Enfin, c’est un travail sans bavures ! Bravo, Arthur Malfort, vous aurez bien gagné votre récompense…

  Elle s’approche de l’un des corps étendus sur le ventre, suivie à deux pas de Merry qui a encoché une flèche sur la corde de son arc, attentive…

 
… suivie à deux pas d’Arthur qui dégage l’aiguillon du bâton d’une torsion de la poignée, comme lui a montré Nouye…

  - Quelle race de dégénérés, ricane Esche en retournant du pied le cadavre de femme en combinaison blanche sur lequel elle se penche, regardez-moi ce front…

 
Un bruit étrange, comme un froissement de tissu, la fait se retourner : Arthur la regarde, souriant, le bâton négligemment balancé dans sa main droite. A ses pieds, le corps effondré de sa camarade.

  - Mais…

 
Un autre bruit : le « cadavre » à ses pieds se relève.

  - Beau travail, complimente Nouye en époussetant sa combinaison.
- Oh, c’était facile… Elles étaient tellement sûres d’elles et de moi…

  - Les connes, lâche Nouye, méprisante.

LE HACHOIR / P3C2E40

 P3C2E40 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 40)

  N°229 / LE HACHOIR / P3C2E40

 
C’est l’histoire où les corps des victimes sont hygiéniquement hachés sous les yeux effarés de Lepif et de Ravot.

 

Jeudi 16 juin
7 heures 30
Bordeaux

 
C’est la suite de P3C2E36, P3C2E37, de P3C2E38 et de P3C2E39.


 
- C’est ici que sont enregistrés tous les éléments d’information relatifs à chacun des patients, mais regardez plutôt…
 
Un écran montre en gros plan Ordegale-Junie, toujours suspendue par les poignets, son visage bouffi vaguement animé par des restes de sourire… 

  Soulevé par les câbles, son corps rougi s’élève, arrive à la hauteur du haut de la tour, qui s’ouvre sur un vaste entonnoir.

 
- Tout est enregistré ! s’exclame Brunières ravi.

  Le corps s’immobilise au-dessus, de la grande bouche d’inox, attend… 

 
Un second corps s’approche, tout aussi défiguré…

  C’est celui de Pélot…

 
Un souffle puissant s’élève du fond de l’entonnoir brillant où, sur l’écran, on peut distinguer des glissements d’acier tournoyant…

  Les deux corps, face-à-face frémissent sous ce vent…
 
Ils descendent, tordus de lentes ondulations, comme sous l’effet de caresses amoureuses. 

  Lorsque leur peau se touche, elle se détache en larges lambeaux qui flottent dans l’air… 

 
Le procureur détourne la tête.

  Ravot pâlit.

 
Lepif se cache le visage entre les mains.

  Les corps descendent encore, ils sont à leur hauteur, sourient, en extase… 

 
Les voient-ils ?

  Ravot s’accroche à la rambarde qui les maintient à distance du pupitre : les corps descendent, plus bas, les yeux dans les yeux.
 
Une femme (c’était Ordegale-Junie) et un homme (c’était Pélot) qui se parlent tout seuls, se racontent l’histoire de leur propre délire, leur histoire absolue, ultime résumé de leur vie, qui descend, en silence, dans le bruit…
  Qui parlent…

 
Le son change d’un coup, se rythme de chocs sourds lorsque les lames frappent, à droite et à gauche… 

  Le giclement du sang éclabousse les parois, lavées à petits jets au ras de l’entonnoir, avec des petits pschitts, pour qu’elles restent propres…

 
Les regards sont maintenant éteints : mangés jusqu’à la taille les deux corps relâchés, sont tombés dans les lames où, vite, ils s’engloutissent…

  Ravot reste immobile, figé dans sa vision…

 
Brunières le secoue, un grand sourire aux lèvres, heureux de la « surprise » qu’il leur a apportée.

  Deux autres corps, deux autres, et puis deux autres encore… Et ce sont deux cadavres, nus et éviscérés qui se trouvent engloutis : le juge et Martial…
 
Brunières leur montre, explique que ceux-là, comme ils étaient morts, il a fallu les « vider ». A la main. 

  L’hygiène…

 
Et puis il leur désigne l’escalier et il les force à descendre, malgré eux, les contraint à quitter la terrible fascination qui s’est emparée d’eux, les poussant l’un avec l’autre, aidé des Amazones qui les piquent de la pointe de leurs poignards : trop proches, elles ont passé leur arc en bandoulière et remisé leurs flèches pour l’instant inutiles.

  Il les pousse dans la pièce voisine, tandis que le bruit change de nouveau derrière eux : deux autres corps, là-haut, tombent dans le hachoir.

 
Un sas. 

  On leur fait enfiler des vêtements de papier blanc, des sur-bottes de papier, une cagoule de papier aussi… 

 
Leurs « gardes », Brunières compris, se couvrent de la même manière en leur expliquant que… l’hygiène… 

  Et il les pousse dans l’ultime salle…