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UNE BREVE GENEALOGIE

TONTON RASPOUTINE


 

Une brève généalogie.

Où l’on dénonce un faux grossier.

 

Je n’ai pas connu mon arrière grand-père, sinon par diverses traces et souvenirs : une photo


                                                                                                

Grand-Popa


 
et quelques reliques, signalées ici ou là, mais qu’il faut considérer avec prudence :

En 2004, Igor Knyazkin, le directeur du centre de recherches sur la prostate de l’Académie des Sciences Naturelles de Russie, annonça l’ouverture d’un musée russe de l’érotisme à Saint Pétersbourg. Parmi les objets présentés, Knyazkin prétendit que se trouvait le « pénis conservé » de Grigori Raspoutine, long de 29 centimètres, ainsi que plusieurs lettres du moine. Il dit avoir acheté ces objets à un collectionneur d’antiquités français pour 6 600 euros. On ignore si ce pénis est effectivement celui de Raspoutine.  (Wikipédia dixit).

Je dois dire que l’hérédité, en ses manifestations actuelles, m’incite à croire qu’il s’agit d’un faux. Je n’ai pas eu le loisir de voir l’objet évoqué, mais il me semble peu probable que Grand-Popa, comme il est appelé dans la tradition familiale, ait ainsi disposé d’un aussi médiocre attribut alors que les choses sont réputées aller en se dégradant au fil des générations.

Quant aux 6600 euros, je ne les commenterai pas, mais j’y vois la sournoise influence de
la MÉTHODE À 6000 développée par Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, ainsi que je l’expose(rai) dans l’Épisode 2 du Chapitre 1 de la Deuxième Partie, qui reprend les suites de la tragique disparition de la pauvre Éléonore Fentasou, racontée en préambule du présent feuilleton.

Je n’ai pas connu Grand-Popa, et c’est dommage.

Je n’en parlerai donc pas.

En revanche je vous renvoie à la Page consacrée à la biographie d’Hilarion Jovial de Sainte Fouillouse, Conseiller en matière d’économie électorale (cliquez sur le nom-lien).

Grand-Popa a engendré un certain Grand-papa, que je n’ai pas connu non plus.


Il l’a engendré avec la collaboration je présume complice de mon arrière-grand-mère qui avait accompagné son mari, négociant en vins, à Saint-Pétersbourg. Leur union était restée jusque là stérile, et mon arrière-grand-père officiel, le mari de mon arrière-grand-mère, a sans doute commis l’imprudence de consulter à ce sujet le « staretz », réputé par ses dons de guérisseur.

  Il paraîtrait que mon arrière-grand-mère n’évoquait jamais son voyage en Russie sans ouvrir de grands yeux rêveurs. Ce qui faisait bougonner mon arrière-grand-père officiel : Raspoutine ne s’était certes pas contenté d’une imposition des mains. Mais mon arrière-grand-père officiel a reconnu l’enfant, qui est né en France peu après leur retour.

 
Mon arrière-grand-mère avait été une grande et belle blonde, et mon arrière-grand-père officiel aurait fait un viking très acceptable, si j’en crois les quelques photos que j’ai pu voir. Ils n’eurent pas d’autre enfant.

  Mon grand-père était plutôt de petite taille, trapu et fort et faisait aussi dans le pinard.

Il engendra une ribambelle d’enfants de petite taille, trapus et forts, dont beaucoup moururent pendant la guerre de 1939-1945. 

 
Mon père survécut. 

  Ma mère ne m’a jamais fait de confidences, mais elle n’a jamais été surprise par ma « constitution » particulière, qui la faisait m’appeler « Raspoutine » en riant, sans m’expliquer pourquoi. Mais je voyais bien dans son regard que ce n’était pas seulement à cause de la légende familiale, discrète mais amusée, qui attribuait la paternité de mon grand-père à l’imposition miraculeuse des mains du moine débauché.

A ce sujet, je me souviens (si !) de la tête de la sage-femme, lorsque je suis né : elle croyait que j’avais DEUX cordons ombilicaux ! Mon père a dû lui prouver de visu et de tactu que c’était une « constitution » héréditaire, et ma mère a été obligée de finir toute seule le travail. Heureusement : la sage-femme se serait peut-être trompée en coupant le « cordon ».

Elle n’était d’ailleurs plus en état de faire quoi que ce soit de raisonnable : elle criait si fort que les voisins ont cru qu’il y avait DEUX accouchements.

  Ce qu’on a pu rigoler !

  Cette « constitution » qui me semblait normale, a commencé à me paraître « étrange » lorsque j’ai disposé des points de comparaison qu’apporte la puberté et lorsque mes premières amies m’ont fait part de certaines craintes. Très exagérées. On sait en effet, depuis que l’Âne d’Or d’Apulée a parlé, et cela fait un moment, que la capacité féminine est très sous-évaluée.

  Mais je ne développerai pas ce point plus outre, de crainte d’être taxé de fanfaronnade.

  Et puis ça ne regarde personne.

C’était simplement pour dire que je ne crois pas à l’authenticité de la médiocre « relique » de Saint-Pétersbourg, qui ne peut être que le fruit d’un trafic douteux, ainsi que l’on démontré les trois documents qui suivent, qui nous sont parvenus après la publication de cet article:

DOCUMENT N°1

DOCUMENT N°2

DOCUMENT N°3

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DOCUMENT EXCEPTIONNEL N°2




LE DEUXIÈME DOCUMENT EXCEPTIONNEL




L’hostie XXL 


 

Ce deuxième Document, tout aussi exceptionnel que le premier, proviendrait d’un autre monastère Conceptionniste, mais situé à Klown, en Syldardurie.

  D’aspect étrange, réalisé selon une technique encore mystérieuse qui allie la peinture sur cuivre et des à-plats d’émaux en grisaille, il est identifié par une inscription gravée à son verso dont nous vous donnons la traduction, effectuée par Cloclo Chatapus (gentille hôtesse dont vous ferez la connaissance dans la troisième partie du récit) :

    En ce jour de fête de l’an 1913 après la Nativité, où nous célébrons l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, mère de Notre Seigneur, par la grâce de Dieu Toujours Vierge, nous avons reçu la visite de Frère Raspoutine, envoyé par notre bien-aimée protectrice la grande-duchesse Anastasia de Russie, avec l’accord de notre bien-aimé souverain, le saint roi Vlad Tefèsz[1].

Grâces en soient rendues au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Amen.

  Le Frère Raspoutine, précédé de sa Sainte Brouette est venu nous enseigner les mystères de l’Immaculée Conception, Alléluia, Alléluia, Alléluia.

 

C’est à cette occasion qu’alors que, pour souffler, il expliquait la fabrication des hosties à notre Mère Supérieure, Novellita Nichonova, se produisit le Miracle :

 
À peine fut-elle moulée que l’hostie de taille habituelle destinée à la célébration du Saint Sacrifice de la messe, se mua en hostie géante, montrant par là toute l’estime que le Ciel portait à celui qui nous était adressé et à ses œuvres.

  Tendrement émue par cette manifestation divine, notre Mère Supérieure tomba à genoux pour rendre grâce, se trouvant ainsi confrontée à la Sainte Brouette que le Frère Raspoutine avait, par modestie, rangée sous la table.

  Et grâces furent rendues.

  Amen.

 
Par ailleurs, le Chroniqueur de l’Osservatore Romano, l’organe officiel du Vatican, relatait ce miracle dans les termes suivants :

  « Lors, l’hostie standard calibre 26 se mua en une exceptionnelle hostie XXL, de celles que le Saint Père utilise lors des Célébrations Solennelles de Saint Pierre de Rome.

Lors, de par l’émotion que soulevait en elle cette évidente manifestation de la grandeur divine,
la Mère Supérieure chut sur ses deux genoux.

Face à la Sainte Brouette (voir Document 1), elle rendit grâce à Dieu, dans le flot jaillissant d’une oraison jaculatoire, tandis que le Frère Raspoutine criait sa joie. »

 L’inscription, tout comme le récit qui est fait par le Chroniqueur de ce glorieux « Miracle de l’Hostie XXL », font référence à la Sacrée Brouette de Raspoutine, qui ne peut qu’être celle que montrait le Document Numéro Un précédemment révélé par Tonton Marcel !

  Ainsi deux Documents se recoupent-ils à plusieurs milliers de kilomètres de distance et ratiboisent-ils définitivement les assertions ridicules d’Igor Knyazkin, le directeur du centre de recherches sur la prostate de l’Académie des Sciences Naturelles de Russie quant à la pseudo relique de Popa !

  Merci Tonton Marcel pour cet éclaircissement apporté à un Miracle oublié, même par la Légende Dorée de Jacques de Voragines qui en a pourtant vu bien d’autres. Un peu plus tôt, il est vrai.

 Mais la Vérité est éternelle et partout elle triomphe.

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[1] Vlad Tefèsz, de la dynastie des Vladocsoz, était le père de Vlad Tferfout-Engran, lui-même grand-père de l’actuel Mélancs Ier, roi de Syldardurie. Il était donc l’arrière-grand-père de Mélancs Ier. Tout cela sera développé en Quatrième Partie.