logo

LES POLITIQUES

Les Politiques

  Je vais parler des Politiques, c’est-à-dire de ceux qui font profession politique. On dit aussi carrière. Ou qui tentent de le faire. Car tous ne parviennent pas à leurs fins : la route est encombrée, la concurrence sévère. Comme le disait feu ma belle-mère, qui était une dame de grand bon sens, la place doit être bonne pour être autant disputée… Ce qui pose une grande question : qu’est-ce qui est aussi appétissant dans « la place » ?

 
Il ne s’agit nullement de faire le procès de ces Politiques (on est prié de me croire), mais de faire le portrait de certains d’entre eux (parce qu’au fond leurs obstinations sont assez comiques), et peut-être de comprendre d’où vient cet appétit.

  Comme tout un chacun j’ai été amené à en rencontrer, et à en observer, de tout poil (du poil de carotte au poil à gratter) et de toute brosse (de l
a Brosse à Reluire à la Brosse à Cabinet), depuis les maires que chacun croise partout, surtout aux périodes électorales, jusqu’aux autres, que l’on rencontre quotidiennement par écrans de télévision interposés.

  J’en ai donc vu de toutes sortes, des meilleurs aux pires, les meilleurs étant le plus souvent situés dans les petites mairies des plus petits villages où ils se défoncent pour d’ingrats administrés.

Mais pas toujours.

Les pires sont les plus drôles (quand on ne se trouve pas dans le champ de tir des catastrophes qu’ils génèrent).

  Et je me suis donc souvent demandé pourquoi ils se trouvaient là. Et ce qu’ils y cherchaient.

  Si vous leur posez la question, ils vous répondront invariablement que c’est par souci de « servir », par dévouement au « bien public », parce qu’ils « savent des choses et qu’ils veulent en faire profiter leurs concitoyens », parce qu’ils croient « détenir des solutions », etc… Bref, parce qu’ils « savent » et qu’ils veulent « servir », comme je l’ai déjà dit. Mais s’ils se répètent lorsqu’ils utilisent ce verbe, aucun ne le pronominalise. Comme s’ils ne pouvaient « réfléchir » ce pauvre et digne vocable. 

Cependant, eux, ils « réfléchissent » beaucoup. Ils analysent. Ils déduisent. Ils débattent. Ils concluent. 
D’ailleurs, ils ont Raison.
Puisqu’ils Savent.
Et s’ils Demandent, nous « demandent », Interrogent, nous « interrogent », c’est bien pour obtenir, contorsions et astuces rhétoriques aidant, la confirmation de ce qu’ils savaient déjà.
 
Même s’ils appliquent la grande Règle selon laquelle « la vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et encore moins celle de demain », comme je l’ai entendu dire dans le cadre de transactions commerciales (où l’on est souvent plus rigoureux) (Parole, parole, parole… chantait l’une) (Words, words, words ! avait dit l’autre).

Aucun ne parle de POUVOIR…

  On trouve en P2C2E10 (lien) une représentation de deux d’entre eux.

Les mêmes en P2C2E14, dans une autre situation.

 
S’agissant d’une satire, le trait est, bien sûr, forcé. 
 
Bien sûr. 

 
Forcé.

Poil au nez.

 
A propos de poil.

  Chacun a pu remarquer que l’homme politique est glabre.

 
Ainsi, affichant une vie simple, sinon saine, ne se trouve-t-il jamais confronté au terrible dilemme haddockien du dessus-dessous, angoissante question qui taraude l’hirsute, ni à l’imprécision et au flou du profil, ni aux coulures opiniâtres de la sauce tomate, ni aux miettes du quatre heures qui restent prises dans le poil jusqu’à l’apéro.

  Lui, il proclame la netteté du Savoir et son profil de médaille, la cravate en bavoir d’Hercule Poirot ou la franchise insolente du jaune d’œuf sur la chemise blanche. Mais l’attaché(e) parlementaire a des changes d’avance.

  Bref, il sait, et en tant que sachant, il échappe à tout ce flou mal maîtrisé qui caractérise la Barbe.

  Non, Mesdames et Messieurs, le Politique ne sera jamais un Barbu, un vrai, un sale ! 

  Ou bien il sera rejeté par la communauté internationale de ses semblables, et même, ô misère, par les peuples réunis, conditionnés depuis Jules César au Rasoir du Responsable.
 
Ainsi à jamais les Poilus resteront-ils dans l’ombre des tranchées, hachis à mitraille, sacs à poux, troubacs sans destin, tandis que les Chefs garderont leur œil limpide fixé sur la ligne bleue des Vosges qu’ils savent vibrer, là, du côté des verduns !

  Eux, tendent le menton, fiers, héroïques, rasés de près. Et chauves si possible, ainsi que l’était Jules.
 
En effet, comment tondre les peuples lorsque l’on est poilu ?

  L’Homme Politique est glabre en soi. Ou bien il se déguise. Il joue au Père Noël jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il ressemble à Landru et qu’il revienne alors au standard de sa caste.
 
Lisse comme un blindage, le visage de l’H.P. n’offre aucune prise. Non, il ne jouera pas à « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » : L’H.P.[1] est un sérieux, ou bien un transgressif lorsqu’il croit tenir la situation bien en mains et qu’il se laisse aller à livrer sa nature profonde de maquereau du peuple. Et ce n’est qu’un instant. 

  Un maquereau porte des rayures bleues sur le dos. Pas de barbe !
 
Alors il faut choisir : la barbe ou la politique.

  On m’a objecté certains cas célèbres de barbus publics, relevés ici et là dans le monde, depuis les mollahs iraniens ou quelques sikhs indous, jusqu’aux barbudos castristes. Ceux-là relèvent d’un complexe du Prophète plus que de la politique telle que nous l’entendons et arborent ainsi un accessoire identitaire auquel se rallient leurs sectateurs.

C’est un autre type de Pouvoir qui est recherché.
 
Mais bien sûr, il s’agit toujours de Pouvoir, sinon de véritables hommes politiques tels que ceux auxquels nous sommes quotidiennement confrontés.

  Pour mémoire, je rappellerai que les femmes politiques sont des Hommes Politiques comme les autres.
Plus récemment venues sur la scène du Pouvoir, elles y présentent le zèle des novices qui tend à accentuer les stéréotypes que véhiculent leurs modèles, sinon leurs mentors.
Elles sont donc au moins aussi glabres que les hommes.
Avec un certain aspect hargneux qui transparaît très vite dans le ton et le regard sous le sourire de convention.

On trouve encore moins de femmes à barbe en politique que d’hommes. C’est dire.



[1] J’ai tenté d’appeler l’Homme Politique « H.P. » pour économiser des caractères. C’était une erreur et j’en reviendrai à l’expression littérale : outre le fait que ce n’est pas, en l’occurrence, une économie souhaitable (ce que je ne développerai pas, pour, au moins, économiser les incidentes), je crains une confusion avec l’angliciste abréviation du cheval vapeur. Car si l’Homme Politique peut se nimber de vapeurs dilatoires pour éviter certaines réponses à certaines questions, il n’est en aucun cas comparable au cheval, qui, lui, est un noble animal.

HOMMES POLITIQUES / P2C2E10

P2C2E10 (Partie 2 / Chapitre 2 / Episode 10)

 
N° 111 / HOMMES POLITIQUES / P2C2E10

 
C’est l’histoire où les édiles se concertent. 

  Mardi 3 mai
10 heures 30
Mairie de Saint Tignous sur Nivette

  Dans le bureau du Maire, depuis le matin, c’est le grand bazar : un crime mystérieux dans la maison, c’est du sérieux. Au point qu’il a fait venir le Conseiller en matière d’économie électorale. Bien forcé, ce sont les seuls Hommes Politiques. Les seuls vrais, s’entend. Les pros. Ceux qui font carrière, quoi. Les autres restent des amateurs, avec des idéaux, des idées et tout ça. On les appelle des militants de base et ils sont parfois élus comme conseiller municipal ou quelque chose dans le genre. Ils soutiennent, appuient, manifestent, signent des pétitions, recrutent, discutent, écrivent des courriers dans les journaux du parti (de leur parti, peu importe lequel), achètent des produits dérivés (tee-shirts, banderoles, voyages de soutien, congrès, déjeuners républicains, et puis, réunions, réunions, réunions…) bref, ils constituent « l’ancrage ». Les pros, eux, font carrière. Surtout Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, en fait, puisque le Maire, lui, en reste à sa mairie. Il a compris, avec la sagesse des vieux rats, qu’il vaut mieux s’en tenir à un fromage acquis dans lequel on a su se creuser un trou confortable, que courir après une éventuelle fromagerie. Le Maire est un sage (puisqu’il le dit !) et il en a vu tellement trébucher sur des croûtes fleuries ou glisser dans des calendos coulants qui semblaient vous tendre les bras et qui en fait n’étaient que des amorces de pièges… Mais, bon, à chacun sa stratégie. Hilarion-Jovial vise la députation. Il y croit. Enfin, il croit en Lui… Le Maire garde sa Mairie. Surtout que, hein, maire de père en fils, c’est pas un Hilarion-Jovial qui viendra le dégommer ! Et puis c’est un casanier et tous ces déplacements… Surtout maintenant, avec les problèmes climatiques… Courir de réunion en assemblée… Sans parler des universités d’été ! Au moins, à la Mairie, ce sont les autres qui viennent le voir !

 Alors, un crime… Bien sûr, c’est au Matois, mais c’est quand même dans le bâtiment de

la Mairie… Et ce commissaire qui ne veut pas jouer le jeu. Il ne le « sent » pas ce commissaire.  Il a essayé de le tester, lui proposer un logement, des avantages, mais sans résultats. Parachuté par qui et pourquoi ? Il avait pourtant su négocier le virage après le départ des Écolocroques ! L’ont bien eu ceux-là… Heureusement tout est allé trop vite pour qu’il donne l’impression d’être vraiment mouillé. Comme dit sa femme, il a des plumes de canard… Ça glisse sans le mouiller… Tout est rentré tranquillement dans l’ordre, et les Malfort lui ont fichu la paix. Bon, il y a bien eu la fusion avec le Matois, mais c’est un moindre mal : « on » n’en a plus qu’un à surveiller, et c’est autant de subventions d’économisées qui peuvent servir pour des amis… 

  Les Malfort aussi après tout font de la politique, avec le fils qui court aux basques de l’ONU pour ramasser les miettes laissées par les Écolocroques… Bénévole ! Tu parles !!! C’est pas au Maire qu’il faut raconter ça. Et ces « Numéros » que personne n’avait vus et qui ont poussé comme ça, d’un seul coup… Bon. Passons. Faut pas ressasser. Comme dit sa femme : ça te fait du mal, mon biquet…
  En attendant, ils doivent se mettre d’accord sans avoir l’air d’être d’accord, et c’est de ça qu’ils parlent avec Hilarion-Jovial. Parce que c’est vrai que le petit journaleux qui s’est fait tuer (ils n’en savent pas plus, et ça le met en rage, le maire, fut un temps où il aurait été invité à l’enquête, à donner son avis, après tout, il est responsable de l’Ordre dans sa ville, quoi, merde !), c’est vrai qu’ils sont dans les derniers à l’avoir vu ! Avec tous les gens de Tapas’Embal’, et surtout cette salope de Finette qui est bien la seule à réussir à l’allumer. Avec sa femme, bien sûr, mais elle, c’est une laborieuse qui le travaille dans la racine de bruyère comme elle dit elle-même. Et qui veille à sa carrière : « Liés par

la Carrière plus que par le lien conjugal »… Marrant. Positivement marrant.

  Hilarion-Jovial, lui, il s’en fout de Finette. Trop occupé. Se purge à sec dans son tréteau, et l’affaire est dite, comme la femme du maire lui a expliqué un soir où ils parlaient de lui après une séance réussie de racine de bruyère :
- Faut pas croire, mon biquet (sa femme l’appelle souvent « mon biquet » dans l’intime), mais ce petit Hilarion-Jovial, entre sa mère, sa sœur (il a aussi une sœur du genre éminence grise à ce qu’il paraît : Ordegale-Junie, épouse Lebièvre ! Mais où vont-ils les chercher ?) (assez grise, en effet, il l’a vue une fois, dans l’ombre ; elle se veut « de bon conseil » !) et sa femme, il doit pas rigoler tous les jours. Et le père, il paraît que c’était un terrible ! Forcément, il doit toujours se montrer à la hauteur, c’est ça qui le fait courir ! C’est pas la course à l’échalote, c’est la poursuite de l’oignon ! Et tu sais, ces nanas, toutes maigres, ces manches de brouettes, c’est des obstinées. C’est pas comme moi, hein mon biquet, moi c’est dans le suave, le velouté, le…

Bon, là, il a arrêté d’écouter parce qu’il n’en pouvait plus de la racine de bruyère. 

  Bref, le Maire se dit qu’Hilarion-Jovial doit avoir des excuses dans sa course à la députation : les réunions, ça lui fait des vacances. D’autant plus qu’il adore magouiller et qu’il a du pain sur la planche, rien que pour jouer d’une tendance de son parti contre l’autre, pour évincer Pierre, Paul et Jacques a priori mieux placés que lui, d’après les statuts, l’expérience et tout ça, mais moins ficelles. Et puis, hein, avec le soutien d’une éminence grise… Ça le fait se marrer, le maire, l’idée de l’éminence grise, parce qu’il se souvient d’un sketch idiot entendu à la radio où on (mais qui ?) définissait l’Éminence grise comme un slip sale… C’est con, mais ça le fait se marrer. Du coup, il a perdu le fil de la conversation et il a cessé d’écouter Hilarion-Jovial. Pas très grave, neuf fois sur dix il parle pour ne rien dire : habillage rhétorique (babillage rhétorique, cafouillage théorique, bavotage diarrhéique, pense le maire) destiné à noyer l’interlocuteur pour « enfoncer le clou ». Même quand il n’y a pas de clou à enfoncer, juste l’habitude, pas perdre la main, toujours montrer que c’est lui qui sait.
 
En attendant, ils doivent trouver une stratégie commune face à ce qu’ils subodorent tous les deux comme présentant une menace : le crime. 

  (Et Hilarion-Jovial, en passant, se demande si le maire, comme ça, au passage, ne pourrait pas, pas hasard, se trouver vaguement, de loin, comme qui dirait mêlé à l’histoire ? Ou même simplement mêlable… Après tout, c’est dans sa mairie que c’est arrivé, et il a toutes les clés, et qui sait ce qu’il a pu faire quand il les a quittés hier soir en sortant de l’inauguration du Tapas’Embal’ ? Hein ? Ça libèrerait le terrain pour la mairie aux prochaines municipales, non ? Parce qu’en fait, Hilarion-Jovial a fait ses comptes, et bien sûr, la députation c’est bien pour le prestige, mais le but réel, c’est

la Mairie et une Communauté de Commune tout autour : si tu fais le compte, c’est nettement plus rentable. D’abord, l’indemnité peut aller jusqu’à 1,5 fois l’indemnité parlementaire d’un député de base. Sans les frais que celle-ci impose. En gros, ça peut aller jusqu’à 8 277 euros net par mois[1]. Et si ça peut aller jusqu’à, tu peux faire confiance à Hilarion-Jovial, ça ira jusqu’à. Sans compter les à-côtés en permis de construire (c’est la spécialité d’Hilarion-Jovial. Il est fasciné par le foncier et sa propriété privée, surtout quand le privé, c’est lui. En macroéconomie, il appelle ça la base structurante de la société…), attribution de marchés publics (il a déjà envisagé six ou sept ronds-points pour désengorger des champs de maïs aux accès saturés de corn-pickers au moment de la récolte), écoles et cantines scolaires, maisons de retraites (les vieux ont le legs facile quand tu leur amènes la doublure de leur chanteur préféré) et tutti quanti, t’as vite fait de tripler la mise. Mais ça, c’est du secret-secret… En résumé, mouiller le maire dans une histoire de meurtre pourrait faire gagner du temps et éviter des efforts électoraux et des fatigues inutiles). (Avant d’en revenir à députation qui fait quand même mieux comme prestige et utile comme pouvoir et comme influence : deux fers au feu, toujours !).

  (Et le Maire se dit que si Hilarion-Jovial connaît les parents de Luis, c’est peut-être qu’il en sait plus qu’il ne veut bien le dire, et que donc, il cache quelque chose de dangereux pour lui, le maire, qui sait qu’il (Hilarion-Jovial) vise son écharpe à lui (maire), mais quelque chose qui pourrait peut-être se retourner contre lui (Hilarion-Jovial), si le commissaire Ravot l’apprenait, et l’apprenait de lui (maire), vu que c’est toujours bon d’avoir le commissaire dans ses petits papiers et réciproquement, alors, s’il trouve… Les pauvres parents de ce pauvre Luis, frappés par ce deuil terrible et tellement injuste, apprécieront certainement le réconfort officiel que lui (maire) pourra leur apporter et donc lui (maire) confier ce que leur fils a trouvé chez les Malfort, qui sait, sur lui (Hilarion-Jovial), ou sur lui (maire), et selon le cas, étouffer ou monter en épingle…)

  Bon. Déjà, une chose est sûre, c’est qu’ils sont partis avant les autres et avant le jeune Luis. On le connaît, ce jeune. Et tout particulièrement Hilarion-Jovial le connaît, puisqu’il est seulement de quelques générations d’élèves plus vieux. Il connaît ses parents, qui sont favorables à son parti, même s’ils ne sont pas militants et s’ils n’en voient que la jolie façade idéologique sans descendre jusqu’au « pragmatisme opératoire » dans lequel nage délicieusement Hilarion-Jovial. Et dans quelques jours, le temps que le gamin soit enterré et qu’ils aient « fait leur deuil » (enfin le plus gros), comme on dit (c’est marrant, ça rappelle à Hilarion-Jovial ce qu’il a dit à son prédécesseur député : j’ai mis les instances du parti dans ma poche, tu peux « faire ton deuil » de ton investiture !), et il pourra récupérer toutes les informations qu’il voudra auprès d’eux. Il est certain qu’il y a des choses à glaner, après tout, il travaillait à la Lanterne et il n’avait pas les yeux dans sa poche…

  Mais d’ici là, on ne sait rien, on n’a rien vu de spécial, on ne connaissait pas les autres participants de la soirée, juste Finette, s’ils insistent, et encore, elle a tellement changé… OK, on est d’accord, on n’en sortira plus, promis juré, parole de scout. Et les deux Hommes Politiques se serrent des mains professionnelles dans une poignée de main professionnelle qui dure juste ce qu’il faut pour en faire profiter toutes les caméras et tous les appareils photos à qui elle est destinée. L’habitude, même s’il n’y a pas de photographes. Mais on ne sait jamais… 

  - Monsieur le Maire…
La secrétaire vient de frapper et de passer la tête par la porte :
- Oui, qu’est-ce que vous voulez ? J’avais dit que je ne voulais pas être dérangé…
- Vous aviez rendez-vous avec Gertrude Pilon…
- Gertrude Pilon ??? Ah oui…
Un regard à Hilarion-Jovial qui hausse les épaules :
- Faites-la entrer si vous voulez, à moins que vous ne préfériez que je parte… Je crois bien qu’on a fait le tour de la question…
- Non restez, si je me souviens bien, c’est une allumée de la MJC et elle loue un appartement à Arnaud Boufigue…
- Oui, je vois qui c’est, oh, ça nous changera les idées…

  Et c’est comme cela que Gertrude a pu inviter simultanément, et « sans faute », les deux édiles à participer à cette réunion secrète réservée aux VIP « à 19 heures à Super Troc »…
 


[1] Chiffres de fin janvier 2007, qui devront être actualisés pour le début du mois de mai 20xx)