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RÉSUMÉ DE LA DEUXIÈME PARTIE

RÉSUMÉ DE LA DEUXIÈME PARTIE

 
Les Écolocroques ont perdu la première manche.

  Deux ans ont passé.

 
Il y a eu un sacré bordel lié à la glaciation que ces mal élevés ont provoquée. Changement climatique ! Tu parles, Charles !

Le Tapas’Embal’ de Saint Tignous sur Nivette recherche des saucisses au Super Troc.

  Et on fait l’inventaire de la famille de Sainte Fouillouse (lien).

Et ici aussi.
 
Finette, qui s’est réfugiée chez sa maman, Flora, est recrutée par deux étranges notaires, ( P2C1E3) et placée à la tête des affaires de son cousin, feu Déodat de Sainte Fouillouse, atomisé à Gibraltar alors qu’il honorait Éléonore Fentasou (P1C3E26)

  Elle vient inaugurer le Tapas’Embal’. Au grand espoir du jeune Luis, journaliste stagiaire qui cherche à éclaircir les points obscurs des « évènements ». 

 
Victor le retrouve le lendemain horriblement assassiné. Écorché. Peut-être bien écorché vif… 

  Chez Mado, Jo et Ted racontent au commissaire Ravot, à Eusèbe, et à Victor, la soirée du Tapas’Embal’, à laquelle ils ont assisté.
 

Les policiers découvrent comment est mort Luis. C’est l’horreur. Il a bel et bien été écorché vif… 

  Et ils découvrent l’étrange inscription « HYBRIS » sur un miroir.

 
Petit à petit, nous apprenons ce qui s’est réellement passé. 

  Par ce qu’a fait Boufigue.
 
Par ce qu’a fait Finette…

  Et par le travail des policiers, de Ravot, de son assistant, l’inspecteur Lepif, et de la police scientifique où nous rencontrons une certaine Amélie…

 
Et voilà maintenant que le Hai II, le sous-marin atomique des Écolocroques, a disparu de Thulé où il était resté basé sous le commandement de Vladimir !

  Peut-être le commissaire Ravot comprendra-t-il mieux ces sombres évènements, maintenant qu’il est introduit chez les Goums ?
 

Mais pourquoi un attentat clôt-il d’une douche de sang le premier chapitre, alors que Jeanne tentait d’expliquer les métaphores ?

  Le deuxième chapitre commence en Patagonie où Arthur recherche en compagnie de Daouj, un ami goum, des réserves de nourriture qu’y ont cachées les Écolocroques avant leur déconfiture. 

 
Daouj est tué d’une flèche… 

  Arthur est tout triste.
 
Il ramène son corps à la base des Chonos avant de rejoindre en urgence Saint Tignous sur Nivette. 

  L’indicateur qu’il devait y interroger a été écorché vif. Lui aussi. Après Luis.

 
A chaque fois, l’inscription « HYBRIS » figure sur les lieux des crimes. 

  Comme elle figure sur la pointe de la flèche qui a tué Daouj.
 

Mais la mystérieuse « Patronne » l’enlève et le conduit dans son repaire secret d’Omphalie.

  A Saint Tignous, Super Troc se transforme en Nouvelle Réna, et développe un étrange (et obscène) rituel auquel Gertrude Pilon, téléguidée par Arnaud Boufigue et son successeur, Daniel Forpris initie le Maire et le Conseiller en économie électorale…

 
Et tandis qu’à Saint Tignous sur Nivette le commissaire Ravot (à qui l’on a dévoilé l’existence des Goums) poursuit son enquête, Arthur est donc enlevé par la « Patronne » qui a tué Daouj.

  Commence le troisième chapitre : Arthur s’éveille, terriblement affaibli d’avoir subi les lubriques assauts des 120 Amazones de la base de l’Élu, appelée Harpie, où il est emprisonné…
 
À Saint Tignous et à Agotchilho, c’est la consternation depuis la disparition d’Arthur : Béatrace déprime malgré les efforts de Tijules qui tente de la réconforter. 

  On en apprend de belles sur les saucisses de chez Lartigo destinées à la Nouvelle Réna : Gertrude Pilon (qui a disparu) ferait partie des ingrédients ! 

  Ravot perquisitionne l’usine et poursuit son enquête. 

  Et puis une Amazone est capturée alors qu’elle cherche à s’introduire dans la base d’Agotchilho pour y assassiner du monde. Elle ricane, mais Ôoumloc, le Crabe géant que vénèrent les Goums, brise sa résistance. 

 
Hélas, lorsqu’elle commence à parler, une autre l’exécute, que Nouye capture à son tour…

  Hélène se déguise en Élue pour la faire parler, et l’on apprend ainsi qu’Arthur est toujours vivant ! Imaginez la joie ! Béatrace en est foldingue.
 
Parallèlement, Vladimir, le traître Vladimir, révèle à Arthur, convalescent en Harpie, quelques uns des dessous de l’affaire… 

  Et nous apprenons que la professeur Pouacre est toujours vivant. Hélas… Et qu’il tire de bien vilaines ficelles…

 
Mais à Saint Tignous deux méchants enlèvent Jo et Ted, les jeunes qui renseignaient le commissaire Ravot et Lepif sur les secrets de Lartigo. 

  Incidemment, nous apprenons que Varochaix, le chef du parti Nari (National-Régionaliste), entreprend de faire chanter Daniel Forpris, le nouveau patron de C’est tout Naturel ! 

  Et nous nous sommes amenés à nous livrer à quelques réflexions sur la Gastronomie et à quelques observations sur Hémi, la secrétaire de Varochaix, adepte du mouvement proana.

 
Que va-t-il se passer après que le commissaire Ravot a libéré Edmonde de la Vorme Séchée, la patronne de Lartigo, qu’il avait arrêtée sous l’accusation de meurtre, alors que les cadavres de Jo et de Ted, assassinés, sont retrouvés sur l’aire de Cestas carbonisés dans le camion contenant le stock des saucisses confectionnées à partir de la viande de Gertrude Pilon ?

  Eusèbe Malfort révèle ce qu’il sait dans un article de la Lanterne du Fort…

 ET LA SUITE, C’EST DANS LA TROISIÈME PARTIE !

LE PASSÉ DE MADO (1) / P3C1E2

P3C1E2 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 2)

  N°147 / LE PASSÉ DE MADO (1) / P3C1E2

 
C’est l’histoire où le commissaire prend son petit déjeuner et où nous apprenons des choses sur le passé de Mado. 

  Mercredi 8 Juin
7 heures 30
Chez Mado

  Mado semble morose. Elle n’a pas digéré « de s’être fait enlever deux clients sous le nez ». Ça lui donne des aigreurs d’estomac. Elle déteste les aigreurs d’estomac.

- Vous n’avez rien à vous reprocher, Mado, la réconforte Ravot lorsqu’elle lui fait part de ses rancoeurs en lui apportant un petit café, le temps qu’elle prépare ses tartines (deux tartines saindoux gros sel et une tartine camembert coulant avec un bol de café au lait trois sucres quand il est seul et qu’il a le temps de déguster. C’est son petit déj’ d’avant l’effort. Sinon, deux croissants et expresso).
- Je sais bien commissaire, mais je peux pas empêcher. C’est la conscience professionnelle qui parle : le client qui est entré est un client sacré ! Surtout ces petits jeunes. Je les aimais bien. Qu’est-ce qu’ils ont bien pu leur faire ces malfaisants de carnaval ?
- Je ne voudrais pas paraître pessimiste Mado, mais j’ai beaucoup de craintes. Beaucoup de craintes… Cela dit entre nous, bien sûr…
- Bien sûr. Mais si je les retrouve ces deux gangsters… Je ne parviens pas à me souvenir vraiment, mais il me semble que je les ai déjà vus quelque part…
- On pense qu’ils sont allés vers Bordeaux, mais… Tenez, je vais vous dire Mado, après tout, vous entendez parfois des choses et je vous fais une confiance absolue : on a retrouvé un camion de chez Lartigo brûlé sur l’aire de Cestas… Je crains qu’on ne les ait…
- Ces camions dont on a parlé aux infos régionales de ce matin ?
- Je ne sais pas, je ne les ai pas écoutées. Je le sais par la gendarmerie…
- C’est vrai que vous devez être informé… On disait qu’il y avait un camion d’essence et un camion frigorifique… Les chauffeurs n’auraient pas eu le temps de sortir parce qu’ils faisaient la sieste, et on les aurait retrouvés carbonisés…
- Et il y avait aussi un vieux J7 entre les deux… Mais… Je ne pense pas qu’il s’agisse des chauffeurs : le camion d’essence avait été volé et le camion frigo déclaré volé lui aussi, et ce matin, par l’usine de Bordeaux où Tapas’Embal’ transfère la ligne de fabrication qu’ils démontaient hier quand on a fait la perquisition : c’était la partie du stock de saucisses que je cherchais. Tout a brûlé, bien sûr…
- Mais alors… les chauffeurs…
- Eh oui, je vois que vous pensez comme moi… Mais je n’ai pas encore de preuve qu’il s’agit de nos amis…

Mado reste là à réfléchir, hoche la tête et se lance :
- Ecoutez, commissaire, je ne parle jamais de ce que je fais quand je ne travaille pas…
- Il est rare que vous ne travailliez pas, et cela ne regarde effectivement personne…
- C’est bien pour ça. Mais je pense que vous en savez peut-être quelque chose…
- J’en ai une vague idée, mais cela ne me regarde pas…

Mado a un petit sourire…
- J’évolue parfois dans un milieu assez… particulier de Bordeaux. Un milieu où l’on aime parfois se travestir…
- C’est ce que je pensais…
- Et j’y ai une certaine réputation…
- Une bonne réputation, Mado, une bonne réputation… Même Lepif ne vous a pas reconnue… Et pourtant, quand on était à Paris… On ne vous appelait pas Mado à l’époque…

Mado se met à rire :
- Et vous ne lui avez rien dit…
- Et je ne lui dirai rien !
- Merci commissaire, je sais que je peux compter sur vous, mais je ne crains rien de Lepif, c’est un brave type… Même si…
- Mais vous lui en avez fait voir !!!
- Rien de méchant, commissaire, des blagues de collégien…
- Il n’a quand même pas oublié le jour où vous l’avez déculotté en plein Bois de Boulogne pour lui passer la bite au cirage bleu parce qu’il vous avait confisqué votre perruque la veille !

Mado éclate de rire :
- On ne confisque pas sa perruque à une dame ! Le lendemain je partais au Brésil pour me faire opérer, en principe, je ne risquais pas de le revoir ! Ça m’a fait tout drôle de vous retrouver ici.
- Et je vous ai reconnue tout de suite, mais, chutt. Cela restera notre secret…
- N’empêche, commissaire, j’ai déjà rencontré les deux nuisibles qui ont fait ça. Ils m’ont donné l’impression d’être déguisés… Et les déguisés, ça me connaît. Surtout ceux de Bordeaux où j’ai quelques habitudes, si vous voyez ce que je veux dire…  Même si ce n’est pas à Bordeaux que je les ai vus… Alors, moi aussi, je vais faire quelques recherches, passer quelques coups de téléphone…
- Soyez prudente, Mado, ils sont très dangereux…
- Vous me prenez pour une Enfant de Marie ? Allez, je vous prépare vos tartines…

Mado en Enfant de Marie, c’est trop pour Ravot que s’étrangle de rire au moment où Lepif pousse la porte.
 
- Déjà en route, Lepif ?
- Oui commissaire. Je vois qu’il y a de l’ambiance ! Moi, cette histoire ne me plaît pas et…
- …et ? Allez, Lepif, dites ce que vous avez sur le cœur !
- Et je ne comprends pas pourquoi vous avez laissé comme ça la bride sur le cou de Pélot ! C’est lui qui nous a doublés chez Lartigo !
- Evidemment. Ou plutôt, qui est allé parler au maire qui a prévenu Daniel Forpris qui a prévenu la Vorme, qui a appelé le maire au secours. Et l’une des employées de la mairie a prévenu Hilarion-Jovial, ce qui fait qu’on a retrouvé tout le monde chez Lartigo avant-hier ! Je pense aussi que c’est lui qui a identifié Jo et Ted quand ils nous ont apporté les implants : il est arrivé alors qu’ils partaient… Et il s’est empressé de dire au maire que ces deux braves garçons devaient espionner pour nous. D’où leur disparition…
- Mais alors … ?
- Mais alors, il doit savoir qu’il est grillé, puisque vous l’avez coincé dans la cahute du gardien, et j’ai eu beau tenter de le rassurer, il va se montrer prudent. A moins qu’il ne continue à nous prendre pour des billes, ce qui serait parfait, mais invraisemblable… Il va donc dire au maire qu’il restera discret pendant quelque temps et le maire expliquera que son indicateur auprès de nos services, l’inspecteur Pélot, va se tenir à carreaux pendant quelque temps. Tout comme Madame de la Vorme Séchée, qui se trouve prise entre deux feux et aurait certainement préféré rester prisonnière entre nos mains plutôt que de nous avoir aidés, comme je me suis grossièrement efforcé de le laisser entendre.
- Et ça va donner ?
- Wait and see, Lepif, wait and see… J’ai donné un coup de pied dans la fourmilière… Mais en attendant, je voudrais vous charger d’un tout petit travail : vous vous souvenez de ce bateau qui a embarqué les voitures, au port de Bayonne le soir de la disparition de Luis…
- Un cargo à destination de

la Côte d’Afrique. Navire chilien sous pavillon de Malte, je m’en souviens. C’est la capitainerie du port qui me l’avait indiqué.
- Voyez avec eux si vous pouvez l’identifier et retrouver ses escales…
- OK boss…

Mado apporte à Ravot son plateau de petit déj’
- Et voilà pour le commissaire : deux tartines saindoux gros sel, une tartine camembert coulant, et un bol de café au lait trois sucres ! Un café inspecteur ?
- Oui, merci, Mado… Mais, commissaire, je ne comprendrai jamais comment vous pouvez avaler ça…
 

MADO RETROUVE LES TUEURS / P3C1E8

P3C1E8 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 8)

  N°153 / MADO RETROUVE LES TUEURS / P3C1E8

 
C’est l’histoire où Mado retrouve les tueurs de Jo et de Ted. 

 
Jeudi 9 juin
8 heures
Commissariat de Saint Tignous sur Nivette

 
Ravot tourne en rond dans son bureau. On ne peut même pas dire qu’il est de mauvais poil, il est carrément porc-épic. Pélot n’a pas osé l’approcher et il reste enfermé dans le bureau des inspecteurs, Lepif s’est fait engueuler deux fois parce qu’il n’est parvenu à joindre ni Buchmol ni Amélie Fouad (et pourtant, il a essayé), et Martial n’est pas encore apparu…

 
Rien de neuf du côté des Malfort, sauf l’article qui relate, de manière très modérée d’ailleurs, la manifestation d’hier et sa conclusion tragique : « Le Commissaire Ravot enquête »…

 
Les accès routiers à Agotchilho sont bouclés par la gendarmerie, mais comme toutes les routes sont quadrillées par le plan Epervier, cela ne surprend personne, après tout, c’est une enclave extraterritoriale un peu sulfureuse…

 
Une impression d’attente lourde…

  A Bordeaux, les produits débarqués du Mélanippé, reparti la veille dans le courant de l’après-midi, ont été saisis « pour contrôle douanier », et dirigés vers le labo d’analyse. Dix palettes de gros bidons en plastique d’huile de sésame destinée à l’usine de saucisses Tapas’Embal’, celle-là même que dirigent Paul Dupont et Lemol, par ailleurs convoqués comme témoins dans le cadre du meurtre de Madame Edmonde de
la Vorme Séchée.

  Et Ravot tourne en rond parce que tout est en suspens et que rien ne se passe.

  C’est Mado qui « bouge » la première :
- Allo, Commissaire ?
- Oui, Mado ?
- Oh, là !! quelle rogne !!!
- Excusez-moi, c’est vrai que je suis assez furax ce matin : rien ne va, et je déteste ces attentes…
- J’ai une bonne nouvelle : vos tueurs déguisés…
- Oui !!! dites-moi !!!
 - Je les ai…
- Vous les « avez » ?
- Logés, capturés, emballés. « On » me les amène…
- Quoi ?
- « On » les a retrouvés facilement, dans une boîte un peu… spéciale… de Bordeaux, fin saouls et se ventant d’un méchoui… « On » les a un peu… chatouillés…
- Oh, Mado…
- Juste un peu, ils avaient l’air d’aimer l’électricité, non ? J’en sais quelque chose… Pas méchamment, bien sûr… Mais après tout, c’est un peu une spécialité de la boîte où ils se trouvaient, le sado-maso… Ils étaient venus pour le sado parce que ça fait moins mal. On leur a montré le maso, c’est vrai quoi… Faut tout essayer dans la vie, pas vrai commissaire ?
- Bref Mado, bref…
- Ben ils ont tout raconté sans faire d’histoires, comme une bonne blague… Je dois dire qu’ils sont assez gratinés, dans leur genre. Même les copines qui me les ramènent les ont trouvés aux petits pois. Mais comme je ne veux pas les voir dans mon établissement…
- Je reconnais bien là votre souci de respectabilité, Mado…
- … elles vont les ramener au Tapas’Embal’ de Saint Tignous où vous n’aurez plus qu’à les cueillir d’ici une heure. Ils se croient toujours « dans le jeu ». Ça leur fera une petite surprise en plus ! Les copines les lâcheront devant la porte. Ils ont changé de look : ce n’est plus « prohibition années trente » mais Drag Queens, blonde pour la première, et rose pour la deuxième… Bas résille et talons haut toutes les deux…
- ‘Tendez… Vous parlez de vos copines, ou…
- Non, vos tueurs… On les a laissés tels quels, bruts de déboîtage. Juste des menottes pour faire couleur locale et pas être emmerdés…
- Mado, vous m’impressionnez…
- C’est peu de choses, commissaire… Amenez-les-moi pour identification, mais lavez-les d’abord : je déteste les caricatures peinturlurées… Et mettez-moi les menottes de côté, que je les rende aux copines…

 
Et Mado raccroche sur le rire du commissaire, détendu, pour le coup…

  - Pélot !!!
- Co… commissaire ?
- Vous prenez quatre hommes et le fourgon : deux travelos vont venir faire du scandale à la porte du Tapas’Embal d’ici une heure. Il y a des chances pour qu’on leur refuse l’entrée. Vous les arrêtez et vous les ramenez ici ! Départ immédiat ! Rompez ! Ah, aussi, Lepif !
- Commissaire ?
- Trouvez-moi deux gabardines à

la Humphrey Bogart.
- Pardon ?
- Discutez pas scrogneugneu !!!

  Lepif a rarement entendu « scrogneugneu » dans la bouche du commissaire. 

  Aïe…

 

- Tout de suite, tout de suite… Et je rappelle Amélie !
- C’est ça. Et ne vous contentez pas de promesses…
- De promesses ?
- Oui, on sait ce que valent les promesses de la petite Amélie !!!
- … bien commissaire… (il fatigue, se dit Lepif).

  A Agotchilho, le tambour a résonné toute la nuit : Amaïa a « convoqué » Ôoumloc, mais seule, enfin, en petit comité. Les Goums sont restés à leurs occupations habituelles, et les Malfort n’ont pas été invités : « Je ne veux pas vous faire prendre de risques », leur a dit

la Mère. Elle n’est pas encore revenue au bureau N°1.

  Rébéquée a fait accoster le Mélanippé et elle est restée sur place. Le chargement va commencer.
Une surveillance discrète est exercée, mais à part le pilote, personne n’est monté à bord et personne n’est descendu. Les communications se sont faites par radio entre la capitainerie du port (en fait, Rébéquée), et la passerelle.

  - Commissaire Ravot ? Adjudant Buchmol…
- Ah !!! Buchmol ! Alors ?
- Alors, on a retrouvé la camionnette de Daniel Forpris. Tenez-vous bien… On l’a retrouvée à Saint Tignous même, derrière l’église.
- Mais alors…
- Alors, on est roulés, mon pauvre : ils l’ont utilisée comme vestiaire et puis ils sont partis dans un autre véhicule et comme la fille s’est changée entre temps, ils ont passé tous les barrages qu’ils ont rencontrés. Quelques faux papiers, éventuellement, une perruque élémentaire, et la messe est dite. On a retrouvé un petit 4×4 abandonné sur la plage de Biscarosse juste avant qu’il ne soit emporté par la marée montante. Ça a paru bizarre aux collègues. J’avais fait faire des relevés d’empreintes dans la voiture de Daniel Forpris. On les a retrouvées dans le fourgon. Et je les avais diffusées en urgence, priorité haute, à l’intention de toutes les brigades qui participaient au plan Epervier. Le collègue qui a trouvé le 4×4 a fait le rapprochement. Dans le mille ! Mais qu’est-ce qu’il faisait là ce tout-terrain ?
- … Le cargo…
- Le cargo ?
- Le… comment déjà ? J’ai une idée formidable, Buchmol… Si c’est ça, on les tient !!! Je vous expliquerai… Excusez-moi, ça urge…
 
Il raccroche, appelle Victor au journal ; Mouchoir lui passe de suite…

  - Victor ? Peux-tu me dire où est le cargo ? le… le Mélanippé, voilà, ça me revient…
- Il est au port, sous contrôle de Rébéquée…
- Personne n’est monté ni descendu ?
- Pas à ma connaissance, mais il faudrait appeler… Je peux m’informer…
- Oui… Et dis-lui de me rappeler au commissariat, tout de suite…
  Cinq minutes plus tard, Pourticol lui passe la ligne :
- Commissaire,
la Marée au Grand Port pour vous…
- Rébéquée ?
- Jules ? Le Mélanippé est amarré devant moi…
- Surtout, qu’il ne parte pas. Daniel Forpris et l’Amazone doivent être à bord. Je pense qu’ils ont été embarqués par un zodiac depuis la plage de Biscarosse, où on a retrouvé leurs empreintes dans un 4×4 abandonné…
- Oui, mais si on investit le cargo…
- Non, surtout pas, on attend… Quand doit-il repartir ?
- Demain ou après-demain…
- Tu peux le retenir un peu ?
- Je peux arranger ça, mais il faudra que je voie ce que fait Amaïa, les tambours ont battu toute la nuit…
- Le Crabe ? s’effare Ravot à mi-voix…
- Oui, mais elle n’a pas voulu de nous. Je ne sais pas ce qu’elle prépare… Elle avait l’air très fâchée d’être prise pour cible, elle et son peuple comme l’Amazone capturée l’a répété hier soir à Hélène. Ils auraient prévu un plan d’anéantissement des Goums en représailles de leur collaboration avec nous…
- Tiens-moi au courant, Mado pense avoir retrouvé les tueurs de Jo et de Ted, ça peut se précipiter…
- Je peux les retenir un jour de plus avec une panne de grue…

HUMEVESNE ET SUCEPROUT / P3C1E9

P3C1E9 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 9)

  N°154 / HUMEVESNE ET SUCEPROUT / P3C1E9

 
C’est l’histoire où les deux tueurs sont conduits par la ruse jusque dans les griffes du Commissaire Ravot.

 
Jeudi 9 juin
9 heures 30…
Commissariat de Saint Tignous sur Nivette

 
Vaste brouhaha à l’entrée du commissariat : Pélot s’énerve…

- Tenez-les, bande d’abrutis !
- Mais Inspecteur, on fait ce qu’on peut !
- Lâchez-moi, grandes brutes, couine l’une des deux « personnes » arrêtées, menottées chacune à deux agents, un à chaque poignet, avec des menottes en fourrure rose d’un côté et des menottes réglementaires de l’autre, tandis que deux serveurs du Tapas’Embal’, montés en renfort dans le fourgon de police, poussent au derrière pour faire sortir le tout du panier à salade, sous les encouragements de Begoña-Conception et Gerañum-Assomption, venues en escorte sur leurs Harley-Davidson respectives.

- Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? s’écrie Ravot en sortant de son bureau.
- Deux travelos excités qui font du tapage, commissaire, ils ont voulu forcer notre porte avec des menottes roses aux poignets, et comme vos agents se trouvaient là, je leur ai demandé leur aide, précise fort à propos Begoña-Conception en descendant de son engin qu’elle béquille d’un coup de talon sûr.
- Notre établissement est respectable, ajoute Gerañum-Assomption en prenant son casque sous son bras. Ces… individus n’ont rien à y faire !!! Surtout s’ils font du tapage, N’est-ce pas, Bégony ?
- Et comment, Gérany ! Nous sommes chez nous, pas vrai commissaire ?
- Tout à fait Mesdames…
- Mais lâchez-nous, bande de veaux bleus ! s’écrie le premier interpellé en secouant ses menottes et les agents qui y pendent.
- Ces Bordelaises de merde nous ont dit qu’on pourrait se retaper dans votre boîte pourrie et elles nous ont largués les tantes ! Et vous, vous nous jetez aux cognes ! On a de quoi les payer, vos foutus tapas ! Merde alors !!!
- Allez, fichez-moi ça en cellule et merci pour votre aide, Mesdames, je vous ferai convoquer pour votre déposition…
- Avec plaisir commissaire. Tu viens Bégony ?
- J’arrive, Gérany… Montez derrière, vous autres…


Les deux fiers serveurs au petit cul moulé dans un étroit pantalon noir (pour éviter les coups de corne) sautent en croupe et leur empoignent à pleines mains le garnissage du Perfecto. Elles démarrent en trombe dans le grondement profond de leur mécanique…

 
- Bon. On est calmés ?
- Z’avez beau dire, commissaire, c’est pas honnête. On se croyait encore à Bordeaux, nous. On a dû dormir en route… C’est quand même pas interdit de faire la fête… On fait une virée chez les copines, on se poivre un peu, histoire de démarrer en douceur, et puis tout d’un coup voilà t’il pas que ces malhonnêtes nous branchent sur le courant lumière, nous envoient aux quetsches, nous plombent notre artiche, et nous larguent ici façon fin de java en nous disant que c’est des potes à elles et qu’elles vont nous soigner pour nous finir !
- Je crois même qu’y en a une qui m’a plumé l’oignon !
- Ah, toi aussi ? C’était une impression, mais, bon…
- Si, si, je t’assure…

 
Tout le commissariat est là, bien sûr. C’est pas tous les jours la foire aux bestiaux : deux balaises (le quintal pour 1 mètre 85) avec aux joues le poil bleu d’un petit matin pas rasé et mal camouflé de crème « Soir de Tempête, Mer d’Huile », avec des yeux rimmel « Cil la Faux », des lèvres « Poisson Rouge Baisé Parce Que je le Veau Bien», perruques « Blonde Champ de Blé après la Verse » et « Rouge Vésuve ça Coule Encore de Lave », petite robe noire, bien sage, décolleté discret, jersey près du corps à mi-cuisses, limite jarretelles (en strass) et bas résille pour laisser respirer les touffes de poils. Talons 15 cm plexi, que merde, on se tord les pieds sur vos planchers à la con ! Bon. Bijouterie dans le sobre, perlouse nature, trois rangs tout juste, pour rester dans le culturel. Gourmettes en jonc massif marquées « Humevesne » et « Suceprout ». Chanel, quoi. Mais du N°10 au moins. Pas chipoter. Ça vous habille les narines et vous fouette le sentiment et l’olfactif…  

  - Ben on fêtait juste une affaire : on a gagné aux petits chevaux, et on voulait rigoler un peu. On s’est fait chambrer par des sado-maso à la con, soyez sympa, commissaire, on n’est pas des méchants, hein Suceprout ?
- Sûrement pas, Humevesne, sont cons ces sado-maso, t’as le mot juste…
- Même qu’ils m’ont pété le blair ces cons-là, j’ai caché avec le fond de teint, mais j’suis sûr que demain j’serai toute bleue, hein Suceprout ?
- On va porter plainte, profiter qu’on est là, hein commissaire ? Qu’y s’en tirent pas comme ça, ces cons-là, comme tu dis à très juste titre, Humevesne…
- Je vais vous aider, approuve Ravot. D’abord, vous débarbouiller, les gars. Faut faire sérieux après la fête. Les agents vont vous prêter leur douche et des vêtements… normaux, si on en trouve à votre taille. Ensuite, je prendrai votre déposition…
- Ah ça c’est chic commissaire. Tu vois, ce que j’te disais, Humevesne, en province, les bourrins, c’est pas pareil, c’est pas toujours des mules…
- Ouais, t’as raison Suceprout, les keufs ici, y zont du savoir-vivre. C’est pas les tueurs de la BAC. C’est d’accord commissaire, J’y go.
- Lepif, montrez le vestiaire à ces messieurs et fournissez-leur au moins une gabardine… On doit avoir ça dans le vieux vestiaire…
- Lepif ! Y s’appelle Lepif, le mec, eh, Humevesne, t’as entendu… Oh, pardon Inspecteur, c’est sans malice…
- … Par ici…
- Ah, Pélot, allez chercher Mado. Vous garderez sa boutique le temps qu’elle revienne…
- Mais commissaire…
- Vous assurerez la sécurité des lieux, Pélot… C’est un ordre… Elle est capable de trouver sa route sans vous. Exécution.
 
- Commissaire, une voiture de Bordeaux, avec deux témoins…
- Faites patienter, Pourticol… Faites patienter dans le bureau des inspecteurs…
 

LE SCHTROUMPF ÉLÉPHANT / P3C1E11

P3C1E11 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 11)

  N°156 / LE SCHTROUMPF ÉLÉPHANT / P3C1E11

 
C’est l’histoire où nous apprenons pourquoi Mado, qui fut Zézette, a passé la bite de Lepif au cirage bleu, avant qu’elle ne dévoile qui sont les assassins probables de Jo et de Ted. 

 
Jeudi 9 juin
9 heures 30
Commissariat de Saint Tignous sur Nivette

  - L’Hippolyte dites-vous ? Un armateur russe ? Стрелка деньг. Stryélk Dyéng… La Flèche d’Argent ? C’est bien ce que j’avais compris… Comme vous dites. A destination de la Mauritanie ? Nouakchott ? Avec un chargement de matériel mécanique… Des pièces pour moteurs de bateaux. Tiens donc. Et on sait à qui elles étaient destinées ces pièces ? Non…

  Le silence règne dans le bureau de Ravot depuis que Lepif a décroché le téléphone et annoncé à la cantonade qu’il a une réponse de la capitainerie de Bayonne. Le commissaire tend l’oreille et impose le silence.

  Mado, qui vient d’arriver, accompagnée de Pourticol, attend, debout, puisque tout le monde est trop occupé à se taire pour s’occuper d’elle. Elle a ôté son tablier bleu, mis son petit chapeau vert et son manteau assorti. Avec ses chaussures plates, et son petit sac à main, elle fait très sage ménagère venue retirer un formulaire et qui attend tranquillement son tour.

 
- Oui, bien sûr… Un trafic… Non, on n’a pas trouvé trace des immatriculations. Et vers quel port est-il reparti cet Hippolyte ? Il remonte vers le Nord ? Il est en route ? Pour ? Mourmansk ? En Russie ? Il faudra demander à l’armateur pour connaître le destinataire aller et la cargaison, en retour, bien sûr… Faxez-nous leurs coordonnées, on trouvera bien un traducteur chez nous pour les appeler… Merci capitaine… Oui, ça nous est très utile… C’est ça, c’est au sujet de ce meurtre terrible… Oh, je ne sais pas si on pourra les coincer… Une grosse organisation… Bien sûr, si vous voyez quelque chose…

  Lepif raccroche.

 
- On peut toujours demander une investigation sur place par la police locale, observe Lepif…
- En Mauritanie ? demande Ravot. Vous y croyez vraiment ?
- Pas vraiment, non. Il est probable que des véhicules de luxe comme ça se trouvent maintenant entre les mains de tel ou tel ministre… A moins qu’ils n’aient passé une ou deux frontières…
- On sait quand même qu’ils sont en Afrique. Mais cela ne veut pas dire pour autant que ceux qui les occupaient les aient suivis. Excusez-moi, Mado, vous devez me trouver bien désinvolte avec vous…
  - Laissez, commissaire, c’est pour mes petits clients, et il n’était pas question de ramener les affreux chez moi. J’espère seulement que votre inspecteur saura garder mon bar sans faire de bêtises.
- S’il se contente de le garder, tout ira bien, remarque Lepif, ce qui est loin de rassurer Mado, mais, bon…
- J’ai déjà dit qu’il me semblait les avoir vus quelque part, mais je serais incapable de dire où et quand, poursuit Mado, préoccupée. Quand ils m’ont assommée avec leur truc électrique, je n’ai pas pris le temps de discuter, vous vous en doutez. C’est après… Et je pense que c’est la même chose pour eux. Ils risquent donc de me reconnaître, et je n’y tiens pas : ce n’est pas le genre de relation qui m’intéresse vraiment… Alors si vous avez un truc de glace sans tain ou quelque chose comme ça…
- Ma pauvre, on n’est pas dans un film américain ! Ici, on fait artisanal ! Ce que je peux proposer c’est de les faire passer devant vous. Ils sont en train de se laver et de se changer au vestiaire. Je les envoie dans le bureau des inspecteurs à l’autre bout du couloir, et vous, vous restez sur le banc qui se trouve sur le passage, devant la porte de mon bureau (il ouvre la porte pour lui montrer). Comme ça, ils pourront penser que vous attendez d’être reçue. Vous ferez semblant de les ignorer, vous lirez une revue, vous compterez les mouches, ce que vous voulez… Et quand ils seront passés, vous me direz si c’est eux ou pas… Et puis il y a peu de chances qu’ils vous reconnaissent… Ils ne vous ont vue que quelques secondes…

 
Mado le regarde avec plein de sous-entendus derrière la tête, tout en tournant le dos à Lepif.

Ravot hausse les épaules et lui montre le couloir :
- Allez-y, ils doivent avoir fini de se démaquiller, ces petits choux. Ils pensent être ici pour avoir fait du foin à la porte du Tapas’Embal’. Ah, à propos, Mado, vous pourrez conserver ceci, si vos clients du bar font du tapage !

  Il lui tend en riant les deux paires de menottes entourées de fourrure rose.

 
Mado les glisse dans son sac avec un sourire complice :
- Je les rendrai à qui de droit.

  Lepif, perplexe, fronce les sourcils.

 
On ne leur a trouvé que deux gabardines, un peu justes, étriquées, serrées aux entournures et qui tirent sur les boutons, malgré la ceinture. Revers larges, de ce côté-là, y’a rien à dire, mais z’auriez pu trouver des futals ! On a l’air fins, quoi, c’est vrai, sans chaussettes dans une paire de vos chaussures à clous, et à poil sous la gabardine ! Au Bois, on passerait pour des exhibitionnistes !

- Laisse tomber, Humevesne, c’est juste pour la déposition. Après, on appellera Riton et il nous ramènera des fringues, et le commissaire nous offre gentiment l’hospitalité en attendant, il l’a promis. Tu voudrais pas qu’on reste tout nus devant les inspecteurs ? Pense à Lepif ! Il a ses pudeurs, cet homme !
- Pfff ! Lepif ! Je pouffe !
- Chut… Te fais pas remarquer… Allez, on y va…
- Non, le commissaire a dit qu’il nous enverrait chercher : il a du monde…

  Lepif entre dans le vestiaire :
- Allez, les hommes, on vous attend pour la déposition, suivez-moi au bureau, c’est Martial qui va s’occuper de vous… Z’êtes tout plein mignons comme ça… Vous devriez vous raser les mollets, ce serait plus élégant…
- Oh, Inspecteur, nous charriez pas, on est assez gênés comme ça…

 
Lepif les précède dans le couloir, passe devant Mado, assise devant la porte ouverte de Ravot qui surveille depuis son bureau en faisant mine de lire un papier…

  - Mais c’est Zézette !!!

 
Tout se fige…
 
- Je veux dire… 

  Sûr que Humevesne a compris qu’il avait dit une connerie quand il a vu Lepif se retourner lentement, plus blanc et plus noué qu’un linge blanc lavé avec Omo double action…

 
Mais trop tard.

  Parce que Lepif aussi du coup, déclic, a reconnu Zézette.
 
Zézette !!! 

  Le cauchemar du Bois de Boulogne ! À poil et la bite au cirage bleu roi…

  
 Zézette à qui il avait confisqué sa perruque blonde la veille. Zézette qui l’a coincé le lendemain, assommé, déshabillé et relâché nu et enchnoufé de force dans une allée très péripatétique du même Bois, au milieu d’une double rangée de putes et de travelos qui l’applaudissaient en riant, jusqu’à ce qu’un panier à salade le récupère et le conduise à l’hôpital, choqué.

  Bien sûr, on l’avait changé de secteur, mais les surnoms de Schtroumpf Eléphant et d’Eléphant Bleu lui étaient restés, mi-moqueurs, mi-admiratifs, dans ce milieu d’experts.

 
Zézette, qu’il avait vainement recherchée pendant plus d’un an pour lui faire la peau. Zézette. Mado !!!

  Du coup, aussi bien Humevesne que Suceprout ont reculé, effarés par le face-à-face tragique entre Mado, qui s’est levée de son banc, et Lepif, rouge écarlate, fouillant son holster heureusement vide pour y prendre son arme de service et fourrer d’une bastos longuement méditée le crâne du cauchemar de ses nuits passées enfin retrouvé !

 
- Stop, Lepif, crie Ravot qui voit le geste du bout du couloir où le bruit l’a attiré, et qui comprend la tempête qui bouillonne sous le crâne de son inspecteur. Stop ! Qu’un Eléphant Bleu passe du blanc au rouge, c’est acceptable sur le plan national, mais qu’il règle des comptes rancis, ça ne l’est plus. Mado est devenue une femme respectable et Zézette a disparu dans un coin perdu du Brésil. Alors, stop !

  Mado fait face, calme et modeste, sans détourner le regard. Lepif tremble de tous ses membres en la fusillant du regard. Et puis, il sent la main de Ravot se poser sur son épaule, il l’entend hoqueter d’un rire difficilement contenu, se retourne, choqué, et puis… rien à faire, il a beau se retenir… il frissonne des babines, se retourne, regarde Mado qui se contient autant qu’elle le peut… et tous les trois explosent d’un rire énorme, gigantesque, monstrueux, homérique, ravageur, qui fait sortir toutes les têtes disponibles dans le couloir, tous médusés de voir le très sérieux commissaire Ravot, le très vaillant inspecteur Lepif et la très respectable bistrotière Mado pliés en trois fois deux, six, hoquetant et pleurant en se tapant mutuellement dans le dos comme des copains de régiment qui se retrouvent après plein d’années pour se raconter leurs frasques d’alors…

 
Humevesne et Suceprout se sont reculés jusqu’à la porte du vestiaire, plus affolés par cette réaction incongrue que par quelque accusation que ce soit…

  Lepif reprend son souffle avec peine, se redresse, s’essuie les yeux, encore secoué par des sursauts d’hilarité et, menaçant Mado du doigt, il articule difficilement, entre deux hoquets :
- Mais… mais… mais il faut m’expliquer… m’expliquer : pourquoi… Pourquoi du cirage bleu ?
 
Mado, reprise par un accès irrésistible, s’assied, souffle coupé et se tapant sur les cuisses :
- C’était la couleur qui s’accordait le mieux avec celle de vos yeux, inspecteur…
  Ce qui fait hurler de rire Ravot :
- C’était par amour, Lepif !!!
- Commissaire,  vous êtes dégueulasse ! s’insurge l’intéressé dont l’indignation déclenche un nouvel orage de fou rire auquel il est bien forcé de se joindre…

 
Le calme revient difficilement, mais il revient, et Ravot doit avouer à son inspecteur que dès le premier jour, il a reconnu Zézette en Mado, mais qu’il s’est bien gardé d’en parler, pour respecter sa nouvelle personnalité, sa nouvelle vie, et éviter tout conflit schtroumphien… ce qui fait hausser les épaules à l’intéressé, et ramène une légère houle sur l’océan des rires. Mais la fatigue est là, les zygomatiques autant que les épigastres sont proches de la crampe, et l’on se calme vite.

  - Vous ne m’en voulez plus, inspecteur ?

Lepif, pour toute réponse, l’embrasse sur les deux joues : amnistie et pardon, et l’amitié en prime.

Cette fois, c’est Mado qui y va de sa larme.

- Merci, Lepif. Merci… Je ne vous ai jamais voulu de mal, mais je tenais à ma perruque.
- Je l’ai prêtée à Ravot… au commissaire, hier… vous pourrez lui réclamer. C’est vrai que j’avais été vache de vous la confisquer…
- C’est Hélène qui l’a, comme m’a dit Rébéquée…
- Hélène ? Rébéquée ?
- Pas d’inquiétude, Lepif, pas d’inquiétude, je vous la rendrai, mais j’ai encore besoin de ma blonde pour en coincer une autre, une tueuse, celle-là…
- Alors, vous la rendrez à Mado, commissaire.

 
Silence ému…

  - A propos de tueurs…

 
Ravot se retourne vers les deux gabardines, aussi discrètes que possible, après le déferlement qu’a provoqué Humevesne.

  - Oui, c’est vrai… Si nous revenions à nos moutons, reprend Lepif, alors, Mado, c’est eux ?
- C’est eux. Et je sais qui ils sont : Suceprout, dit la Bricole, dit Couverture, spécialiste du volant, petits casses, camouflages et chauffeur de ces Messieurs les Hommes ; et Humevesne, dit Pic à Glace, dit Droit au Cœur, jamais coincé, toujours mouillé, un nettoyeur sérieux et discret sur ses activités mais réputé pour ses conneries dans tous les autres domaines. Je les ai connus du temps du Bois, où ils « réglaient la circulation » pour un grand groupe obscur spécialisé dans le maquerellage à grande échelle dont je n’ai jamais entendu prononcer le nom. Moi, j’ai toujours été indépendante. L’amour de l’art et l’art de l’amour. Le goût de l’artisanat. Je n’aime pas la Grande Distribution : c’est malsain quand on vend pour vendre et pas pour le plaisir. Bref, si vous retrouvez mes deux clients et qu’on leur a percé le cœur, faudra poser des questions à Monsieur (il désigne Humevesne) pour l’exécution, et à Monsieur (il désigne Suceprout) pour la mise en scène…

- Mais, commissaire, vous n’allez pas croire cette tante à la retraite !
- Lepif, mettez ces zouaves en cage en attendant d’en savoir plus…
- Ah, commissaire, ajoute Mado, ils ont parlé de Riton. C’est un recéleur de Lormont. Il serait intéressant de voir s’il ne les a pas hébergés…
- Mais elle est dingue, cette balance ! Je vais te crever, morue !!!
- Allez, Lepif, au frais ! Et quand vous aurez fini, tâchez de voir si on a du nouveau sur l’autopsie… Moi j’ai affaire ailleurs. Venez, Mado, je vous dépose chez vous.

SAUCISSES INDUSTRIELLES / P3C1E15

P3C1E15 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 15)

N°160 / SAUCISSES INDUSTRIELLES / P3C1E15


 
C’est l’histoire où nous apprenons que les cadavres de l’autoroute sont bien ceux de Ted et de Jo. Amélie explique comment sont fabriquées les saucisses de

la Nouvelle Réna. Elle a découvert « l’améline ». Et l’Amour.

  Vendredi 10 juin
9 heures
Chez Mado

La clochette de la porte marque l’entrée de ceux qui étaient attendus avec tellement d’impatience :
- Ah, vous voilà !
- Pardon, commissaire, c’est de ma faute, s’excuse Amélie avec un sourire à faire fondre la banquise… J’ai été retenue sur la route. Lepif m’a appelée à 6 heures chez moi lorsqu’on lui a communiqué votre demande, et…
- Bon, ça va, ça va… Une demi-heure de retard… Et on est pressés. Il a eu raison de se faire excuser par vous, mais il aurait pu venir sans vous attendre…

 
Lepif garde le nez baissé dans son col, comme un gamin pris en faute, et le regard en-dessous qu’il lance à Amélie fait rire Mado :
- Voyez pas qu’il est amoureux, commissaire ?

  Lepif se redresse, l’air furieux, rouge comme un coq :
- Ah, toi ! Zézette !!!
- Mado, Lepif, Mado, le reprend Ravot qui du coup éclate de rire, et remercie-la, elle t’évite l’engueulade…
 
Amélie, surprise, a ouvert de grands yeux avant de rougir à son tour. Et une rouquine qui rougit, c’est l’incendie… Et puis elle est prise par la contagion du rire et elle demande à Lepif :
- Mais… ?

  Lepif a repiqué du nez dans son col et tortille un bouton de sa veste entre ses doigts…

 
Alors Amélie tend le cou et dépose un petit baiser sur sa joue…

  - Bon, c’est fini Marivaux ? On a du boulot !
- Pardon commissaire, je…
- Vous, Lepif, vous aurez tout le temps de vous expliquer plus tard…
- Et quand vous aurez trouvé le temps, j’offrirai le champagne ! enchaîne Mado qui apporte deux cafés de plus pour les nouveaux arrivés avant de se retirer discrètement derrière son comptoir.
 
- D’abord, faites-moi le point sur ce que vous avez de neuf, reprend Ravot qui a retrouvé tout son sérieux et feint d’ignorer les petits coups d’œil (totalement extra professionnels) qu’échangent ses collègues.
- J’ai obtenu les résultats de l’autopsie : il s’agit bien de Jo et de Ted. Formule dentaire, ADN, etc, tout concorde. Mais les corps étaient très abîmés, comme vous le pensez bien : il y avait 30 000 litres d’essence dans la citerne qui a brûlé… Heureusement que les gros extincteurs de la station-service ont pu sauver une partie des cabines des camions, sinon on n’aurait rien retrouvé d’eux.
- J’ai pu prélever des traces d’ADN dans la pulpe des dents qui n’ont pas éclaté dans l’incendie, précise Amélie (et du coup Ravot la regarde d’un œil moins romantique, même si Lepif réagit à cette déclaration comme à la voix des anges),  mais les viscères étaient carbonisés.
- Tous ? demande Lepif…
- Tous, répond Amélie, au bord de l’extase…

  Lepif soupire et précise, la voix défaillante :
- Panosier, le légiste, a quand même établi que le cœur de Ted avait été transpercé par une pointe, une sorte de pic à glace.
- Ils ont sans aucun doute été assassinés, susurre Amélie, qui le couve du regard ébloui de Bernadette devant la grotte.
- En plein cœur, bafouille-t-il…
- En plein cœur, souffle-t-elle avec la foi de l’aveu…
- C’est merveilleux, enchaîne-t-il en lui prenant la main.
- Oh, oui, approuve-t-elle en lui cédant avec l’abandon farouche d’une jeune vierge le soir de ses noces…

 
Paf !!! Ravot tape du poing sur la table.

  - Si on m’avait dit un jour que je serais emmerdé par les roucoulements des perdreaux sous mes ordres ! C’est fini, oui ? 

 
Les deux perdreaux visés atterrissent, s’ébrouent, l’air coupable, et se reprennent, confus et gênés, sous les rires (mal) contenus de Mado qui pouffe derrière son comptoir :
- Faut pas les engueuler, commissaire, c’est la surprise du coup de foudre…
- Bon, on reprend : donc, les deux corps ont été identifiés et le crime est établi. Quoi de neuf du côté des coupables ? 

  Lepif s’arrache douloureusement au vert et lumineux regard d’Amélie et redescend sur terre :
- Humevesne et Suceprout ? Ils sont très certainement coupables, mais ils ont un alibi pour mardi, jour de l’enlèvement de Jo et de Ted. Du matin jusqu’au soir, ils se trouvaient au Nègre Blanc, une « maison » accueillante de Bordeaux où ils dépensaient un gros gain ramassé aux courses la veille. Ils sont passés directement de l’hippodrome au bordel et n’en sont ressortis que le soir pour aller faire la java à l’extérieur. C’est au cours de cette java que les « amis » de Mado les ont repérés. A moins d’une connivence de tout le bordel… En principe, on devrait les relâcher…
- Pas question, je les enchriste pour scandale sur la voie publique… Avec la plainte des patronnes du Tapas’Embal’ et celle de Mado…
- Elles ont retiré leur plainte…
- Quoi ?
- Oui, elles sont repassées hier soir au commissariat en disant qu’elles avaient réfléchi, que ce n’était pas grave au point de faire des histoires…
- Je ne connais pas toute l’affaire, intervient Amélie Fouad, mais il me semble que cela sent la grosse arnaque, non ?
- C’est une grosse arnaque, intervient Mado à son tour, à la surprise du commissaire, qui décidément ne s’y retrouve plus, entre Lepif tourtereau et sa logeuse qui se mêle de l’enquête.  Bon, je vous aide, mais vous comprendrez que je ne porte pas plainte : ma « situation » est délicate (Ravot et Lepif approuvent de la tête sans qu’Amélie comprenne cette connivence)… Mais je connais le Nègre Blanc. C’est un clandé pratiquement officiel où viennent les grosses légumes, et spécialement ces Messieurs de la Ville. Intouchable. N’essayez pas, commissaire… Mais surtout, il appartient à l’Imporium. Comme le champ de courses…
- L’Imporium qui se trouve aussi financièrement lié au groupe Tapas’Embal, et soutient très indirectement Super Troc, c’est-à-dire C’est tout Naturel et la Nouvelle Réna… Leur représentant officiel, un certain Aloïs Guétotrou-Kifumsec se trouvait au Tapas’Embal’ le soir de l’inauguration et du meurtre de Luis… Dubrieux de la Brigade Financière de Paris,  m’a confirmé leurs liens, ajoute Lepif, tout fier d’apporter sa contribution et de montrer que fleurette du matin n’exclut pas l’enquêteur du terrain.
- L’Imporium, hein… On avait déjà connu ça à Paris, Lepif…
- Oui, on en parlait comme d’une sorte de Super-Mafia légendaire…
Mado ricane :
- Ils n’ont rien de légendaire, mais vous ne pourrez pas les coincer : ils sont trop discrets, trop riches, et trop malins…
- On se trouve devant le problème que Dubrieux caractérise toujours de la même manière : on devine, on suppose et même, on sait, mais on ne prouve rien, ajoute Lepif.
- En somme on n’est pas plus avancés, sauf, comme vous dites, à prouver, en l’occurrence que tout le Nègre Blanc ment, et que les gens de Tapas’Embal’, boutiques et usines, sont manipulés… Ce serait peut-être possible si je disposais de dix enquêteurs à Bordeaux, et de l’appui de la hiérarchie, râle Ravot…

  Atmosphère morose…

  - J’ai autre chose, ajoute Amélie. A propos des saucisses que vous m’avez fait analyser. 
 
Pause dramatique… Elle enchaîne :
- J’ai d’abord pu retrouver leur mode de fabrication en interrogeant les responsables de Bordeaux par téléphone. Ils se sont montrés très coopératifs, comme s’ils étaient fiers de leurs procédés. Il y a là des choses surprenantes. J’ai appelé les services vétérinaires, et pour eux, tout est légal, mais on n’est jamais allé aussi loin dans la technologie industrielle de la viande : ils mélangent des viandes surgelées et des viandes fraîches, du bœuf d’Argentine et du porc de batterie sur pied qu’ils prévoient d’élever à côté de l’usine de transformation, ou même du mouton, dans des proportions variables. Le tout est « désossé » mécaniquement d’une manière révolutionnaire. Bref. Je détaille tout cela dans le rapport…
J’ai également comparé les deux types de saucisses que vous m’avez fournies, d’une part celles qui sont réservées aux « initiés » de

la Nouvelle Réna, et d’autre part, celles qui sont vendues aux clients « ordinaires », mais qui ont aussi été fabriquées par l’usine de Saint Tignous, qui a servi de « pilote », et qui proviendront maintenant de Bordeaux.

D’une manière générale, les saucisses sont embossées dans des boyaux artificiels produits à partir d’un liquide qui coagule à la chaleur. On appelle cela du « boyau collagène », du nom de la matière employée, d’origine biologique, proche de la gélatine. Ce boyau est façonné au fur et à mesure de la fabrication et glisse sur le cône de remplissage de l’embosseuse (c’est la machine à remplir les boyaux). Je l’explique dans mon rapport.
Mais c’est là que cela devient intéressant : dans ce boyau, j’ai trouvé une molécule bizarre. Elle semble inoffensive, mais elle est vraiment bizarre. J’ai pu déterminer qu’elle provient du lubrifiant utilisé pour leur mise en œuvre : pour faciliter le glissement du boyau sur la machine, on doit graisser très légèrement le cône de remplissage. Ils emploient de l’huile de sésame. 
- C’est pour l’ouvrir plus facilement sans doute, intervient Lepif, sérieux comme un notaire perdu dans la fumée de son cigare…
- L’ouvrir ? s’enquiert Ravot qui ne voit pas bien quel rapport il peut y avoir entre un lubrifiant et une ouverture non définie…
- Ouvrir le boyau, précise Lepif…
- Je ne vois pas quel rapport il peut y avoir entre un lubrifiant et l’ouverture d’un boyau, reprend Ravot toujours perplexe…
- C’est le sésame du boyau, insiste Lepif…
- ??? interroge silencieusement Ravot qui avance le menton, la bouche entr’ouverte, tout en fronçant désespérément les sourcils…
- Le « Sésame ouvre-toi » du boyau collagène, précise Lepif patient, souriant, pédagogique…

  Ravot passe ses deux mains crispées sur son visage atterré, et regarde Mado avec l’œil effondré d’un cocker abandonné sur une aire d’autoroute :
- C’est l’amour qui fait ça ?

  Mado hoche la tête pour confirmer ses craintes, et se retient de rire pour éviter une explosion qu’elle sent latente. Mais elle ne peut s’empêcher d’ajouter que pour son compte, elle préfère la vaseline…

 
D’une main lasse, le commissaire fait signe à Amélie :
- Poursuivez, mon enfant poursuivez, soupire-t-il enfin avec accablement…

  Il y a un temps. 

 
Amélie, qui souriait au nez de l’ange qui passe, reprend :
- Je parlais de l’huile de sésame… J’ai remarqué autre chose : les saucisses réservées aux « initiés » présentent une toute petite particularité. Cette huile, dont on ne retrouve que des traces très faibles dans le produit fini, semble contenir elle-même des traces d’un alcaloïde que je n’ai pas encore réussi à identifier, ou plutôt, des « morceaux » chimiques, de molécules  potentiellement constitutives d’alcaloïde. Des traces dans les traces : on travaille sur des nanogrammes, des milliardièmes de gramme. J’ai appelé cette molécule de « l’améline » en attendant d’en trouver le vrai nom, s’il existe déjà dans la nomenclature.
- De l’ « améline », soupire Lepif…
- … (sourire) c’est doublement curieux, d’abord parce qu’il n’y a en général pas d’alcaloïdes naturels dans les plantes qui produisent de l’huile, et ensuite, parce qu’on n’en trouve que dans les saucisses pour « initiés », et pas dans les autres saucisses fabriquées par Tapas’Embal’ sous d’autres marques. C’est comme s’ils utilisaient une huile de lubrification différente selon les produits, ou plutôt, comme s’ils ajoutaient de l’améline uniquement dans les produits destinés aux « initiés ». S’il s’agit bien d’un élément ajouté et pas d’une impureté accidentelle. Il faudra vérifier sur plusieurs lots, mais je n’en ai pas encore eu le temps.
Je n’ai pas non plus interrogé les fabricants à ce sujet. Ils ont déclaré à Lepif qu’ils produisaient les deux types de saucisses sur la même chaîne, en changeant simplement la proportion des viandes. J’irai volontiers rendre une petite visite à leur usine pour voir de plus près ce système de lubrification… Ah, oui… Aussi : les saucisses servies aux excités qui ont mis le siège devant le journal contenaient deux fois plus d’améline que celles qui sont fournies habituellement aux mêmes « initiés », qui se contentent alors de manifester une sorte d’état de manque lorsqu’ils en sont privés…
- Et ce sont ces bidons de « lubrifiant » que le Mélanippé a déchargés à Bordeaux,