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Humevesne et Suceprout

Humevesne et Suceprout


  Comme il est dit dans les « Personnages, Lieux et Trucs », ce sont des tueurs.
 
Un ancêtre de Humevesne dut à l’intervention personnelle du sire Pantagruel l’heureux règlement d’un différent qui l’opposait au seigneur de Baisecul, ainsi que le rapporte Maître Alcofibras. 

  Il n’en est pas devenu plus sage pour autant, cet épisode glorieux de son roman familial ayant été effacé par une vie déréglée.
 

Toutefois, les familles Humevesne et Baisecul sont étrangement restées liées au travers des siècles, ainsi qu’il apparaîtra dans la quatrième partie.

  Humevesne est encore appelé Pic à Glace, ou Droit au Cœur.

  Son complice  Suceprout, c’est aussi la Bricole, ou Couverture.

  Ils font leur apparition dans ce Feuilletonton, d’abord de manière anonyme, en P2C3E14, lorsqu’ils enlèvent les malheureux Jo et Ted, qu’ils vont ensuite assassiner en P2C3E18.

  Mado les retrouve par l’intermédiaire de certaines de ses « relations », en P3C1E8, et ils se retrouvent au commissariat de Saint Tignous en P3C1E9, avant d’eux-mêmes reconnaître Mado en P3C1E11.
 
Libérés abusivement, ils reviennent pour se venger de Mado en P3C1E25, sont repris et de nouveau libérés dans des circonstances obscures.

  Ils réapparaissent à Bordeaux où ils sont signalés à Mado en P3C2E27.

  A suivre…

HUMEVESNE ET SUCEPROUT / P3C1E9

P3C1E9 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 9)

  N°154 / HUMEVESNE ET SUCEPROUT / P3C1E9

 
C’est l’histoire où les deux tueurs sont conduits par la ruse jusque dans les griffes du Commissaire Ravot.

 
Jeudi 9 juin
9 heures 30…
Commissariat de Saint Tignous sur Nivette

 
Vaste brouhaha à l’entrée du commissariat : Pélot s’énerve…

- Tenez-les, bande d’abrutis !
- Mais Inspecteur, on fait ce qu’on peut !
- Lâchez-moi, grandes brutes, couine l’une des deux « personnes » arrêtées, menottées chacune à deux agents, un à chaque poignet, avec des menottes en fourrure rose d’un côté et des menottes réglementaires de l’autre, tandis que deux serveurs du Tapas’Embal’, montés en renfort dans le fourgon de police, poussent au derrière pour faire sortir le tout du panier à salade, sous les encouragements de Begoña-Conception et Gerañum-Assomption, venues en escorte sur leurs Harley-Davidson respectives.

- Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? s’écrie Ravot en sortant de son bureau.
- Deux travelos excités qui font du tapage, commissaire, ils ont voulu forcer notre porte avec des menottes roses aux poignets, et comme vos agents se trouvaient là, je leur ai demandé leur aide, précise fort à propos Begoña-Conception en descendant de son engin qu’elle béquille d’un coup de talon sûr.
- Notre établissement est respectable, ajoute Gerañum-Assomption en prenant son casque sous son bras. Ces… individus n’ont rien à y faire !!! Surtout s’ils font du tapage, N’est-ce pas, Bégony ?
- Et comment, Gérany ! Nous sommes chez nous, pas vrai commissaire ?
- Tout à fait Mesdames…
- Mais lâchez-nous, bande de veaux bleus ! s’écrie le premier interpellé en secouant ses menottes et les agents qui y pendent.
- Ces Bordelaises de merde nous ont dit qu’on pourrait se retaper dans votre boîte pourrie et elles nous ont largués les tantes ! Et vous, vous nous jetez aux cognes ! On a de quoi les payer, vos foutus tapas ! Merde alors !!!
- Allez, fichez-moi ça en cellule et merci pour votre aide, Mesdames, je vous ferai convoquer pour votre déposition…
- Avec plaisir commissaire. Tu viens Bégony ?
- J’arrive, Gérany… Montez derrière, vous autres…


Les deux fiers serveurs au petit cul moulé dans un étroit pantalon noir (pour éviter les coups de corne) sautent en croupe et leur empoignent à pleines mains le garnissage du Perfecto. Elles démarrent en trombe dans le grondement profond de leur mécanique…

 
- Bon. On est calmés ?
- Z’avez beau dire, commissaire, c’est pas honnête. On se croyait encore à Bordeaux, nous. On a dû dormir en route… C’est quand même pas interdit de faire la fête… On fait une virée chez les copines, on se poivre un peu, histoire de démarrer en douceur, et puis tout d’un coup voilà t’il pas que ces malhonnêtes nous branchent sur le courant lumière, nous envoient aux quetsches, nous plombent notre artiche, et nous larguent ici façon fin de java en nous disant que c’est des potes à elles et qu’elles vont nous soigner pour nous finir !
- Je crois même qu’y en a une qui m’a plumé l’oignon !
- Ah, toi aussi ? C’était une impression, mais, bon…
- Si, si, je t’assure…

 
Tout le commissariat est là, bien sûr. C’est pas tous les jours la foire aux bestiaux : deux balaises (le quintal pour 1 mètre 85) avec aux joues le poil bleu d’un petit matin pas rasé et mal camouflé de crème « Soir de Tempête, Mer d’Huile », avec des yeux rimmel « Cil la Faux », des lèvres « Poisson Rouge Baisé Parce Que je le Veau Bien», perruques « Blonde Champ de Blé après la Verse » et « Rouge Vésuve ça Coule Encore de Lave », petite robe noire, bien sage, décolleté discret, jersey près du corps à mi-cuisses, limite jarretelles (en strass) et bas résille pour laisser respirer les touffes de poils. Talons 15 cm plexi, que merde, on se tord les pieds sur vos planchers à la con ! Bon. Bijouterie dans le sobre, perlouse nature, trois rangs tout juste, pour rester dans le culturel. Gourmettes en jonc massif marquées « Humevesne » et « Suceprout ». Chanel, quoi. Mais du N°10 au moins. Pas chipoter. Ça vous habille les narines et vous fouette le sentiment et l’olfactif…  

  - Ben on fêtait juste une affaire : on a gagné aux petits chevaux, et on voulait rigoler un peu. On s’est fait chambrer par des sado-maso à la con, soyez sympa, commissaire, on n’est pas des méchants, hein Suceprout ?
- Sûrement pas, Humevesne, sont cons ces sado-maso, t’as le mot juste…
- Même qu’ils m’ont pété le blair ces cons-là, j’ai caché avec le fond de teint, mais j’suis sûr que demain j’serai toute bleue, hein Suceprout ?
- On va porter plainte, profiter qu’on est là, hein commissaire ? Qu’y s’en tirent pas comme ça, ces cons-là, comme tu dis à très juste titre, Humevesne…
- Je vais vous aider, approuve Ravot. D’abord, vous débarbouiller, les gars. Faut faire sérieux après la fête. Les agents vont vous prêter leur douche et des vêtements… normaux, si on en trouve à votre taille. Ensuite, je prendrai votre déposition…
- Ah ça c’est chic commissaire. Tu vois, ce que j’te disais, Humevesne, en province, les bourrins, c’est pas pareil, c’est pas toujours des mules…
- Ouais, t’as raison Suceprout, les keufs ici, y zont du savoir-vivre. C’est pas les tueurs de la BAC. C’est d’accord commissaire, J’y go.
- Lepif, montrez le vestiaire à ces messieurs et fournissez-leur au moins une gabardine… On doit avoir ça dans le vieux vestiaire…
- Lepif ! Y s’appelle Lepif, le mec, eh, Humevesne, t’as entendu… Oh, pardon Inspecteur, c’est sans malice…
- … Par ici…
- Ah, Pélot, allez chercher Mado. Vous garderez sa boutique le temps qu’elle revienne…
- Mais commissaire…
- Vous assurerez la sécurité des lieux, Pélot… C’est un ordre… Elle est capable de trouver sa route sans vous. Exécution.
 
- Commissaire, une voiture de Bordeaux, avec deux témoins…
- Faites patienter, Pourticol… Faites patienter dans le bureau des inspecteurs…
 

LE SCHTROUMPF ÉLÉPHANT / P3C1E11

P3C1E11 (Partie 3 / Chapitre 1 / Episode 11)

  N°156 / LE SCHTROUMPF ÉLÉPHANT / P3C1E11

 
C’est l’histoire où nous apprenons pourquoi Mado, qui fut Zézette, a passé la bite de Lepif au cirage bleu, avant qu’elle ne dévoile qui sont les assassins probables de Jo et de Ted. 

 
Jeudi 9 juin
9 heures 30
Commissariat de Saint Tignous sur Nivette

  - L’Hippolyte dites-vous ? Un armateur russe ? Стрелка деньг. Stryélk Dyéng… La Flèche d’Argent ? C’est bien ce que j’avais compris… Comme vous dites. A destination de la Mauritanie ? Nouakchott ? Avec un chargement de matériel mécanique… Des pièces pour moteurs de bateaux. Tiens donc. Et on sait à qui elles étaient destinées ces pièces ? Non…

  Le silence règne dans le bureau de Ravot depuis que Lepif a décroché le téléphone et annoncé à la cantonade qu’il a une réponse de la capitainerie de Bayonne. Le commissaire tend l’oreille et impose le silence.

  Mado, qui vient d’arriver, accompagnée de Pourticol, attend, debout, puisque tout le monde est trop occupé à se taire pour s’occuper d’elle. Elle a ôté son tablier bleu, mis son petit chapeau vert et son manteau assorti. Avec ses chaussures plates, et son petit sac à main, elle fait très sage ménagère venue retirer un formulaire et qui attend tranquillement son tour.

 
- Oui, bien sûr… Un trafic… Non, on n’a pas trouvé trace des immatriculations. Et vers quel port est-il reparti cet Hippolyte ? Il remonte vers le Nord ? Il est en route ? Pour ? Mourmansk ? En Russie ? Il faudra demander à l’armateur pour connaître le destinataire aller et la cargaison, en retour, bien sûr… Faxez-nous leurs coordonnées, on trouvera bien un traducteur chez nous pour les appeler… Merci capitaine… Oui, ça nous est très utile… C’est ça, c’est au sujet de ce meurtre terrible… Oh, je ne sais pas si on pourra les coincer… Une grosse organisation… Bien sûr, si vous voyez quelque chose…

  Lepif raccroche.

 
- On peut toujours demander une investigation sur place par la police locale, observe Lepif…
- En Mauritanie ? demande Ravot. Vous y croyez vraiment ?
- Pas vraiment, non. Il est probable que des véhicules de luxe comme ça se trouvent maintenant entre les mains de tel ou tel ministre… A moins qu’ils n’aient passé une ou deux frontières…
- On sait quand même qu’ils sont en Afrique. Mais cela ne veut pas dire pour autant que ceux qui les occupaient les aient suivis. Excusez-moi, Mado, vous devez me trouver bien désinvolte avec vous…
  - Laissez, commissaire, c’est pour mes petits clients, et il n’était pas question de ramener les affreux chez moi. J’espère seulement que votre inspecteur saura garder mon bar sans faire de bêtises.
- S’il se contente de le garder, tout ira bien, remarque Lepif, ce qui est loin de rassurer Mado, mais, bon…
- J’ai déjà dit qu’il me semblait les avoir vus quelque part, mais je serais incapable de dire où et quand, poursuit Mado, préoccupée. Quand ils m’ont assommée avec leur truc électrique, je n’ai pas pris le temps de discuter, vous vous en doutez. C’est après… Et je pense que c’est la même chose pour eux. Ils risquent donc de me reconnaître, et je n’y tiens pas : ce n’est pas le genre de relation qui m’intéresse vraiment… Alors si vous avez un truc de glace sans tain ou quelque chose comme ça…
- Ma pauvre, on n’est pas dans un film américain ! Ici, on fait artisanal ! Ce que je peux proposer c’est de les faire passer devant vous. Ils sont en train de se laver et de se changer au vestiaire. Je les envoie dans le bureau des inspecteurs à l’autre bout du couloir, et vous, vous restez sur le banc qui se trouve sur le passage, devant la porte de mon bureau (il ouvre la porte pour lui montrer). Comme ça, ils pourront penser que vous attendez d’être reçue. Vous ferez semblant de les ignorer, vous lirez une revue, vous compterez les mouches, ce que vous voulez… Et quand ils seront passés, vous me direz si c’est eux ou pas… Et puis il y a peu de chances qu’ils vous reconnaissent… Ils ne vous ont vue que quelques secondes…

 
Mado le regarde avec plein de sous-entendus derrière la tête, tout en tournant le dos à Lepif.

Ravot hausse les épaules et lui montre le couloir :
- Allez-y, ils doivent avoir fini de se démaquiller, ces petits choux. Ils pensent être ici pour avoir fait du foin à la porte du Tapas’Embal’. Ah, à propos, Mado, vous pourrez conserver ceci, si vos clients du bar font du tapage !

  Il lui tend en riant les deux paires de menottes entourées de fourrure rose.

 
Mado les glisse dans son sac avec un sourire complice :
- Je les rendrai à qui de droit.

  Lepif, perplexe, fronce les sourcils.

 
On ne leur a trouvé que deux gabardines, un peu justes, étriquées, serrées aux entournures et qui tirent sur les boutons, malgré la ceinture. Revers larges, de ce côté-là, y’a rien à dire, mais z’auriez pu trouver des futals ! On a l’air fins, quoi, c’est vrai, sans chaussettes dans une paire de vos chaussures à clous, et à poil sous la gabardine ! Au Bois, on passerait pour des exhibitionnistes !

- Laisse tomber, Humevesne, c’est juste pour la déposition. Après, on appellera Riton et il nous ramènera des fringues, et le commissaire nous offre gentiment l’hospitalité en attendant, il l’a promis. Tu voudrais pas qu’on reste tout nus devant les inspecteurs ? Pense à Lepif ! Il a ses pudeurs, cet homme !
- Pfff ! Lepif ! Je pouffe !
- Chut… Te fais pas remarquer… Allez, on y va…
- Non, le commissaire a dit qu’il nous enverrait chercher : il a du monde…

  Lepif entre dans le vestiaire :
- Allez, les hommes, on vous attend pour la déposition, suivez-moi au bureau, c’est Martial qui va s’occuper de vous… Z’êtes tout plein mignons comme ça… Vous devriez vous raser les mollets, ce serait plus élégant…
- Oh, Inspecteur, nous charriez pas, on est assez gênés comme ça…

 
Lepif les précède dans le couloir, passe devant Mado, assise devant la porte ouverte de Ravot qui surveille depuis son bureau en faisant mine de lire un papier…

  - Mais c’est Zézette !!!

 
Tout se fige…
 
- Je veux dire… 

  Sûr que Humevesne a compris qu’il avait dit une connerie quand il a vu Lepif se retourner lentement, plus blanc et plus noué qu’un linge blanc lavé avec Omo double action…

 
Mais trop tard.

  Parce que Lepif aussi du coup, déclic, a reconnu Zézette.
 
Zézette !!! 

  Le cauchemar du Bois de Boulogne ! À poil et la bite au cirage bleu roi…

  
 Zézette à qui il avait confisqué sa perruque blonde la veille. Zézette qui l’a coincé le lendemain, assommé, déshabillé et relâché nu et enchnoufé de force dans une allée très péripatétique du même Bois, au milieu d’une double rangée de putes et de travelos qui l’applaudissaient en riant, jusqu’à ce qu’un panier à salade le récupère et le conduise à l’hôpital, choqué.

  Bien sûr, on l’avait changé de secteur, mais les surnoms de Schtroumpf Eléphant et d’Eléphant Bleu lui étaient restés, mi-moqueurs, mi-admiratifs, dans ce milieu d’experts.

 
Zézette, qu’il avait vainement recherchée pendant plus d’un an pour lui faire la peau. Zézette. Mado !!!

  Du coup, aussi bien Humevesne que Suceprout ont reculé, effarés par le face-à-face tragique entre Mado, qui s’est levée de son banc, et Lepif, rouge écarlate, fouillant son holster heureusement vide pour y prendre son arme de service et fourrer d’une bastos longuement méditée le crâne du cauchemar de ses nuits passées enfin retrouvé !

 
- Stop, Lepif, crie Ravot qui voit le geste du bout du couloir où le bruit l’a attiré, et qui comprend la tempête qui bouillonne sous le crâne de son inspecteur. Stop ! Qu’un Eléphant Bleu passe du blanc au rouge, c’est acceptable sur le plan national, mais qu’il règle des comptes rancis, ça ne l’est plus. Mado est devenue une femme respectable et Zézette a disparu dans un coin perdu du Brésil. Alors, stop !

  Mado fait face, calme et modeste, sans détourner le regard. Lepif tremble de tous ses membres en la fusillant du regard. Et puis, il sent la main de Ravot se poser sur son épaule, il l’entend hoqueter d’un rire difficilement contenu, se retourne, choqué, et puis… rien à faire, il a beau se retenir… il frissonne des babines, se retourne, regarde Mado qui se contient autant qu’elle le peut… et tous les trois explosent d’un rire énorme, gigantesque, monstrueux, homérique, ravageur, qui fait sortir toutes les têtes disponibles dans le couloir, tous médusés de voir le très sérieux commissaire Ravot, le très vaillant inspecteur Lepif et la très respectable bistrotière Mado pliés en trois fois deux, six, hoquetant et pleurant en se tapant mutuellement dans le dos comme des copains de régiment qui se retrouvent après plein d’années pour se raconter leurs frasques d’alors…

 
Humevesne et Suceprout se sont reculés jusqu’à la porte du vestiaire, plus affolés par cette réaction incongrue que par quelque accusation que ce soit…

  Lepif reprend son souffle avec peine, se redresse, s’essuie les yeux, encore secoué par des sursauts d’hilarité et, menaçant Mado du doigt, il articule difficilement, entre deux hoquets :
- Mais… mais… mais il faut m’expliquer… m’expliquer : pourquoi… Pourquoi du cirage bleu ?
 
Mado, reprise par un accès irrésistible, s’assied, souffle coupé et se tapant sur les cuisses :
- C’était la couleur qui s’accordait le mieux avec celle de vos yeux, inspecteur…
  Ce qui fait hurler de rire Ravot :
- C’était par amour, Lepif !!!
- Commissaire,  vous êtes dégueulasse ! s’insurge l’intéressé dont l’indignation déclenche un nouvel orage de fou rire auquel il est bien forcé de se joindre…

 
Le calme revient difficilement, mais il revient, et Ravot doit avouer à son inspecteur que dès le premier jour, il a reconnu Zézette en Mado, mais qu’il s’est bien gardé d’en parler, pour respecter sa nouvelle personnalité, sa nouvelle vie, et éviter tout conflit schtroumphien… ce qui fait hausser les épaules à l’intéressé, et ramène une légère houle sur l’océan des rires. Mais la fatigue est là, les zygomatiques autant que les épigastres sont proches de la crampe, et l’on se calme vite.

  - Vous ne m’en voulez plus, inspecteur ?

Lepif, pour toute réponse, l’embrasse sur les deux joues : amnistie et pardon, et l’amitié en prime.

Cette fois, c’est Mado qui y va de sa larme.

- Merci, Lepif. Merci… Je ne vous ai jamais voulu de mal, mais je tenais à ma perruque.
- Je l’ai prêtée à Ravot… au commissaire, hier… vous pourrez lui réclamer. C’est vrai que j’avais été vache de vous la confisquer…
- C’est Hélène qui l’a, comme m’a dit Rébéquée…
- Hélène ? Rébéquée ?
- Pas d’inquiétude, Lepif, pas d’inquiétude, je vous la rendrai, mais j’ai encore besoin de ma blonde pour en coincer une autre, une tueuse, celle-là…
- Alors, vous la rendrez à Mado, commissaire.

 
Silence ému…

  - A propos de tueurs…

 
Ravot se retourne vers les deux gabardines, aussi discrètes que possible, après le déferlement qu’a provoqué Humevesne.

  - Oui, c’est vrai… Si nous revenions à nos moutons, reprend Lepif, alors, Mado, c’est eux ?
- C’est eux. Et je sais qui ils sont : Suceprout, dit la Bricole, dit Couverture, spécialiste du volant, petits casses, camouflages et chauffeur de ces Messieurs les Hommes ; et Humevesne, dit Pic à Glace, dit Droit au Cœur, jamais coincé, toujours mouillé, un nettoyeur sérieux et discret sur ses activités mais réputé pour ses conneries dans tous les autres domaines. Je les ai connus du temps du Bois, où ils « réglaient la circulation » pour un grand groupe obscur spécialisé dans le maquerellage à grande échelle dont je n’ai jamais entendu prononcer le nom. Moi, j’ai toujours été indépendante. L’amour de l’art et l’art de l’amour. Le goût de l’artisanat. Je n’aime pas la Grande Distribution : c’est malsain quand on vend pour vendre et pas pour le plaisir. Bref, si vous retrouvez mes deux clients et qu’on leur a percé le cœur, faudra poser des questions à Monsieur (il désigne Humevesne) pour l’exécution, et à Monsieur (il désigne Suceprout) pour la mise en scène…

- Mais, commissaire, vous n’allez pas croire cette tante à la retraite !
- Lepif, mettez ces zouaves en cage en attendant d’en savoir plus…
- Ah, commissaire, ajoute Mado, ils ont parlé de Riton. C’est un recéleur de Lormont. Il serait intéressant de voir s’il ne les a pas hébergés…
- Mais elle est dingue, cette balance ! Je vais te crever, morue !!!
- Allez, Lepif, au frais ! Et quand vous aurez fini, tâchez de voir si on a du nouveau sur l’autopsie… Moi j’ai affaire ailleurs. Venez, Mado, je vous dépose chez vous.

L’ÉVEIL DE L’AMAZONE / P3C2E54

P3C2E54 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 54)

 
N°243 / L’ÉVEIL DE L’AMAZONE / P3C2E54

 
C’est l’histoire où Esche, l’Amazone du moine, manifeste une certaine surprise de se retrouver là où elle se trouve.
 

C’est la suite de P3C2E53.

  Jeudi 16 juin
23 heures
Bureau N°1
 
Arthur, Eusèbe et Nouye sont très occupés devant la console de transmissions et restent à l’écart, mais l’Amazone reconnaît quand même la silhouette d’Arthur[1].
 
Du coup, elle se lève pour le regarder de plus près :
- Il devait… Je devais… Mais c’est impossible, insiste-t-elle en s’approchant d’Arthur… Vous ne pouvez pas… pas vous souvenir, vous avez été conditionné par le Mentor, et…

  Arthur, qui était resté penché sur l’épaule de Nouye, se redresse et la regarde :
- Bravo Amélie, ta potion magique a réussi. Il semble que notre tueuse soit sortie de son conditionnement ! Ça fait drôle, hein ? Mais ta libération aura été plus douce que la mienne… Remercie notre bon moine ! Ôoumloc a été moins clément avec ta complice Birke, celle qui avait tué ta collègue Tomie (P3C1E19)…

 
L’Amazone semble de plus en plus égarée. « L’effet moine » se dissipe maintenant et la fascination qu’il exerçait sur elle diminue. 

  Elle comprend à quel point elle est perdue, isolée au milieu de ses « ennemis ». De ces « ennemis » qu’elle était venue pour achever, elle s’en souvient ! Et qui ne semblent pas s’en émouvoir outre mesure !
 
- Mais c’est impossible ! répète-t-elle…
- T’es montée en boucle ? lui demande Béa.

  Totalement incrédule, la fille martèle du doigt la poitrine d’Arthur impassible :
 
- On ne peut pas mentir au Mentor ! Le Mentor a toujours raison ! On oublie ce qu’il veut que l’on oublie ! On fait ce qu’il exige que l’on fasse ! Et vous étiez son Envoyé, son Tueur !  

  Béa s’interpose.
 
Elle est plus petite que cette grande blonde dérisoirement drapée dans sa serviette de toilette, et elle lève son petit nez pointu pour la regarder bien en face :
- Eh bien, tu vois, ton Mentor l’a dans le baba. Et toi-même, tu regrettes qu’Arthur n’ait pas fait le sale boulot pour lequel on l’avait programmé ? Tu as envie de nous bousiller tous ? 

  L’Amazone recule devant le doigt accusateur de Béa :
- Tu crois toujours en son infaillibilité ? En sa victoire inéluctable ? Qui vous fera quoi ? Qui fera quoi de vous ? Qui fera quoi des gens ? De ton moine et de nous, de ces gens là (elle montre la salle), de leurs enfants, de leurs amis, et de tous les autres (elle s’échauffe, Béa, flamboie de l’œil et frémit de la moustache) ? Ton Mentor qui a fait que ta copine Birke a tué ta copine Tomie, et qui t’aurait ordonné de tuer n’importe qui sans hésiter avant de te faire tuer, toi ! A cause de qui tu as certainement tué je ne sais qui sans hésiter !

 
Esche recule devant la véhémence de Béatrace qui, tout en la repoussant, s’accroche au poignet d’Arthur pour l’entraîner derrière elle :
  - Tiens, je parie que tu l’aurais tué, lui aussi, mon amour à moi, lui, Arthur Malfort, celui qui a déjà permis au monde d’échapper à la catastrophe que nous préparaient les salopards d’il y a deux ans, qui étaient les mêmes que ton Mentor, sa « famille » ! Lui, le papa de mon Tijules, tu l’aurais tué, hein ? Mais dis-le ! Et mon Tijules aussi, pour faire bonne mesure, sans doute ! Allez, dis-le ! Dis-le !
 
Esche, muette, recule encore et tombe assise sur les genoux du moine, comme attirée par le seul espace de protection qu’elle devine devant la colère croissante qui hérisse la moustache de Béatrace…

  La petite Cloclo pose la main sur l’épaule de Béa, lui sourit :
- C’est fini, tu sais, elle ne veut plus faire de mal, je ne crois pas…

 
Le moine semble émerger de sa torpeur :
- Je ne le crois pas non plus. Elle ne peut plus tuer maintenant…

  L’Amazone se relève, hagarde :
- Je… je vous demande pardon… Je… je ne savais pas. Je ne savais pas…

- Et qu’est-ce que tu ne savais pas, hein ? Qu’est-ce que tu ne savais pas ?
 
Béa repousse la main apaisante de Cloclo (t’imagines quand même pas que tu vas t’en tirer aussi facilement ! Quand Béa se fâche, Béa est fâchée !) :
- Alors ! Qu’est-ce que tu ne savais pas ?

  - Je ne savais pas… qu’on pouvait aimer quelqu’un…

 
Et elle parle. 

  Elle raconte ce qu’elle sait, sa formation, les études, de langue pour l’essentiel, et de « savoir-vivre », destinées à se fondre dans la société, la harpe, ou la guitare, dont chacune doit savoir jouer pour chanter la gloire des Élus, la culture physique, le tir à l’arc, la compétition, le pouvoir des plus fortes sur les autres, « les autres » : ceux et celles que l’on utilise, le conditionnement, les distractions, les hommes capturés et eux aussi, « utilisés », le « service particulier » de l’Élu, qu’il faut être capable de « satisfaire », la garde, la troupe de chasse de l’Élue, les expéditions aventureuses…

  Elle parle des missions de développement et de surveillance de la Nouvelle Réna. De son rôle auprès de Daniel Forpris puis d’Edgar Maupuis. 

  Elle parle du meurtre des élus locaux par Merry et elle-même, sur l’ordre de Maupuis, parce qu’ils devenaient encombrants. 

  Oui. C’est Merry, l’autre Amazone, celle qui ne s’est pas réveillée lorsque le moine est venu, sans doute parce qu’il ne l’a pas attirée sexuellement ? Ce n’était pas sa période ? Elle ne sait pas vraiment pourquoi… Mais celle qui est restée dans sa cellule…

 
Et elle parle de la venue du Mentor, demain, à Bordeaux…

  Et là, elle intéresse vraiment tout le monde. 
 


[1] Je rappelle qu’Arthur avait été « conditionné » pour massacrer ses amis d’Agotchilho et qu’elle devait le tuer à son tour (P3C2E24)

LE DIT DU PUTOIS / P3C2E69

P3C2E69 (Partie 3 / Chapitre 2 / Episode 69)

 
N°258 / LE DIT DU PUTOIS / P3C2E69

 
C’est l’histoire où Arthur Malfort, « Le Putois » de la Nouvelle Réna, prend la parole pour donner des conseils aux émeutiers. On parle de la rafle.

  C’est la suite de P3C2E65, de P3C2E66, de P3C2E67 et de P3C2E68
 

Vendredi 17 juin
16 heures
La Lanterne du Fort

 
Arthur hoche la tête et ramasse le porte-voix que Varochaix a posé sur le pain de plastic qu’il tenait à la main, pour le dissimuler, lorsque Arthur est sorti et qu’il a compris que ses carottes étaient cuites.

  Tiens, il a disparu, le Varochaix… 

 
Ah non, il fend la foule, vers ailleurs. 

  Lui au moins, il a l’air de savoir où il va : ailleurs…  

 
Les questions continuent de fuser, de plus en plus nettes : les manifestants de tantôt reprennent leurs esprits, les souvenirs reviennent :
- C’est vous le Putois ?
- Qu’est-ce que c’est que cette connerie de Putois Putassier ?
- Qu’est-ce que j’ai à faire avec tout ça ? se demande une vieille dame du premier rang, en regardant ses mains avec horreur, comme si elle les trouvait soudain couvertes de sang[1].

  Arthur actionne l’interrupteur du porte-voix et le porte à sa bouche en levant bien haut un pain de plastic dans sa main gauche :

  - Oui (sa voix, relayée dans le silence soudain par les sonos toujours branchées des minibus tonne au-dessus de la place), oui, c’est moi le Putois que vous vouliez faire sauter avec ça ! C’est moi, Arthur Malfort, que les chefs de la Nouvelle Réna avaient enlevé pour le conditionner à assassiner parents, femme, enfant et amis, tout comme ils vous conditionnaient pour m’assassiner ! C’est moi. Et pourtant, c’est moi qui, il y a deux ans, avec ces mêmes parents et amis, avais stoppé l’entreprise des Écolocroques, sans toutefois avoir pu les empêcher de détruire notre climat. C’est moi qui dirigeais le plan de l’ONU « Nutrition de Monde », qui tentait de répartir les réserves alimentaires qu’ils avaient confisquées pour vous les revendre après qu’ils vous auraient affamés. C’est moi qu’ils ont appelé le Putois. C’est moi qu’ils haïssent par-dessus tout parce que mes amis et moi, nous les avons déjà vaincus une fois. C’est pour ça qu’ils nous ont désignés comme victimes à abattre. C’est moi, le Putois. Et vous, vous étiez leurs agents…

  - Mais c’est impossible voyons… l’interrompt la lady Macbeth[2] du premier rang, dont les mains se sont mises à trembler…
  - Qu’est-ce qui est impossible ? lui demande directement Arthur, qui a coupé le porte-voix, tandis qu’avec des bourdonnements sourds, la foule digère ce qu’il vient de dire.

- C’est impossible que nous… que je…
- Cependant vous n’avez pas oublié ? lui demande Arthur qui comprend ce qu’éprouve la brave femme, je le sais, parce que moi non plus je n’ai pas oublié ce qu’ils m’ont fait…

 
Son interlocutrice semble hésiter :
- … non, mais…

  Arthur se redresse et branche de nouveau son porte-voix, après avoir posé le pain de plastic :

  - Vous n’avez pas oublié ce que vous avez fait, ni ce que vous aviez l’intention de faire. Mais vous ne comprenez plus pourquoi vous vouliez le faire et cela vous laisse, tous, perplexes. Je l’ai été aussi lorsque mes amis (il désigne la porte ouverte derrière lui), lorsque mes amis sont parvenus à me faire sortir de la… transe, dans laquelle j’avais été plongé. Parce qu’ils m’avaient enlevé, figurez-vous, et drogué, moi aussi. Et comme moi, vous avez été drogués, conditionnés à votre insu, embrigadés, manipulés. Vous avec été réduits à l’état d’exécutants serviles de ce plan sinistre, dont vous entrevoyez maintenant l’un des aspects. Vous entrevoyez. Car aucun d’entre vous, même pas ce « Maire » d’occasion qui s’enfuit là au fond (il tend le doigt vers le point de la foule qui remue sous les efforts de Varochaix pour se sortir de là), non, laissez-le partir (des mains se tendaient pour l’empoigner), aucun d’entre vous ne connaît toute l’ampleur de ce qu’ils préparent. De ce à quoi l’on vous préparait. Vous ignorez vous-même à quoi vous alliez être poussés. Et c’est bien mieux. Ce qui est certain, c’est que des équipes de tueuses et de tueurs sont à l’œuvre : pensez à Luis, Luis Ottouadla, écorché vif, sacrifié pour avoir regardé celle qu’ils ont décidé d’appeler l’Épouse, et pour singer un vague rituel destiner à ancrer ces Élus de pacotille dans leur rôle d’idole, à Madame de la Vorme Séchée, tuée ici même pour avoir manifesté quelques scrupules, peut-être, alors qu’elle était des leurs, à Félicien Belcoucou, votre ancien Maire, et à Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, le Conseiller en matière d’économie électorale, poussés au meurtre et assassinés par les mêmes, après les avoir servis, juste histoire de les remplacer par d’autres ! Nous détenons leurs meurtriers ! Ils ont avoué ! Et pensez à tous les autres que vous ne connaissez pas et qui ont été tués de par le monde ou qui sont en passe de l’être… 

  Il prend un temps pour laisser ses mots faire leur chemin. Il sait que le choc trop brutal entre les faits qui leur sont exposés et qui les impliquent, et ce qu’ils sont habitués à penser d’eux-mêmes, et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, peut se révéler insupportable pour beaucoup d’entre eux, et qu’alors, ils seront peut-être tentés de se trouver des justifications qui rendront impossible leur retour à une vision saine des choses en les faisant adhérer volontairement à cette absurde Opération Propreté ! Ce serait de la dissonance cognitive, ça, madame…

  Il reprend :
- Vous n’avez pas oublié ce que vous avez fait… Mais vous ignoriez pourquoi on vous l’a fait faire… Et qui vous l’a fait faire. Je vous répète que l’on vous a drogués ! A votre insu ! Nous nous sommes contentés de vous désintoxiquer. De vous libérer de l’addiction sournoise qui vous rongeait peu à peu et qui vous aurait amenés à la servilité totale. Vous deviez devenir un peuple docile. Ils vous voulaient dociles. Absolument dociles. Plus que dociles : serviles. Un peuple d’esclaves. C’est le destin qui vous était dévolu par la Nouvelle Réna… Et ce que nous voulons (il désigne la porte ouverte derrière lui), ce que nous voulons, c’est les empêcher de vous asservir. De nous asservir.

 
Dans la foule, on se regarde, on hoche la tête, on discute…

  Arthur reprend :
- Vous n’êtes coupables de rien : vous avez simplement été manipulés. Pourquoi êtes-vous venus ici ? Parce « qu’ils » vous ont dit que c’était la bonne direction, mais après avoir faussé votre boussole ! Ils vous ont capturés, par surprise, mais maintenant, vous êtes libres. Nous voulons vous rendre votre propre direction. Pour l’instant, rentrez chez vous, reposez-vous. Vous avez été soumis à une intoxication chimique grave et à une désintoxication brutale. Il faut vous reposer. Mais méfiez-vous : ceux qui se sont ainsi servi de vous ne sont pas vaincus ! Nous devons nous attendre à des réactions très vives de leur part. Ils sont habiles, sournois, et puissants. Soyez vigilants et critiques à l’endroit de tous les beaux discours que vous pourrez entendre. Bientôt se révèlera la monstruosité « qu’ils » nous préparaient ! 

 
Les murmures s’amplifient, puis retombent, incrédules…

  Arthur reprend :
- En pratique, il nous est encore impossible de vous informer dans le détail de tout ce qui se passe et de communiquer autrement que par internet. Connectez-vous à notre site, si vous le pouvez, et faites circuler autour de vous les informations que nous vous ferons parvenir. Envoyez-nous celles dont vous disposerez. Nous aurons besoin de vous et si vous souhaitez nous aider, nous vous ferons savoir comment agir en temps voulu.
Soyez prudents. Très prudents…

 
Badisoche, qui a compris qu’il n’y avait plus de risque d’explosion, est revenu, suivi de Taisu, et il pose une question, en levant haut la main, comme à l’école qu’il a si peu fréquentée :

 - Et ceux qu’on a embarqués en bus ce matin ?

D’autres se manifestent, de ceux qui ont participé à la rafle :
- Moi j’ai entendu dire par un chauffeur qu’on les emmenait à Bordeaux, mais je ne sais pas pourquoi…

Arthur reste silencieux un moment, et puis il demande :
- Vous ne savez vraiment pas pourquoi ?
- Non, reprend Badisoche, je sais seulement qu’on leur pulvérisait un truc et qu’ils devenaient sages. On aurait dû embarquer Mado si elle n’avait pas fermé hier soir, même qu’on n’a pas pu faire notre concours de mominettes, avec Taisu, mais je ne sais pas ce que le Maire leur voulait, c’était lui qui commandait…
- Le Maire, c’est Varochaix ?
- Oui, bien sûr…
- Trouvez-le, et amenez-le moi, mais sans lui faire de mal : lui aussi, il était drogué. Il a seulement fait un peu plus de zèle que vous… Un peu profité de la situation… Moi, je vais essayer d’en savoir plus de mon côté…

  Il tourne les talons et se dirige vers la porte toujours ouverte du journal, lorsqu’une main lui saisit le bras. 

 
C’est le chanoine Onésiphore Biroton, curé de Saint Tignous sur Nivette, qui revient à la charge en le regardant avec des grands yeux de myope qui a égaré ses lunettes :

  - Et Dieu dans tout ça ? chancèlise-t-il…


[1] On dirait Maria Casarès interprétant Lady Macbeth…

[2] … qu’est-ce que je disais !

TABLE DES MATIÈRES / TROISIÈME PARTIE / CHAPITRE 1

TABLE DES MATIÈRES / TROISIÈME PARTIE / CHAPITRE 1

 

CHAPITRE 1


  N°145 / C’EST LE TITRE / P3C1E0
C’est l’histoire où commencera la Troisième Partie.

  N°146 / LE COMMISSAIRE À SA TOILETTE / P3C1E1
C’est l’histoire où le commissaire Ravot, à sa toilette, écoute, aux infos du matin, une interviouve de Bricolat Mulot. On commence à parler d’élections.

 
N°147 / LE PASSÉ DE MADO (1) / P3C1E2
C’est l’histoire où le commissaire prend son petit déjeuner et où nous apprenons des choses sur le passé de Mado. 

  N°148 / L’ÉMEUTE / P3C1E3
C’est l’histoire où, après l’article dans lequel Eusèbe dénonce la présence de chair humaine dans les saucisses de « C’est tout Naturel  », le journal se trouve assiégé par les sectateurs des Élus, et où Edmonde de la Vorme Séchée, la patronne de Lartigo, est assassinée d’une flèche.  

 
N°149 / ON LES TIENT / P3C1E4
C’est l’histoire où l’analyse de l’enregistrement du meurtre d’Edmonde de la Vorme Séchée révèle qui sont les coupables. 

  N°150 / RETOURNEMENT DE VESTE / P3C1E5
C’est l’histoire où Hilarion-Jovial de Sainte Fouillouse, conseiller en matière d’économie électorale, tente de se concilier les bonnes grâces d’Eusèbe Malfort.

  N°151 / L’ÉPOUSE / P3C1E6
C’est l’histoire où Arthur retrouve Arnaud Boufigue et Finette de Sainte Fouillouse, devenue l’Épouse de l’Élu, qui, mystérieusement, semble vouloir l’aider.

 
N°152 / POUACRE / P3C1E7
C’est l’histoire où Arthur se trouve confronté au professeur Pouacre, qui fut le Numéro 5 des Écolocroques. 
 
N°153 / MADO RETROUVE LES TUEURS / P3C1E8
C’est l’histoire où Mado retrouve les tueurs de Jo et de Ted. 

 
N°154 / HUMEVESNE ET SUCEPROUT / P3C1E9
C’est l’histoire où les deux tueurs sont conduits par la ruse jusque dans les griffes du Commissaire Ravot.

 
N°155 / DRESSÉ À LA HAINE / P3C1E10
C’est l’histoire où Arthur se trouve dressé par Pouacre à une étrange haine.

  N°156 / LE SCHTROUMPF ÉLÉPHANT / P3C1E11
C’est l’histoire où nous apprenons pourquoi Mado, qui fut Zézette, a passé la bite de Lepif au cirage bleu, avant qu’elle ne dévoile qui sont les assassins proba